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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 773. Sous le plancher

Tu peux au moins me demander si je vais bien. Nous ne nous sommes plus vus depuis mon procès. C’était il y a huit ans. Depuis mon départ de Peyton Place, je n’ai plus eu aucune nouvelle de toi.

Episode 773. Sous le plancher
UN CHALET PRES DE WHITE RIVER
Michael Chang entre dans le chalet, muni de son revolver dans la main droite. La grande pièce qui sert de salon et de salle de jeu est vide. Il parcourt la pièce, avec un calme olympien. Il regarde dans tous les recoins. Il ouvre un placard. Il est vide.
 
Les trois garçons et Rachel sont cachés sous le plancher du salon. Ils aperçoivent les jambes de Chang à travers un jeu entre deux planches, ainsi que le revolver. Le petit Harry commence à pleurer. Scott lui met une main sur la bouche pour le faire taire. Ils sont tous les quatre effrayés, accroupis sur le sol crasseux.
 
Chang, ne trouvant rien au salon, monte à l’étage. Il ouvre toutes les portes, les armoires, il regarde sous les lits. Rien.
 
Il redescend et termine ses recherches dans la cuisine. Rien.
 
Il repasse au salon.  
 
Sous le plancher, le petit Harry bouge une jambe, qui vient se percuter sur un poteau, ce qui fait un bruit.
 
Chang est à l’affut. Il croit avoir entendu un bruit. Il se baisse.
 
Dessous, plus personne n’ose respirer. De la sueur perle sur le front des scouts. Rachel, blottie contre le poteau, ferme les yeux.
 
Finalement, Chang se redresse. Il ne voit trace nulle part d’une trappe qui permet d’accéder au-dessous du plancher. Il finit par abandonner et s’en va en claquant la porte.
 
Tout le monde respire de nouveau, soulagé d’avoir entendu la porte se fermer. Mais Paul décide de ne pas prendre de risques.
 
PAUL (Murmure)
Je vais aller voir s’il est parti. Vous restez ici en attendant. Vous ne bougez pas tant que je n’ai rien dit.
 
La trappe permettant d’accéder sous le plancher et que Chang n’a pas vue se trouve sous la grande table en chêne massif. Paul ouvre la trappe lentement. Puis il sort de la cachette.
 
Personne en vue. Il se dirige alors vers la fenêtre. Dehors, il ne voit que les arbres blancs entourant la clairière. Personne à l’horizon. Il s’appuie alors contre le mur en poussant un soupir de soulagement.
 
 
MONTMARTRE – MAISON D’HANNAH CORD
Hannah, Steven et Tyrone Dervish sont dans un petit salon décoré style ancien. Hannah et Steven se trouvent près de la cheminée, en face d’un canapé. Tyrone est à l’écart, de l’autre côté de la pièce, où il fait mine d’admirer des pièces de collection dans une armoire vitrée. Il ne veut surtout pas interférer dans la discussion.
 
HANNAH
Steven, ça me fait plaisir de te voir.
 
STEVEN
Ce n’est pas une visite de courtoisie.
 
HANNAH
Je m’en doute, mais je suis tout de même heureuse de te voir. Tu restes longtemps à Paris ?
 
STEVEN
Le temps qu’il faudra pour régler l’affaire qui m’amène ici.
 
HANNAH
En parlant d’affaires, je suppose que tu parles de moi.
 
Steven observe sa mère adoptive sans répondre. Il la jauge du regard.
 
HANNAH
Assieds-toi. Tu veux une tasse de café ? Du thé ?
 
Hannah ne propose rien à Tyrone, toujours à l’écart. Comme s’il n’était pas là.
 
STEVEN
Non, merci.
 
HANNAH
Un whisky, dans ce cas ?
 
STEVEN
Je ne veux rien, mère. Enfin si, une chose : que tu répondes à mes questions.
 
HANNAH (Sourire froid)
Tu peux au moins me demander si je vais bien. Nous ne nous sommes plus vus depuis mon procès. C’était il y a huit ans. Depuis mon départ de Peyton Place, je n’ai plus eu aucune nouvelle de toi.
 
STEVEN
Tu as eu ce que tu voulais. Tu as été acquittée du meurtre de Stanford. Tu es partie en France vivre ta vie, et tu nous as laissé vivre la nôtre.
 
HANNAH
C’est Jack qui m’a ordonné de quitter Peyton Place !
 
STEVEN (Calmement)
Oh, mais je ne te reproche pas d’être partie. C’est d’ailleurs la meilleure chose que tu aies faite dans ta vie : nous laisser vivre la nôtre et t’éloigner le plus possible de nous. Je t’en suis reconnaissant pour cela, mère.
 
HANNAH
Je suppose que je mérite ces sarcasmes.
 
STEVEN
Tu supposes  bien.
 
HANNAH
Tu me manques, Steven.
 
STEVEN
Si je te manque tant que ça, pourquoi n’as-tu pas essayé de reprendre contact avec moi ?
 
HANNAH
J’ai voulu le faire tant de fois…
 
STEVEN
Encore une fois, ce n’est pas un reproche, Hannah.
 
HANNAH
As-tu pensé à me ramener une photo de mon petit-fils ?
 
STEVEN
Tu sais au moins que tu as un petit-fils… c’est déjà ça.
 
