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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson : 7/10 - Une visite chez Lucie Millan

Résumé : Ma première grosse affaire est très particulière. Il s'agit de rouvrir une vieille affaire de meurtre datant de 1998. A Chesnut Street, un homme a été retrouvé mort assassiné dans le jardin d'une maison à Chesnut Street. Un homme, Jason Douglas, a été arrêté et reconnu coupable du meurtre. Il est toujours en prison.

Le nouvel indice qui va permettre de réouvrir l'enquête tend à prouver qu'effectivement Cavendish n'est pas tout blanc : on vient de retrouver l'arme du crime enterré dans son jardin !

Je vais voir Jason Douglas en prison. Il pense que l'arme du crime, un 38 qui n'était pas enregistré, lui a été dérobé au cours d'une soirée entres amis où il s'était vanté d'avoir cette arme. Au cours de cette soirée, il y avait les Cavendish et les Millan.

Ma mission maintenant est d'aller parler avec les Millan. Jen Peyton, ma collaboratrice, retrouve la trace de Lucie Millan et m'informe que son mari est mort assassiné il y a quelques années.

Matt Carson : 7/10 - Une visite chez Lucie Millan

Lucie Millan habite à New Haven. Ça ne m’arrange pas. Il faut que j’avale 120 miles et vous savez quoi ? Je déteste rouler en voiture.

Mais je n’ai pas le choix. Il me faut des réponses.

Je m’embarque donc pour ma petite escapade : bouteille d’eau, CD de Green Day, et les cookies que Chris m’a préparé pour le goûter. Je dépose le tout sur le siège passager, et je démarre avant même de mettre la clim.

Alors que je quitte Peyton Place et emprunte la route en direction du Connecticut, les questions se bousculent dans ma tête. 

Je me résume les faits. Les Millan étaient au dîner organisé par les Douglas le jour où l’arme qui servira par la suite à tuer Hornby a disparu. On pense que Cavendish a subtilisé l’arme. Maintenant, j’apprends que Millan est mort assassiné. Y a-t-il un rapport ?

La sonnerie de mon portable crache les notes de ‘Wake me up when September ends’. C’est la sonnerie spéciale reliée à la ligne téléphonique de Jen au bureau et à son portable. Pour Amanda, j’ai choisi ‘American idiot’. Je vous l’avais dit : je suis un vrai fan des Green Day.

Je presse le bouton du kit mains libres.

- Jen, des nouvelles ?

Avant de partir, j’avais demandé à Jen de se renseigner sur l’affaire Millan.

- Millan a été retrouvé mort nu, dans une baignoire.

- Chez lui ?

- Non, dans la maison d’un couple d’amis, les Harley.

- Le coupable a-t-il été démasqué ?

- Apparemment, ce serait John Harley, le propriétaire de la maison. Les Millan étaient un couple d’échangistes. Ils étaient chez les Harley pour faire des trucs cochons. La soirée était arrosée, ça a mal tourné. Il y a eu dispute, le mec a pété les plombs et toc, il a tué l’autre.

- Comment ?

- Il l’a étranglé.

- Dans la baignoire ?

- Dans la baignoire. Ils étaient tous les deux dans la baignoire quand la dispute est survenue. Glauque, hein ?

Je remercie Jen et ses explications colorées et raccroche. Mon cerveau turbine.

Un couple d’échangistes. Les Douglas avaient-ils les mêmes mœurs ? Cette fameuse soirée avec les Cavendish était-elle prétexte à faire des galipettes extra conjugales ?

Et si…

Le soir où Hornby est mort, il est possible que les Douglas aient organisé une telle soirée. Peut-être y avaient-ils convié Hornby comme hors d’œuvre ? Ou plat principal ?

Les yeux rivés sur la route, je saisis la bouteille de flotte à côté de moi et m’enfile un demi-litre du liquide.

Bon sang ! Dans quoi est-ce que je me suis embarqué !

 

New Haven, Connecticut. La ville natale de George W. Bush, pas de quoi s’en glorifier. Je suis les indications du GPS, passe l’Université de Yale (plus glorifiant pour la ville).

