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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 738. Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup y est

Aujourd'hui, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Désolée, mais c’est non.
Amos semblait contrarié.
- Pourquoi ?
- Parce que je ne vous fait pas confiance, Monsieur Amos. Vous sortez de nulle part, vous me balancez des informations personnelles sur moi et sur Jack comme si nos deux vies n’étaient qu’un feuilleton qu’on regarde à la télévision et dont vous venez de résumer les derniers épisodes.

Episode 738. Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup y est

Marchant au côté de cet homme qu’il y a encore dix minutes elle ne connaissait pas, Betty Cord avait l’air d’une parfaite idiote !

Elle se dit qu’il n’y avait qu’elle pour tomber dans ce genre d’embuscade. Un inconnu vous propose une ballade dans le square de Peyton Place, et personne n’aurait accepté.

Personne, sauf elle. Pourquoi faut-il toujours qu’elle se laisse entraîner dans des plans foireux ?

Alors bien sûr, maintenant elle s’en voulait d’avoir accepté. Mais c’était trop tard. Elle était bel et bien en train de se promener dans le square avec un inconnu.

Manny Amos engagea la conversation.

- J’adore l’automne. C’est ma saison préférée. J’adore la couleur orangée des feuilles sur les arbres. Pas vous ?

- Monsieur Amos, je suppose que vous ne m’avez pas invitée à faire cette ballade dans le square pour me parler de l’automne et des feuilles sur les arbres.

Amos éclata de rire.

- J’adore votre sens de la répartie, chère madame. Cela me fait dire que je ne me suis pas trompé de personne en vous choisissant.

- Vous m’avez choisie ? Et puis-je savoir pourquoi ?

- Parce que vous avez du répondant et c’est ce qu’il me faut.

Monsieur Amos commençait sérieusement à taper sur les nerfs de Betty. Il était temps pour elle de prendre congé.

- Bon, merci pour cette ballade, Monsieur Amos, mais je retourne chez moi.

- Ce serait dommage pour vous de me quitter déjà.

- Au revoir.

Elle tourna les talons. Amos lui cria :

- Dommage, vous ne saurez jamais pourquoi j’ai demandé à vous parler.

Betty s’arrêta. Réfléchit. Puis fit demi-tour.

Amos éclata de nouveau d’un rire gras.

- Et curieuse par-dessus le marché. Vous avez toutes les qualités requises.

- Je vous laisse deux minutes montre en main pour me dire ce que vous voulez. Après quoi je m’en vais.

- Ou vous restez si ma proposition vous intéresse. Et je pense qu’elle va vous intéresser.

Betty fit mine de regarder sa montre.

- Une minute quarante-cinq…

- Je vous ai parlé de Jack Peyton tout à l’heure. Vous le détestez, n’est-ce pas ?

- C’est une question ?

- Non, une affirmation. Peyton vous a chipé les dossiers Van Der Blint après le décès de la matriarche de la famille. C’était votre plus gros client et ça vous a mis sur la paille. Vous avez été obligée de déposer le bilan et de voir se construire une salle de sport à la place de vos bureaux.

Betty fronça les sourcils.

- Comment savez-vous tout cela ?

- Je le sais. C’est tout.

- Qui êtes-vous ?

- Quelqu’un qui vous veut du bien.

- Comment connaissez-vous Jack Peyton ?

- Vous n’avez pas besoin de le savoir. Sachez simplement que je ne veux pas qu’il fasse un second mandat comme maire de Peyton Place.

- Il se débrouille plutôt bien.

- Peyton est un homme avide de pouvoir. Il écraserait sa propre famille pour y arriver. Et il l’a déjà fait d’ailleurs, avec l’homme qu’il croyait être son père : Bruce Peyton.

- C’était il y a très longtemps.

- Peyton avait promis à son père de reprendre le manoir et la fabrique Peyton pour revendre l’affaire et renflouer celle de Bruce à Denver. Au lieu de quoi il a tout gardé pour lui. La société familiale des Peyton de Denver a fait faillite et le vieux Bruce en est mort.

- La fabrique appartenait à Jack.

- Jack appartenait à sa famille de Denver. Il l’a trahie.

- Et c’est pour ça que vous voulez vous venger ? Pour ce qui s’est passé il y a presque dix ans ?

- Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai simplement voulu vous faire comprendre que Jack Peyton s’enrichissait au profit d’autres qui eux, font faillite. Ça a été le cas de Bruce Peyton, c’est votre cas maintenant. L’histoire se répète.

- Ecoutez, je ne vois pas où cette conversation nous mène, Monsieur Amos.

- J’y viens. Je ne veux pas que Peyton gagne les prochaines élections. Et c’est vous qui allez le faire perdre.

Betty ne mesura pas immédiatement les propos d’Amos.

- Je ne vois pas ce que je pourrais faire pour le faire perdre.

- Présentez-vous contre lui.

Un instant de silence. Puis Betty se mit à rire.

- Moi ? Vous voulez que je présente ma candidature à la mairie de Peyton Place ?

- Vous êtes la seule qui peut battre Peyton.

- Vous ne me connaissez peut-être pas aussi bien que vous le laissez penser.

- Je vous connais. Réfléchissez, vous êtes née ici. Tout le monde vous connait. Les femmes envient votre réussite professionnelle. Vous avez réussi à stopper l’élan immobilier de Peyton et à sauver l’entrepôt de pêche. Les gens vous admirent. Vous êtes mariée à un brillant avocat, lui aussi très respecté dans cette ville. Vous avez tous les atouts en main pour battre Jack Peyton.