HANNAH
Steven, je sais que je n’ai jamais été une mère exemplaire, mais je t’aime et je ne mérite pas ton mépris.
 
STEVEN
N’en sois pas si sûre.
 
HANNAH
Et… comment vont les choses à Peyton Place ?
 
STEVEN
Mal. Et par ta faute.
 
HANNAH (Rire nerveux)
J’habite à des milliers de kilomètres de cette ville. Je ne vois pas en quoi je pourrais être responsable de ce qui s’y passe.
 
STEVEN
Huit ans ! Huit années où l’on ne s’est pas vus, pas parlés une seule fois, même au téléphone. Et le jour ne nos retrouvailles, tu trouves le moyen de me mentir.
 
HANNAH
Ecoute, Steven, je ne vois pas de quoi tu veux parler et…
 
STEVEN (Il l’interrompt)
Tu m’as demandé si les choses vont bien à Peyton Place, et je t’ai répondu « non ». Et curieusement, tu ne m’as pas demandé ce qui n’allait pas. Tu t’es juste défendu d’être la cause de ce qui n’allait pas. J’en conclu donc que tu es au courant de ce qui se passe là-bas. Et j’en conclu que tu en es la cause.
 
HANNAH
Ecoute, Steven. Tu ferais mieux de me dire ce que tu as contre moi. Et pourquoi tu as parcouru la moitié de la planète pour me voir.
 
STEVEN (Avec dédain)
Quelle hypocrite tu fais ! Avant de venir ici, j’avais eu un soupçon d’espoir que tu allais tout me raconter, et ne rien nier. Mais tu es toujours la même : une femme insensible, froide et qui ne recule devant rien pour détruire la vie des gens. Même à des milliers de kilomètres.
 
HANNAH
Steven, si tu es venu ici pour m’insulter, tu peux repartir immédiatement.
 
STEVEN
Je ne repartirais d’ici qu’après avoir obtenu ce que je suis venu chercher.
 
HANNAH
Et tu es venu chercher… quoi ?
 
STEVEN
A cause de toi, mon mariage est sur le point de voler en éclat.
 
HANNAH
Je n’y suis pour rien. Et puis, c’est un bien pour un mal. Tu sais ce que je pense de Betty. C’est une arriviste de première.
 
STEVEN
Venant de toi, c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Parce qu’en tant qu’arriviste, tu te poses !
 
Steven regarde autour de lui. Les meubles rococo du salon doivent coûter chers.
 
STEVEN
Tu vis dans une petite maison très luxueuse. Qui paie tes factures ?
 
HANNAH
J’ai de l’argent. Et cela ne te regarde pas.
 
STEVEN
Tu as raison. Ça ne me regarde pas. Et je m’en fiche. Mais je ne peux m’empêcher de me dire que c’est l’argent qui t’a fait agir de cette façon, je me trompe ?
 
HANNAH
Explique-toi.
 
STEVEN
Très bien, puisque tu ne veux rien avouer… Quelqu’un a balancé le dossier Malooga à la presse locale, juste avant les élections. Et juste pour faire perdre Jack.
 
HANNAH
Et tu crois que c’est moi ?
 
STEVEN (Il hausse le ton)
Je suis sûr que c’est toi. Parce que nous n’étions que cinq à connaître les faits : Blanche Deveaux, moi, Betty, Jack et toi. Blanche est morte, je sais que ce n’est ni moi, ni Betty. Et à moins que Jack soit un masochiste de première, ce n’est pas lui non plus. Il ne reste plus que toi, chère mère.
 
Hannah ne répond pas. Elle se contente de soutenir le regard de Steven d’un air de défi.
 
STEVEN
Alors tu vas me dire comment tu as pu faire une chose pareille. Comment tu as pu accuser ton propre fils, la chair de ta chair, d’un détournement de fonds dont tu es la seule responsable. Comment tu as pu vouloir délibérément nuire à Jack. Parce que là, tu vois, je ne comprends pas. Alors je veux des explications, et je te jure que je ne partirais pas d’ici sans les avoir eu.
 
A suivre...

Mardi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

PAUL
Où vous allez ?

RACHEL
Je… je dois retourner au bord de la route. J’y ai laissé un ami. J’ai peur que…

PAUL
Vous pouvez pas partir comme ça. Je veux dire, seule. Laissez-moi vous accompagner.

RACHEL (Elle sourit à Paul)
C’est gentil, vraiment j’apprécie. Mais c’est trop dangereux. Je ne veux mettre personne d’entre vous en danger.

SCOTT
C’est ce que vous venez de faire, pourtant. Je vous rappelle qu’il y a pas encore cinq minutes, on était sous le plancher avec un taré qui portait un flingue sur lui.
(Il secoue la tête, comme enchanté)
Quand je vais raconter ça à Judy, sûr qu’elle voudra sortir avec moi.

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Commenter cet article

Marie A 10/07/2015 08:28

Waouw ! Hannah serait derrière tout ça ? Maintenant que Steven en parle, ça semble si évident !
Avons-nous déjà signalé combien on trouvait l'histoire passionnante ? :-D

Mr. Peyton 11/07/2015 10:25

Eh oui... Hannah ! on n'en pas fini avec elle !
En tout cas, merci pour les compliments ;-)