J’arrive dans un quartier résidentiel où toutes les maisons se ressemblent. Je pense au générique de la série ‘Weeds’ et la chanson de Malvina Reynolds me revient en mémoire : « Des petites boîtes sur les côteaux, des petites boîtes de pacotille. Des petites boîtes sur les côteaux, des petites boîtes toutes pareilles. Il y en a une verte et une rose et une bleue et une jaune, et elles sont toutes de pacotille et elles ont toutes l’air pareil. »

Je me gare à côté d’une de ces ‘boites’, au numéro 12358.

Je traverse un jardin au gazon impeccable et à l’allée immaculée et sonne à la porte.

Une femme entre deux âges m’ouvre. Cheveux bruns ondulés, ridules sympathiques à la commissure des lèvres et aux yeux. Plutôt jolie.

- Madame Harley ?

- Oui ?

- Je m’appelle Matt Carson. Je suis le nouvel avocat de Jason Douglas.

Deux minutes plus tard, je me retrouve assis dans un confortable fauteuil avec un café fumant devant moi.

Lucie Harley s’installe en face de moi. Une petite table nous sépare.

- Je n’ai jamais cru à la culpabilité de Jason.

- Pourquoi ?

- C’était quelqu’un de bien. Il n’aurait jamais fait de mal à une mouche. Il était… gentil

- Comment avez-vous connu la famille Douglas ?

- Jason était contremaître du chantier maritime de mon mari, à White River. Nous nous sommes rencontrés à une fête organisée par la boîte. Le courant est passé. Nous sommes devenus amis.

- Et les Cavendish ?

- Ce sont les Douglas qui nous les ont présentés.

Elle fronce les sourcils.

- Un type bizarre, ce John Cavendish. Très moralisateur. Il avait dû être curé dans une vie antérieure.

- Est-ce que vous pensez que sa femme pouvait avoir une liaison avec un autre homme ?

Elle se met à rire.

- Grands Dieux non ! Elle était très timide. Elle ne parlait que lorsqu’on lui posait une question. Tenir une conversation avec elle était un vrai calvaire. Et puis, je crois qu’elle aimait beaucoup John. A chaque fois qu’elle le regardait, je pouvais lire dans ses yeux toute l’admiration et le respect d’une femme pour l’homme de sa vie.

- Et John Cavendish ? Etait-il du genre violent ?

- Pas vraiment, non.

- Vous organisiez des petits (je forme des guillemets avec mes mains) rendez-vous spéciaux tous les six ?

Lucie rit de plus belle.

- Avec les Cavendish ? C’était le genre de couple à faire l’amour uniquement pour procréer. Et comme ils n’avaient pas d’enfants, il devait y avoir de la poussière là où…, si vous voyez ce que je veux dire.

Je vois effectivement.

- Et avec les Douglas ?

Lucie pose délicatement sa tasse de café sur la table basse.

- Je vois où vous voulez en venir. Vous connaissez notre histoire. Le meurtre de mon mari. Mais vous faites fausse route, Maître Carson. Ce n’était pas le genre de relations qu’on avait avec les Douglas. Ils n’étaient que de bons amis.

- Vous n’avez pas essayé de…

Elle secoue la tête, pas du tout choquée par mes propos.

- Contrairement à ce que vous pensez, les échangistes ne sautent pas sur tout ce qui bouge. La plupart du temps, nous menons une vie normale, nous avons des amis comme tout le monde. Nous voyons immédiatement à qui nous avons à faire. Les Douglas ne faisaient pas partie de notre petit cercle. Et les Cavendish encore moins. Les gens comme nous, on se rencontre dans des clubs. John et moi avons eu la malchance de tomber sur les Harley. John Harley était un type violent. On ne s’en est pas aperçu tout de suite. Nous avions accepté de faire une soirée privée chez lui. Mais il a exigé de mon mari des actes sexuels qu’il réprouvait. Je vous passe les détails. Ça lui a coûté la vie.

Elle parle d’une façon détachée, comme si elle raconte l’histoire d’une autre personne. J’en ai froid dans le dos.

Visiblement, le meurtre de son mari n’a rien à voir avec celui d’Hornby. Je décide de passer à autre chose.

- Connaissiez-vous Stan Hornby ?

- Pas avant d’avoir vu sa photo en première page des journaux.

- Saviez-vous que Jenna Douglas s’était inscrite à un site internet de rencontres extra conjugales ?

Lucie fait oui de la tête.

