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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 759. Des fragments de réponses

Quand ça fait une paille qu’on n’a pas vu quelqu’un, on lui demande : « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Je suppose que cette question n’est pas appropriée, du moins en ce qui te concerne.

Episode 759. Des fragments de réponses

 

MAISON DES CORD - SALON
Brian est assis dans le canapé. Il lit une bande dessinée. Betty vient de la cuisine. Elle regarde l’enfant avec tristesse. Brian fait la moue tandis qu’il lit son livre.
 
BETTY
J’ai terminé la mousse au chocolat. Est-ce que ça te dirait de lécher le fond du récipient ?
 
BRIAN (Regard triste sur son livre)
Non.
 
BETTY (Elle insiste)
D’habitude, tu es le premier à te jeter sur ma mousse au chocolat.
 
BRIAN
Je préfère celle de Tante Paula.
 
Betty va s’asseoir près de son fils sur le canapé. Brian ne réagit pas. Pensait-elle vraiment qu’une mousse au chocolat allait redonner le sourire à son fils ?
 
BETTY
C’est bientôt l’heure de « Shérif, fais-moi peur ». Tu veux qu’on le regarde ensemble ?
 
BRIAN (Il hausse les épaules)
T’aime pas de toute façon.
 
BETTY
Oui, mais je trouve que ce serait super de le voir tous les deux ensembles.
 
BRIAN
Non, de toute façon, j’ai pas envie de regarder aujourd’hui.
 
BETTY
Tu n’as jamais loupé un seul épisode.
 
BRIAN
Eh bien, là. J’ai pas envie de regarder !
 
Betty tente une dernière approche en chatouillant timidement Brian. Il ne réagit toujours pas. Puis elle commence à vouloir chahuter avec lui, afin de le faire réagir.
La réaction de Brian n’est cependant pas celle qu’elle attendait.
Au moment où Steven entre dans la maison, avec sa mallette à la main, le gamin se lève d’un bond.
 
BRIAN (à Betty)
Laisse-moi tranquille !
 
Il jette son livre par terre et s’enfuit dans sa chambre, à l’étage. On entend la porte de sa chambre claquer.
Betty, dépitée, soupire. Elle sent peser sur elle le regard lourd de reproche de Steven.
Steven secoue la tête avec dépit, puis va s’enfermer dans son bureau, attenant au salon. Il claque la porte à son tour.
Betty reste prostrée sur le canapé.
 
 
WHITE RIVER - HOTEL PREMIUM - CHAMBRE DE RACHEL
Sur le pas de la porte, Rachel et Clive se regardent un moment. Personne ne sait quoi dire sur le moment. C’est Clive qui crève l’abcès.
 
CLIVE
J’ai fait l’effort de venir. Tu pourrais faire l’effort de m’inviter à entrer.
 
Rachel sort de sa léthargie et laisse Clive entrer. Puis elle referme la porte.
 
RACHEL
Je te remercie d’être venue.
 
CLIVE
Je ne sais pas pourquoi je suis venu, en fait.
 
RACHEL
Parce que tu as des choses à me dire. Je… je ne sais rien de toi, mais j’ai le sentiment que je peux te faire confiance. 
 
Clive s’assoit maladroitement sur le bord du lit.
 
CLIVE
Quand ça fait une paille qu’on n’a pas vu quelqu’un, on lui demande : « Qu’est-ce que tu deviens ? ». Je suppose que cette question n’est pas appropriée, du moins en ce qui te concerne.
 
RACHEL
Je peux te dire ce que je sais de moi, si tu veux.
 
Clive déglutit et fait oui de la tête.
 
RACHEL
Il y a quelques mois, je me suis réveillée dans une maison abandonnée dans une ville qui s’appelle Handson Falls. J’avais sur moi un sac à main qui contenait un revolver et 2000 dollars en espèces. J’avais des papiers d’identité au nom de Mira Losco. Et j’avais tout oublié. Dans ma tête, je n’avais qu’une seule idée : aller à Peyton Place. Sans savoir pourquoi.
 
CLIVE (Il semble mal à l’aise)
Sacrée histoire.
 
RACHEL
A Peyton Place, quelqu’un a voulu me tuer. J’ai été blessée à l’épaule. A l’hôpital, un médecin m’a reconnu. C’est là que j’ai su ma véritable identité. Je ne sais rien de moi. Alors quand un flic m’a parlé de toi, je me suis dit que tu étais le seul à pouvoir m’aider sur mon passé. Je n’ai plus que toi. Ne me laisse pas tomber.
 
