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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Matt Carson : 2/10 - Les faits

Résumé : Je m'appelle Matthew Carson et j'ai... peu importe mon âge, ce n'est pas le plus important dans l'histoire. J'ai repris le cabinet d'avocat de Steven Cord, ce dernier venant de prendre une retraite bien méritée. Je reviens donc m'installer à Peyton Place, ville qui m'a vu naître, mais pas grandir.

Ma première grosse affaire est très particulière. Il s'agit de rouvrir une vieille affaire de meurtre datant de 1998. A Chesnut Street, un homme a été retrouvé mort assassiné dans le jardin d'une maison à Chesnut Street. Un homme, Jason Douglas, a été arrêté et reconnu coupable du meurtre. Il est toujours en prison.

Steven Cord a toujours été persuadé de l'innocence de Douglas. Un nouvel indice (j'ignore encore lequel) va sans doute permettre à la police de rouvrir l'enquête.

Intrigué, je saisis l'énorme dossier de l'affaire Douglas et commence à le parcourir...

Chesnut Street vue du ciel

Chesnut Street vue du ciel

Je vous résume rapidement les faits : Le samedi 9 mai 1998 au matin, la police reçoit un appel de Jason Douglas. Il dit avoir découvert le corps nu et sans vie d’un homme dans son jardin, sous les cyprès qui délimitent son territoire de celui de ses voisins, les Cavendish.

La police arrive et constate les faits. Douglas a les mains et le jean couvert de sang. Les analyses apprennent qu’il s’agit du sang de la victime, morte d’une balle de revolver en plein cœur.

L’autopsie révèle que l’homme n’a pas été déplacé. Il est mort à l’endroit où on l’a trouvé.

La victime : Stan Hornby, 33 ans. Comptable dans une société d’import-export. Habite un petit appartement à White River. Petite vie tranquille, sans histoire. Pas de casier judiciaire. Aucun lien ne le rattache aux Douglas.

Les soupçons se tournent rapidement vers Jason Douglas. Le sang de la victime retrouvé sur lui ne plaide pas en sa faveur. En outre, les bras du mort sont couverts des empreintes de Douglas. Pour se défendre, il raconte à la police avoir retourné le corps, celui-ci gisant sur le ventre, afin de voir s’il était encore en vie.

La police a un suspect, mais pas de mobile. Elle en trouve très vite un : Hornby est inscrit à un site internet de rencontres coquines. Le même site internet que fréquente la femme de Douglas.

Il n’en faut pas plus à la police pour placer Douglas en garde à vue. Il nie et reste sur son histoire : il s’est réveillé le matin, est allé tranquillement prendre l’air dans son jardin, a découvert l’homme dans son jardin, déjà raide.

L’inculpation de Douglas est basée sur trois faits très importants : John Cavendish, le voisin, dit avoir entendu une dispute tard le soir, entre deux hommes et une femme, suivit d’une petite détonation pareille à un sifflement, et un bruit en provenance des cyprès. Le tout dans le jardin des Douglas.

Deuxième fait accablant : Une multitude de traces ADN du mort a été trouvé dans le salon, dont des poils pubiens, prouvant sa nudité. Douglas avait déclaré pourtant que l’homme n’est jamais entré dans la maison.

Mais l’inculpation de Douglas se fait sur une preuve encore plus déterminante : l’arme qui a servi à tuer est un 38 muni d’un silencieux. On ne l’a jamais retrouvé. Mais Douglas, inscrit dans un centre de tir, s’était un jour vanté à un des membres du centre avoir en sa possession une arme de calibre 38 non enregistrée. Une arme qu’on lui avait volée par la suite, selon ses propres dires.

Je lis les minutes du procès. L’accusation étaye ses preuves. Le sang sur Douglas. Sur la porte fenêtre aussi. Douglas aurait surpris sa femme en train de faire des galipettes avec Hornby. Ils se disputent. Douglas va chercher son arme non enregistrée. Pendant ce temps, Hornby tente de s’enfuir par la porte-fenêtre. Sur la terrasse, ils se disputent. Hornby détale vers les cyprès, mais il se trouve pris au piège. Il se retourne. C’est alors une proie face à son chasseur. Douglas l’abat froidement d’une balle en plein cœur.