- C’est même moi qui l’ai encouragée à le faire.

Je me redresse. Elle s’explique.

- Jenna était malheureuse. Elle n’allait pas bien. Souvent, il lui arrivait de pleurer pour un oui ou pour un non. Au fil des discussions, elle m’a appris que Jason et elle ne faisaient pratiquement plus l’amour. Juste comme ça, vite fait. Une obligation conjugale. Jason n’avait plus de gestes amoureux envers sa femme. Je lui ai conseillé d’aller voir ailleurs, de s’éclater, de se lâcher. Et je lui ai parlé de ce site web. Elle s’y est inscrite, mais je ne la sentais pas prête à avoir une liaison.

- Vous voulez dire que vous pensez qu’elle n’a pas eu de liaison avec Hornby ?

- Je n’y crois pas trop. Ce n’était pas le genre de femmes à se laisser aller à tromper son mari.

Je me rappelle les minutes du procès. Steven avait interrogé Lucie à ce sujet, mais le procureur avait fait objection au motif de supposition.

- A votre avis, pourquoi le couple battait-il de l’aile ?

- Je pense que Jason n’était plus amoureux de Jenna, tout simplement.

- Savez-vous s’il avait une liaison de son côté ?

- Non. Pas que je sache. J’étais plutôt amie avec sa femme. Il aurait fallu poser la question à mon mari qui connaissait mieux Jason que moi.

Je sens que cette discussion ne me mène à rien. Si ce n’est peut-être renforcer ma conviction que Jenna et Stan n’étaient pas amants. Sauf que la femme de Cavendish était décrite par Lucie comme une femme prude qui adore son mari.

Je tourne en rond.

- Mme Millan. Vous souvenez-vous d’une soirée passée chez les Douglas avec les Cavendish, où Jason s’est vanté d’avoir une arme non enregistrée chez lui ?

- Oui, bien sûr. Nous avions beaucoup bu tous les quatre. Je ne parle pas des Cavendish qui ont carburé à l’eau toute la soirée. Je ne sais plus comment on en est arrivés à parler d’armes à feu, mais toujours est-il que Jason a dit en posséder une illégalement. Fascinée, j’ai demandé à la voir. Il nous l’a montrée. Jenna était furieuse. L’arme appartenait à son père, un homme peu fréquentable. Les Cavendish étaient outrés. John a même parlé d’un péché de posséder une arme à feu dans une maison, un truc comme ça.

Soit Cavendish cachait bien son jeu, soit je m’enfonce dans les méandres d’une énigme qui m’échappe totalement.

- Mme Millan, Jason a dit que ce soir-là, on lui avait volé l’arme.

Elle fronce les sourcils.

- Il ne m’en a jamais parlé. Ni Jenna.

- Il pense que c’est John Cavendish qui l’a dérobée. On a retrouvé l’arme enterrée dans son jardin.

Lucie est surprise.

- Ce que vous me dites n’a aucun sens ! John était contre le port d’armes.

- C’est ce qu’il disait.

- Et puis, il n’a pas pu avoir voler l’arme. Jason se trompe.

- Pourquoi ?

- Je m’en souviens très bien. Tandis que Jason exhibait l’arme, Jenna s’est mise en colère et lui a demandé de le remettre à sa place. Elle a carrément plombé l’ambiance. Tout le monde s’est tu. Jason a remis l’arme dans son coffre en bois. Je me rappelle parfaitement qu’il a fermé la boite avec la clé et qu’il a mis la clé dans la poche de son pantalon. Et comme Jenna était bouleversée, nous sommes partis tous les quatre en même temps juste après ce petit incident. John Cavendish n’a tout simplement pas pu voler l’arme.

Je regarde Lucie Millan dans les yeux. Je suis totalement perdu. Je ne pense qu’à une chose : sauter dans la voiture, retourner à Peyton Place et poser quelques questions à Jenna Douglas.

 

La semaine prochaine : 8/10 - Jenna Douglas

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Marie A 25/11/2015 06:16

Oui, cette Mme Douglas semble avoir bien des choses à dire.
Ma foi, ce petit voyage n'a pas été totalement perdu, Matt a eu droit à des cookies ;-)

Mr. Peyton 25/11/2015 11:07

Allier le travail avec le plaisir, qui n'accepterait pas ?... ;-)