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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson : 10/10 - Epilogue

Résumé : Je m'appelle Matthew Carson et j'ai... peu importe mon âge, ce n'est pas le plus important dans l'histoire. J'ai repris le cabinet d'avocat de Steven Cord, ce dernier venant de prendre une retraite bien méritée. Je reviens donc m'installer à Peyton Place, ville qui m'a vu naître, mais pas grandir.

Ma première grosse affaire est très particulière. Il s'agit de rouvrir une vieille affaire de meurtre datant de 1998. A Chesnut Street, un homme a été retrouvé mort assassiné dans le jardin d'une maison à Chesnut Street. Un homme, Jason Douglas, a été arrêté et reconnu coupable du meurtre. Il est toujours en prison.

Aujourd'hui, c'est l'heure des révélations... je viens de découvrir le véritable coupable de ce meurtre...

Matt Carson : 10/10 - Epilogue

J’appelle cela le destin. Si je n’avais pas étalé mon dossier sur la petite table, Chris n’aurait pas regardé le cliché de Stan Hornby. Et je continuerais à tourner en rond en me posant mille questions.

J’ai encore des questions dans ma tête, et c’est à Jason Douglas que je veux les poser.

Je vais le voir à la prison d’Etat de White River ce matin. Jen, toujours aussi performante, a obtenu l’autorisation très rapidement.

Jason est surpris de me voir.

- Vous avez du nouveau ?,  me demande-t-il alors que je m’assois en face de lui.

Je dépose ma mallette de travail sur la petite table vide.

- On peut dire ça, oui.

- Cavendish ?

Je secoue la tête.

- John Cavendish n’a rien à se reprocher, et vous le savez très bien.

Le ton est donné. Jason se cambre sur sa chaise. Je vois une tâche blanche sur la manche de sa combinaison orange. Je la montre du doigt. Il regarde la tâche et s’excuse.

- Je suis de corvée de toilettes aujourd’hui. Les produits détergents sont particulièrement corrosifs et laissent des traces.

-  Vous aimez ça ?

Il me regarde, surpris.

- Quoi donc ?

- Nettoyer les toilettes ? La merde des autres ?

Il hausse les épaules.

- Bien sûr que non. Qui aime faire ça ?

- Alors dans ce cas, pourquoi vous infligez-vous une telle épreuve ?

Il fronce les sourcils, ne voyant pas où je veux en venir.

- J’y suis obligé, me dit-il.

- Bien sûr que non.

- Et que faudrait-il que je fasse pour ne plus récurer les toilettes ?

- Dire la vérité à la police.

Jason baisse les yeux.

- Je ne comprends rien à ce que vous me dites.

Mais si, il vient de comprendre maintenant que je sais tout.

Dans un soupir, je sors de ma mallette la photo de Stan Hornby.

- Mon ami Chris était propriétaire d’un bar lorsque nous habitions à San Francisco. Il s’appelait le « Jet Point ». Vous le connaissez.

- Non. Je n’ai jamais mis les pieds à San Francisco.

Je veux bien le croire. Je continue :

- La particularité de ce bar était qu’il faisait également boite de nuit. Les gens dansaient sur une piste jusqu’au petit matin. Ils s’enivraient de musique et de danses. Lorsqu’on danse, on a chaud. Et de temps en temps, on aspergeait les danseurs avec un jet d’eau très fin pour les rafraichir. D’où le nom du bar : « Jet point ». Original, non ?

- Monsieur Carson, je ne vois toujours pas où vous voulez en venir avec cette histoire.

Là aussi, je veux bien le croire. Je continue :

- Le logo du « Jet Point » montrait un dauphin souriant qui sort de l’eau. Les clients qui entraient dans la boite, on leur tamponnait le logo sur l’avant-bras. Ainsi, s’ils voulaient sortir prendre l’air, ils pouvaient revenir au bar sans problème en montrant son tampon.

Je glisse la photo de Stan Hornby et lui montre son avant-bras tamponné du dauphin.

- Comme vous le voyez, cette photo a été prise au « Jet Point », à San Francisco.

- Et alors ?

- Jason, le « Jet Point » est un bar gay. Stan Hornby, sans doute de passage dans la ville, l’a fréquenté.

Jason ne répond pas.

- Stan Hornby était homosexuel. Tout comme vous.

Il relève la tête.

- Je ne vous permets pas de…

Je l’interromps en haussant la voix.

