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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson : 6/10 - Mes deux collaboratrices

Résumé : Ma première grosse affaire est très particulière. Il s'agit de rouvrir une vieille affaire de meurtre datant de 1998. A Chesnut Street, un homme a été retrouvé mort assassiné dans le jardin d'une maison à Chesnut Street. Un homme, Jason Douglas, a été arrêté et reconnu coupable du meurtre. Il est toujours en prison.

Le nouvel indice qui va permettre de réouvrir l'enquête tend à prouver qu'effectivement Cavendish n'est pas tout blanc : on vient de retrouver l'arme du crime enterré dans son jardin !

Je vais voir Jason Douglas en prison. Il pense que l'arme du crime, un 38 qui n'était pas enregistré, lui a été dérobé au cours d'une soirée entres amis où il s'était vanté d'avoir cette arme. Au cours de cette soirée, il y avait les Cavendish et les Millan.

Ma mission maintenant est d'aller parler avec les Millan.

Matt Carson : 6/10 - Mes deux collaboratrices

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais Jen Peyton, mon assistante, est une fille remarquable. Volontaire, dynamique, bosseuse… tout ce qu’un patron peut espérer d’une collaboratrice.

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. D’après ce que j’ai compris, Jen était aussi une jeune fille révoltée. Avec un père trop souvent absent et qui a fui ses responsabilités, une mère alcoolique et accroc au sexe, Jen s’en sort plutôt pas mal. Même si au fond d’elle, je sais qu’elle est abîmée.

Un jour peut-être me dira-t-elle ce qu’elle a enduré. Mais j’ai l’impression que pour l’instant la plaie n’est pas suffisamment cicatrisée.

Je ne connais d’elle que ce que m’a dit son grand-père, James Peyton. Le père de Jen n’avait que seize ans lorsque sa copine est tombée enceinte. La mère, elle, n’était pas plus âgée.

Jen est née dans un foyer qui n’était pas prêt à l’accueillir. Partant de là, on peut s’imaginer le parcours chaotique de l’enfant.

Quelques jours seulement après mon arrivée, James Peyton est venu me voir afin de me demander d’accorder un stage à sa petite-fille. J’avoue avoir été un peu réticent lorsqu’elle s’est présentée à moi. Baskets troués, jean déchiré, tee-shirt qui a dû être blanc lors de son achat, cheveux longs bruns et mèches rouges coiffés d’une manière aléatoire. Elle n’inspirait pas la confiance qu’on attendait d’une stagiaire.

Je l’ai néanmoins acceptée. Elle n’était pas plus heureuse que ça. Je l’ai fait pour James. Parce qu’il est le patron du journal « Clarion » et que mon oncle, Matthew Swain, l’avait dirigé il y a fort longtemps.

Jen, au début taciturne, limite râleuse lorsqu’on lui donnait une tâche à effectuer, s’est montrée peu à peu emballée par son travail lorsque je lui ai donné des responsabilités.

Elle s’est découvert une passion : l’informatique qu’elle ne maîtrisait pas avant de débarquer au Cabinet. Elle s’est rapidement trouvée à l’aise devant l’ordinateur, au point de prendre des cours du soir durant l’été.

La voilà maintenant capable de vous décrocher la lune en une minute rien qu’en tapant sur le clavier.

Jen a conservé son look de gamine effrontée. Impossible de la changer sur ce plan. Mais psychologiquement, elle a fait des progrès remarquables, au point de s’être très rapidement adaptée à l’équipe. Enfin, quand je parle d’équipe… nous ne sommes que trois : moi, ma secrétaire administrative et Jen.

J’entre au bureau tôt ce matin, et ma petite protégée est déjà devant son ordinateur.

Laissez-moi brièvement vous décrire les bureaux du Cabinet Carson. On entre par une porte en chêne qui donne sur une pièce de réception. A droite se trouve le bureau de ma secrétaire, Amanda. Et en face d’elle, celui de Jen. Au fond, une autre pièce nous amène aux archives. A la droite du bureau de Jen, une porte donne accès à la salle d’attente. Mon cabinet  est situé à la droite du bureau d’Amanda. Il a longtemps été occupé par une associée qui a préféré quitter la ville pour aller s’installer à l’autre bout du pays.

Je souris à Jen.

- Tu t’es levée avec les poules ce matin !

Jen secoue la tête, faisant tournoyer ses mèches rouges.

- Est-ce que tu savais qu’environ une personne sur dix est gauchère ?