CLIVE
Tu ne te souviens vraiment plus de moi ?
 
RACHEL (Elle fait non de la tête, puis)
Est-ce que tu sais qui veut me tuer ? Et pourquoi ?
 
Clive ne dit rien. Il se lève et regarde par la fenêtre, l’air pensif. Rachel n’ose pas parler. C’est finalement Clive qui reprend :
 
CLIVE
J’ai pensé à ce moment depuis des mois. Depuis que tu es partie. Je me demandais comment j’allais réagir si jamais tu refaisais surface. Et là, je dois dire que je ne sais pas comment réagir.
 
RACHEL
Dis-moi simplement le fond de ta pensée.
 
CLIVE (Il secoue la tête)
Je ne sais pas. Je ne sais pas si je dois être en colère, ou bien heureux de te revoir…
 
RACHEL
En colère ? Pourquoi ?
 
CLIVE
Pour avoir détruit ma vie.
 
Rachel fronce les sourcils. Mais elle n’ose pas parler, préférant que Clive le fasse de lui-même.
 
CLIVE
Tu m’as fait souffrir, Rachel. A cause de toi, j’ai perdu mon travail, tout ce que j’aimais.
 
Rachel, en état de choc, s’assit sur le lit. Clive continue de regarder par la fenêtre.
 
RACHEL
Si tu me racontais tout depuis le début.
 
CLIVE
On s’est rencontré à Boston. Tu étais une fille charmante. Un peu barrée, comme on dit, mais charmante. Tu étais toujours souriante, pleine de vie. Je suis tombé amoureux de toi. Je devais terminer ma dernière année de Droit à l’Université de New York et je t’ai demandé de m’accompagner. Tu as tout de suite accepté.
 
Clive s’interrompt un instant. Il se tourne vers Rachel et affronte son regard.
 
CLIVE
On était heureux ensemble. On s’entendait bien. J’ai eu mon diplôme et je suis entré dans un petit cabinet d’avocats. C’est là que les choses ont mal tournées.
 
RACHEL (Voyant que Clive  du mal à continuer)
Que s’est-il passé ?
 
CLIVE
Tu es sûre de ne rien te rappeler ? Ou bien est-ce que tu me mènes encore une fois en bateau !
 
RACHEL
Clive, je n’ai plus aucun souvenir de ce qui est arrivé, je t’en donne ma parole. Si je t’ai fait souffrir, j’en suis désolée. Mais tu as devant toi une autre personne. Une personne qui veut savoir ce qui s’est passé dans sa vie au point d’en perdre la mémoire.
 
CLIVE
Lorsque j’ai commencé à travailler comme avocat, nous nous sommes installés dans un appartement à Manhattan. Un jour, un type est venu te voir. Il te cherchait. Il disait qu’il était un vieil ami de ton oncle. Tu as d’abord été ferme avec lui. Tu ne voulais plus rien savoir de ton oncle. Et puis, tu t’es laissée convaincre. Tu t’es dit que ce serait bien de renouer avec ton passé. Tu as donc passé de plus en plus de temps avec ce sale type.
 
RACHEL
Qu’est-ce que entends par : de plus en plus de temps ?
 
CLIVE (Ignorant la question)
J’étais jaloux, tu peux l’imaginer. Je détestais cet homme au plus haut point. Mais tu me disais qu’il n’était qu’un ami pour toi. Je ne t’ai jamais cru. Je savais qu’il y avait quelque chose entre vous.
 
RACHEL
Tu penses que je te trompais ?
 
CLIVE
D’une certaine manière, oui. Je crois que vous partagiez tous les deux un secret. Et je pense que c’était en rapport avec ton oncle.
 
RACHEL
D’après ce que j’ai appris de lui, mon oncle était un vaurien de première. Il a été tué par la police il y a quelques années. Qu’est-ce qui te fait croire que mon oncle avait un quelconque rapport avec le type que je voyais ?
 
CLIVE
Un jour, je vous ai suivi. Vous étiez dans un café, j’étais juste derrière. Je l’ai entendu te dire qu’il devait y avoir un moyen de retrouver le plan que ton oncle avait caché.
 
RACHEL
Un…. plan ? !
 