- Désolée, mais c’est non.

Amos semblait contrarié.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne vous fait pas confiance, Monsieur Amos. Vous sortez de nulle part, vous me balancez des informations personnelles sur moi et sur Jack comme si nos deux vies n’étaient qu’un feuilleton qu’on regarde à la télévision et dont vous venez de résumer les derniers épisodes.

- Vous pouvez me faire confiance. Je ne suis pas un espion. Si je sais toutes ces choses sur vous et Peyton, c’est simplement parce que je me suis documenté.

- Nos vies ne sont pas consignées dans un livre à la bibliothèque du coin, que je sache !

- J’ai enquêté, si vous préférez. J’ai cherché à savoir qui était le meilleur candidat pour battre Peyton. Il s’avère que c’est vous. Ne me laissez pas tomber, Betty. J’ai besoin de vous.

- Alors dites-moi ce que Peyton vous a fait pour vouloir le faire descendre de son piédestal.

- Ce n’est pas le problème.

- C’est le problème !

Amos capitula. Il sentait qu’elle serait réticente tant qu’il n’aurait pas expliqué pourquoi il en voulait tant à Peyton.

- Ce qui vous est arrivé… ce qui est arrivé à Bruce Peyton… c’est également arrivé à mon père. Après qu’il ait perdu son entreprise à cause de Jack Peyton, ma mère est tombée malade. Elle est morte un mois plus tard, et mon père l’a suivi dans la tombe quelques semaines après. Il avait tout perdu : sa femme, son entreprise… Tout ça à cause de Jack. Et c’est moi ensuite qui aie tout perdu. Mais je suis comme vous, Betty, je sais me relever et aller de l’avant. Alors j’ai fondé une nouvelle société et je m’en suis sorti.

- Mais en quoi le fait que Jack perde les élections vous fera vous sentir mieux ?

- Parce que Jack Peyton se sert de sa faculté de Maire de cette ville pour asseoir son pouvoir. Il se sert de son mandat pour obtenir des terrains et agrandir son patrimoine immobilier.

- Vous exagérez…

- Si Peyton n’est plus maire, il sera diminué. Il ne pourra plus acquérir de terrains qui appartiennent à la ville.

- Et c’est à ce moment-là que vous pourrez l’attaquer. En vous servant de moi si je suis élue maire, pour que je lui  interdise l’acquisition de terrains supplémentaires et que, par la même occasion, je vous en propose quelques-uns.

Amos sourit.

- Vous êtes intelligente, Madame Cord. Encore une qualité à mettre à votre actif. Vous pouvez gagner ces élections et faire beaucoup de choses pour cette ville.

- La campagne a déjà débuté. Les élections sont trop proches.

- Je mettrais tout ce qu’il faut à votre disposition. Je suis sûr déjà que le Clarion vous soutiendra. Vous aurez un directeur de campagne, un QG, des tracts, de la publicité et des soutiens de célébrités.

- Jane Fonda ?, plaisanta Betty que la proposition d’Amos commençait à séduire.

- Pas sûr… quoiqu’elle est Démocrate. Dès qu’il s’agit de faire virer un Républicain, Jane est sur tous les fronts.

Betty se permit un sourire.

Amos reprit :

- Alors, qu’en dites-vous ?

- Que vous cachez quelque chose d’autre, Monsieur Amos. Je ne suis pas encore prête à croire que vous m’offriez sur un plateau d’argent de quoi battre Jack aux élections. Vous allez devoir dépenser pas mal d’argent.

- L’argent n’est pas un problème.

- Je pense que votre démarche pour me faire élire n’est pas gratuite. Vous voulez quelque chose en échange, n’est-ce pas ?

Amos sourit de nouveau.

- Vous êtes perspicace. Encore une qualité…

Betty l’interrompit pour dire la suite de la phrase.

- … à mettre à mon actif, oui je sais. Arrêtez votre baratin, Monsieur Amos.

- D’accord, je ne vais pas abuser plus longtemps de votre précieux temps. Je n’avais pas l’intention d’avoir une réponse définitive de votre part aujourd’hui. Je vous laisse y réfléchir quelque temps et je reviendrais vous voir pour avoir votre réponse. Parlez-en à votre mari quand il rentrera de New York.

Amos parvenait encore à surprendre Betty, qui s’exclama :

- Comment savez-vous qu’il….

Elle s’interrompit et reprit :

- Vous êtes vraiment flippant, Monsieur Amos.

 

A SUIVRE...

Vendredi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- James, c’est votre vieil ami à l’appareil.
James pinça les lèvres.
- Qu’est-ce que vous voulez ?, aboya-t-il.
- Je suppose que vous me posez cette question juste pour la forme.
- Je ne vais pas publier l’article.
- Si, vous allez le faire.
- Vous ne pouvez plus me forcer. Je ne céderais pas à votre chantage. J’ai décidé de démissionner du Clarion et d’assumer mes erreurs.

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Commenter cet article

Marie A 10/03/2015 09:47

Et ben ! C'est vrai que l'idée de voir Betty à la mairie n'est pas désagréable... mais dans ces circonstances, hem, comment dire ?
Prudence prudence

Mr. Peyton 12/03/2015 18:07

Oui, prudence est mère de sûreté, de vertus, de sagesse et de raison. Espérons que Betty s'en souvienne :-)