- Quel rapport avec notre affaire ?

- Aucune. Mais je n’ai rien à faire ce matin. Je suis pas comme Amanda, j’ai horreur de faire semblant de travailler quand le patron est là.

Voilà pourquoi je l’aime, Jen. Tout ce qu’elle pense, elle le dit. Comme j’aimerais avoir cette faculté.

- Laisse-tomber les gauchers. J’ai quelque chose pour toi.

J’ai appris que les Millan avaient quitté Peyton Place voilà une bonne dizaine d’année.

- Lucie et Henry Millan. Il me faut leur nouvelle adresse. A toi de jouer.

- Tu peux pas être plus précis ?

- Le type travaillait comme garde maritime. Cherche des coins où il y a de l’eau.

Elle fait la moue, mais je sais qu’elle est ravie d’avoir un challenge à relever.

- Ca va pas être facile.

Je lui tape affectueusement sur l’épaule.

- Tu t’en sortiras…

Puis je m’enferme dans mon cabinet, afin de travailler sur des dossiers en cours.

Amanda Panning vient me saluer à son arrivée. Trente-neuf ans, blonde aux cheveux courts, petits yeux et fines lèvres, elle est tout le contraire de Jen.

Autant Jen ne fait aucun effort pour paraître belle, autant Amanda se revêt d’artifices. Maquillage sophistiqué, tailleurs de grands couturiers et coiffure branchée. Pour Amanda, tout n’est qu’apparence.

Mais c’est une bonne secrétaire, employée depuis longtemps par Steven et que j’ai gardé à mon service.

Autant vous dire qu’elle a vu d’un très mauvais œil l’arrivée de Jen. Les deux femmes ne s’entendent pas.

Le jour où j’ai appris à Amanda que le stage de Jen allait déboucher sur un emploi à temps plein, la secrétaire a pris son air pingre et m’a fait comprendre que la petite Peyton allait à coup sûr faire fuir les clients à cause de son look un peu trop « garçonne » (elle n’avait pas osé prononcer le mot « excentrique »).

Je n’ai pas aimé sa remarque et le lui ait fait savoir. Du coup, elle a eu encore plus d’animosité envers la jeune rebelle.

En la voyant devant moi le front plissé alors qu’elle me tend la main pour me saluer (un rituel quotidien), je lui dit :

- Quelque chose ne va pas ? Vous avez l’air contrarié.

- « Elle » a encore une fois laissé la porte des toilettes ouverte. A chaque fois qu’elle s’y rend, et c’est souvent vu le nombre de café qu’elle avale dans une journée, elle ne ferme jamais la porte quand elle… enfin vous voyez ce que je veux dire.

Je prends mon faux air choqué, en mettant une main sur ma bouche et en ouvrant de grands yeux.

- Mais c’est… horriiiiible !

Vexée par ma boutade, elle relève la tête.

- C’est très désagréable, Matt. Mais vous êtes un homme, vous ne pouvez pas comprendre.

- Parce qu’on fait ça debout ?

Je me mets à rire. Pauvre Amanda. Elle n’est pas méchante. Mais c’est une femme qui ne fonctionne qu’avec des codes de bonnes conduites. C’est presque un TOC chez elle.

Jen entre dans la pièce avec une feuille de papier dans la main.

Amanda devient rouge.

- Je t’ai déjà dit qu’il fallait frapper avant d’entrer !

Jen lève les yeux au ciel, exprimant par là son désintérêt profond à ce que dit Amanda.

Cela me fait sourire.

Pas Amanda, qui pousse un profond soupir avant de quitter la pièce et  fermer la porte.

Je souris à Jen.

- Je crois qu’elle ne t’aime toujours pas.

Jen hausse les épaules.

- M’en fous. J’ai retrouvé tes Millan.

Je la regarde, abasourdi.

- Déjà !

- Pas difficile. Le type a fait beaucoup parler de lui, il y a cinq ans.

- En faisant quoi ?

- En mourant. Il a été assassiné. Sa femme vit dans le Connecticut. Voilà son adresse.

 

La semaine prochaine : 7/10 - Une visite chez Lucie Millan

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Marie A 14/11/2015 10:04

Et bien sûr on ne saura pas si Jen tient son caractère d'une grand-maman Selena

Mr. Peyton 14/11/2015 10:40

Il est clair que Jen n'est pas par hasard dans ce one-shot.
Mais pour en savoir plus sur elle, il faudra attendre... quelques saisons ! ;-)