La défense plaide non coupable. Steven Cord base toute sa plaidoirie sur un fait très important : on ne retrouve aucune trace de l’ADN de la femme de Douglas sur le mort. Pas la moindre fibre, même pas un cheveu. Rien de rien. Steven détruit la thèse selon laquelle Douglas découvre Hornby au lit avec sa femme.

Mais l’accusation a d’autres atouts dans son sac. Elle prétend que Hornby venait d’arriver et n’avait pas encore touché Jenna Douglas lorsque son mari est arrivé. Le procureur démontre que Douglas était un homme jaloux et possessif. Normal donc qu’il démarre au quart de tour lorsqu’il voit un homme chez lui avec sa femme.

Autre argument de Steven : le fait que Jenna Douglas n’avait pas pris contact avec Hornby sur le site internet de rencontres. Il a été prouvé qu’ils n’avaient jamais communiqué ensemble.

Sauf que l’accusation avance la preuve que Jenna avait été visiter son profil. Et que sur son profil, Hornby avait laissé un numéro de portable. Le téléphone prépayé du mort n’a d’ailleurs jamais été retrouvé.

Mais pour Steven, aucun appel n’a été passé sur les différents téléphones des Douglas. Une défense faible, car si Jenna Douglas savait être discrète, elle devait avoir elle aussi un mobile prépayé dont elle a pu se débarrasser.

Plus j’avance dans les minutes du procès, et plus je trouve que la défense de Steven ne tient pas la route : mensonge de Douglas prétendant qu’Hornby n’a jamais mis les pieds dans la maison, traces de pas prouvant qu’Hornby a couru jusqu’aux cyprès, l’arme de crime identique à celui que possédait l’accusé… Autant de preuves, et pourtant Steven croit Douglas innocent.

Pourquoi ?  

Il se raccroche au fait que l’ADN de Jenna ne figure nulle part sur le mort comme un naufragé se raccroche à une bouée.

Ce n’est pas suffisant. Le 11 août 2001, un mois jour pour jour avant le big bang qui nous a tous secoués, Jason Douglas est reconnu coupable de meurtre. Il purge sa peine de vingt ans dans la prison d’état du Comté de Peyton.

A la suite des minutes du procès, je découvre un bloc note avec l’écriture de Steven.

L’avocat avait badigeonné la page de garde du nom de John Cavendish. Il l’avait écrit à maintes reprises et je peux déceler à la façon dont il avait appuyé le stylo bille sur la page, une colère ou bien une frustration.

J’ouvre le bloc note et je n’en crois pas mes yeux.

Steven avait fait une enquête complète sur les Cavendish. Pourquoi faisait-il une telle fixation sur les voisins ?

A la dernière page du bloc note, Steven a écrit : « relations Cavendish-Hornby ? ». Puis en dessous « relations Cavendish-Douglas ? ».

Que cherchait-il au juste à prouver ? La culpabilité de Cavendish ? L’innocence de Douglas ?

Je secoue la tête malgré moi et pense qu’il aurait dû m’en dire plus avant de partir.

Je le revois encore me sermonner : « Je veux que tu m’appelles dans quelques jours et que tu me m’annonce une bonne nouvelle. »

Cela me paraît difficile, tant je crois en la culpabilité de Douglas.

Je retourne vers les minutes du procès. Et je relis l’interrogatoire de Cavendish. Steven s’était acharné sur lui, lui avait posé des questions sur ses relations avec les Douglas. L’accusation avait objecté à de nombreuses reprises.

Je me frotte les yeux. Il est temps d’arrêter la lecture. L’histoire m’imprègne déjà l’esprit.

Je me lève. Il est temps d’aller voir quel nouvel indice la police a trouvé et qui pourrait innocenter Jason Douglas.

 

La semaine prochaine : 3/10 - L'arme du crime

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