CLIVE
C’est ce qu’il a dit. Il a ajouté qu’il possédait une part, et que toi, tu aurais l’autre part si tu l’aidais à retrouver ce plan.
 
RACHEL
Une part de quoi ?
 
CLIVE
Ca je n’en sais rien. Ton ami m’a aperçu et c’est là que mes ennuis ont commencé.
 
RACHEL
C’est-à-dire ?
 
CLIVE
Quelques jours plus tard, tu es venue et tu m’as dit que tu étais en danger, que tu avais besoin d’argent pour t’en sortir. Qu’il fallait que tu partes loin d’ici. Tu n’as jamais voulu me dire pourquoi. Tu disais juste que moins j’en savais, mieux c’était pour moi. Tu étais tellement terrifiée… Et je t’aimais tellement. Quel imbécile j’ai été !
 
RACHEL
Que s’est-il passé ?
 
CLIVE
Par amour, on est prêt à tout. On se sent pousser des ailes. Et lorsqu’on a peur pour la femme qu’on aime… oui, on est prêt à tout.
 
RACHEL
Qu’est-ce que tu as fait ?
 
CLIVE
J’avais un client qui n’était pas très clean. Riche, mais pas clean. J’ai falsifié des documents officiels pour lui éviter la prison… en échange d’un gros paquet d’argent qui nous permettrait de repartir à zéro dans un nouveau pays. Tu disais que tu voulais aller en Nouvelle Zélande. On avait décidé de partir juste après que l’argent soit viré sur un compte que j’avais ouvert aux Caïmans.
 
RACHEL
Et ça ne s’est pas passé comme prévu, je suppose. La police t’a attrapé, n’est-ce pas ?
 
CLIVE
C’est drôle de t’entendre poser la question ! Je… je n’arrive pas à croire que tu ne te rappelles de rien.
 
RACHEL
Clive, comment la police a-t-elle découvert ton trafic ?
 
CLIVE
Parce que tu m’as dénoncé, Rachel.
 
Le visage de Rachel devient livide.
 
RACHEL
M… moi ?
 
CLIVE
Toi et ton ami que tu voyais. J’ai compris bien après que c’était un coup monté. Vous vouliez me neutraliser. Je représentais une menace parce que ce fameux jour où j’ai surpris votre conversation dans un café, vous pensiez que j’en avais plus entendu qu’il ne fallait.
 
RACHEL
Je n’arrive pas à me croire capable de ça.
 
CLIVE
C’est pourtant ce que tu as fait, Rachel. En me dénonçant aux flics, tu m’as privé de tout : mon emploi, ma dignité, et plus important que tout : tu m’as privé de toi. Tu as disparu avec cet homme et je n’ai plus jamais entendu parler de toi… jusqu’à aujourd’hui.
 
De grosses larmes dégoulinent des joues de Rachel. Clive aussi pleure. Il essuie une larme.
 
CLIVE
J’étais sur le point d’aller te dénoncer à la police tout à l’heure. Puis j’ai changé d’avis. Je veux tirer un trait sur tout ça. Aujourd’hui, je me reconstruis tant bien que mal. Et je ne veux plus replonger dans toute cette crasse.
 
RACHEL
L’homme… celui que je voyais. Comment s’appelle-t-il ?
 
CLIVE
A quoi ça va te servir de le savoir ?
 
RACHEL
Dis-moi son nom, je t’en prie.
 
CLIVE
Il s’appelle Cruz Di Santos.
 

A suivre...

Mardi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

JACK
Cruz, je crois que je vais laisser tomber.

CRUZ
Jack… vous ne pouvez pas faire ça.

JACK
Cette élection ne m’intéresse plus. Si Betty veut devenir maire, alors qu’elle le devienne. Je serai au premier rang pour applaudir son incompétence quand le moment arrivera.

CRUZ
Jack, c’est la première fois que je vous vois baisser les bras. La dernière fois que l’on s’est vus, vous m’avez encore dit qu’on allait se battre jusqu’au bout.

JACK
Je suis fatigué de devoir toujours me battre.

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Marie A 22/05/2015 08:24

Eh ben... Quelle histoire ! Et pauvre Jack, voilà un sérieux rival. Non, définitivement il ne mérite pas ça :-(

Mr. Peyton 23/05/2015 18:46

En effet, notre Jack n'est pas au bout de ses peines avec cette histoire ;-)