- Je me permets ce que je veux. Ce n’est pas votre femme qui était inscrite au site de rencontres sur Internet, mais vous. La police est passée complètement à côté, mais je me suis renseigné ce matin. J’ai appelé une amie à vous, Lucie Millan, une adepte de cet ancien site. Elle m’a confirmé ce que je savais déjà. Si la page de profil du membre inscrit était de couleur rouge, cela voulait dire que la personne recherchait une compagnie du même sexe. Dommage que personne n’ait pensé à faire une capture d’écran à l’époque. Le site a disparu et on ne retrouve plus trace des dossiers. Mais je pari que le profil de Stan était sur fond rouge.

Je fais une pause de quelques secondes. Jason a toujours les yeux baissé vers la table. Je me penche vers lui.

- Il est temps de tout me raconter.

Jason hésite. J’insiste.

- Je sais tout, Jason. Je veux juste vous entendre me raconter cette histoire.

- Je crois que j’ai toujours été gay. Au début, je voulais vivre une vie normale. Au collège, j’ai eu des aventures avec des filles. Mais c’était sur les muscles de mes camarades en salle de sport que je fantasmais. Je n’étais pas bien dans ma peau à cette époque. J’ai rencontré Jenna et j’ai eu le coup de foudre. Je l’ai aimé. Vraiment. Et je pensais qu’elle pourrait m’aider à devenir hétéro. Au début, notre mariage a été idyllique. Je prenais même du plaisir à faire l’amour avec elle.

- Mais les vieux démons ont rejaillis !

Il acquiesce.

- C’était plus fort que moi. Dès que je voyais un homme dans la rue, je l’imaginais… enfin, vous voyez.

Il n’a pas besoin de terminer sa phrase. Je vois très bien ce qu’il veut dire. Il continue :

- Et puis Internet est arrivé. Et avec lui, le marché du sexe a explosé. Les sites de rencontres se sont développés. C’était une véritable libération pour moi. Au début, j’avais honte. Je trompais Jenna et ça a été une torture. Mais c’était plus fort que moi. J’en avais besoin. J’avais besoin de ce contact avec les hommes.

- Racontez-moi ce qui s’est réellement passé cette fameuse nuit.

- Stan Hornby était le coup d’un soir. Je l’avais contacté avec un téléphone pré-payé. Jenna devait aller chez ses parents passer le weekend. Ils habitent dans la banlieue de Boston. A mi-chemin, elle s’est rendue compte qu’elle avait oublié leur cadeau : un vase de chine.

- Elle a rebroussé chemin.

- Oui. Mais Stan et moi avions déjà terminé les préliminaires. Elle est entrée et nous a trouvé tous les deux nus sur le canapé.

Il secoue la tête. L’évocation de cette nuit est éprouvante pour lui.

- Pauvre Jenna. Je ne voulais pas la faire souffrir.

- Qu’a-t-elle fait ?

- Elle était choquée, bien évidemment. J’ai essayé de lui sortir le baratin du « ce n’est pas ce que tu crois ». J’avais l’air plutôt ridicule de lui balancer ça alors que j’étais nu avec un homme, enlacé sur le canapé. Jenna a couru chercher l’arme de son père.

- Personne ne vous l’avez volé, n’est-ce pas ?

- Non. J’ai menti pour protéger ma femme.

- Continuez.

- Lorsque Stan a vu l’arme dans la main de Jenna, il a paniqué. Il est sorti par la porte fenêtre et a couru vers les cyprès pour essayer de passer dans le jardin des Cavendish. Jenna est sortie avec l’arme qu’elle pointait vers Stan. Je la suppliais de se calmer.

- Et Stan n’a pas eu le temps de passer de l’autre côté du jardin ?

- Non. Les cyprès étaient trop hauts. Il s’est retourné. Il a regardé Jenna droit dans les yeux. Et Jenna a tiré. Une balle en plein cœur. Les leçons de tir de son père ont porté leurs fruits. Jenna est rentrée et moi j’ai couru vers Stan pour tenter de le ranimer.

- Et vous êtes revenu couvert du sang de la victime. Finalement, cela s’est passé comme tout le monde le pensait. A la différence que les rôles ont été intervertis. Vous n’étiez pas le mari trompé et le coupable. C’était Jenna.

- Jenna s’est rendue compte de son geste et elle a fait une crise de nerf. Je l’ai calmée. Je ne voulais pas la faire souffrir. Et je ne voulais pas qu’elle aille en prison. C’était moi le coupable dans toute cette histoire, pas elle.

- Pourquoi avoir enterré l’arme du crime chez les Cavendish.

- Je ne savais pas quoi faire avec. Je savais que la police allait fouiller notre jardin de fond en comble et qu’ils ne toucheraient pas au jardin des Cavendish. Jamais je n’aurais pensé que quatorze ans plus tard, un chien allait déterrer le revolver.

- Et lorsque vous avez été condamné, vous n’avez rien dit. Vous êtes en train de payer pour un crime que vous n’avez pas commis.

- J’ai commis un crime, Maître Carson. J’ai trompé ma femme. Et avec un homme.

Je secoue la tête.

- Le seul crime que vous avez commis, c’est de n’avoir jamais pu vivre votre vie comme vous l’entendez. Parce que vous ne vous êtes jamais assumé, vous avez souffert, vous avez fait souffrir votre entourage et ôter la vie d’un homme. Un beau gâchi.

- Vous avez de la chance, Maître Carson. Votre sexualité ne vous pose aucun problème.

- Si elle ne m’en pose pas, pourquoi devrait-elle en poser pour vous… ou pour tant d’autres qui n’arrivent pas à être ce qu’ils sont ? C’est une question que je me pose et je n’en trouverais sans doute jamais la réponse.

Je me lève. J’estime que tout a été dit. Je suis impatient d’aller parler à Brian. Et surtout de retrouver ma petite famille.

- Où allez-vous ?, me demande-t-il.

- Je vais aller remettre les choses en ordre et vous faire sortir d’ici.

- Vous ne ferez rien, Maître Carson, me dit-il calmement.

Je me rassois.

- Jason, vous ne pouvez pas continuer à payer pour quelque chose que vous n’avez pas fait.

- Il ne me reste plus longtemps à faire. Avec une remise pour bonne conduite, je peux espérer sortir dans quatre ans.

Je secoue la tête.

- Je ne vous laisserais pas faire.

- Pourtant, il le faudra. Je vous rappelle que vous êtes mon avocat. Tout ce qui est dit entre ces murs est confidentiel. Vous êtes soumis au secret professionnel.

J’insiste.

- Jenna ne sera pas inquiétée.

- Jenna a suffisamment souffert à cause de moi. Elle m’aime, vous comprenez. Elle vient me rendre visite chaque fois qu’elle le peut. Elle m’a toujours soutenu.

- Peut-être parce qu’elle se sent responsable. Vous êtes en prison à sa place.

- Je suis à ma place ici. Je ne veux pas remuer cette sordide histoire. Jenna ne le supporterai pas. Je veux la protéger avant toute chose. C’est la moindre des choses que je puisse faire pour elle.

- Jason, réfléchissez…

- Ici, enfermé entre quatre murs, on passe son temps à réfléchir. Maître Carson, ma décision est prise. Vous n’avez aucune preuve matérielle de la culpabilité de mon épouse. Vous n’avez que ma déclaration et je vous interdis de la divulguer. Si un mot prononcé ici parvient aux oreilles de quiconque, je vous ferais rayer du barreau.

Voilà qui est clair. Je pensais avoir gagné. J’ai perdu.

Déçu, je zippe ma mallette.

- Je vous envoie mes honoraires. Mon travail s’achève ici.

Je m’en vais, puis revient sur mes pas. Une question me brûle les lèvres.

- A votre sortie, vous retournerez vivre avec Jenna ? Allez-vous continuer à faire semblant ?

Jason ne répond pas, mais il me regarde longuement. Je vois de la détresse dans ses yeux. J’ai compris quelle est sa réponse.

Cet homme a gâché sa vie et la vie de sa femme. Et le pire, c’est qu’il va continuer.

Je m’en vais sans prendre la peine de le saluer.

Une fois dehors, je me débarrasse immédiatement de la corvée d’appeler Steven pour lui dire ce qu’il n’a pas envie d’entendre. Je lui dis que rien de probant n’a été trouvé.  

Il est déçu. Peut-être pas autant que moi.

Je démarre la voiture. Direction Chesnut Street. A quatre pâtés de maison de là où s’est déroulé un terrible drame il y a quatorze ans, m’attend un homme merveilleux et une petite fille magnifique.

 

FIN

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Marie A 15/12/2015 10:25

MERCI !!! C'était un réel plaisir de suivre l'enquête de Matt. Comme toujours la solution était à mille lieues de tout ce qu'on aurait pu imaginer.
On a quand même de la chance d'être en 2015 et pas en 1915...
Voilà on va se préparer pour le retour de Jack et Mary Hi Hi

Mr. Peyton 15/12/2015 14:55

Merci beaucoup. Tu sais, c'était une petite histoire sans prétention écrite un peu à la va-vite. Content de savoir qu'elle a pu plaire.

Eh oui, ils reviennent très bientôt... Allez, je te donne la date : ce sera le 5 janvier :-)