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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 731. Confrontation

Aujourd'hui, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Une dernière fois, Monsieur Peyton. Pouvez-vous m’assurer que le revolver que nous avons trouvé sur vous à l’hôpital de Peyton Place appartient bien à Rachel Welles ?
- Rachel Welles… c’est donc ainsi qu’elle s’appelle.
Jack semblait songeur.
- Monsieur Peyton… insista Billy.

Episode 731. Confrontation

 

Carolyn Russell saisit son mug et s’installa devant la fenêtre de son bureau, d’où elle avait une vue imprenable sur le square de Peyton Place.

Quelques flocons commençaient à tomber. Bientôt, le paysage sera recouvert d’un blanc manteau. Les hivers sont rudes à la Nouvelle Angleterre.

Carolyn appuya son front contre la vitre. Elle avait vécu des moments difficiles ces derniers mois et elle avait vraiment besoin de se poser. Un weekend dans le New Hampshire peut-être ?

Elle haussa les épaules à l’évocation de ses vacances. Avec qui les passer ? Elle n’avait pas d’amis ni de petit ami avec qui partager des moments de détente.

Elle sentit soudain le poids de la solitude peser tel un rocher planté au milieu d’une dune de sable blanc.

A cet instant, elle aurait aimé se confier à sa mère. Mais Marsha était retournée dans les brumes de son passé et de sa folie.

Elle but une gorgée de café, songeant que le breuvage dont elle abusait ces derniers temps était son seul véritable compagnon.

Le bourdonnement de l’interphone la sortit de sa léthargie.

- Oui, Emilie.

- J’ai Steven pour vous sur la deux.

Carolyn sourit et appuya sur le bouton où était inscrit le chiffre « deux ». Steven ne pouvait pas mieux tomber.

- Bonjour Steven. Alors, ce petit voyage à New York ?

- L’affaire s’annonce plutôt bien. Emerson devrait pouvoir être blanchi du détournement de fonds.

- Je n’en doute pas. Il a un très bon avocat.

- Ne me flatte pas, Carolyn. A moins que tu aies quelque chose à me demander.

- Quand tu reviendras, j’aimerais partir un weekend ou plus, histoire de me ressourcer.

- Seule ?

- Oh non, qu’est-ce que tu crois ! J’emmènerais mon fidèle mug à café avec moi. Je ne vais pas le laisser seul au bureau, plaisanta Carolyn.

- Toi, tu as vraiment besoin d’un homme dans ta vie.

- Ca va, dis-moi plutôt pourquoi tu appelles.

- J’ai reçu un appel de Jack Peyton. Il a des ennuis et souhaite qu’on intervienne.

- Le maire de Peyton Place à des ennuis… on dirait le refrain d’une rengaine.

- Il faudrait que tu ailles au poste de police le représenter à ma place.

- Qu’est-ce qu’il a encore fait ?, soupira Carolyn.

- Ecoute, je sais que tu ne portes pas Jack dans ton cœur…

- C’est le moins qu’on puisse dire.

- Mais il faut que tu passes outre. C’est un gros client, on ne peut pas se permettre de le perdre.

 

Carolyn se rendit au poste de police immédiatement après que Steven lui ait brièvement exposé le problème.

Elle essayait d’éviter de croiser le lieutenant Chambers le plus souvent possible, même leur métier respectif les poussait à se voir. A chaque fois, elle prenait un ton professionnel et détaché et se bornait à faire son travail. De son côté, Billy faisait pareil.

Mais systématiquement, une fois seule, elle relâchait la pression, s’enfermait dans les toilettes pour dames et alors là, secouée de spasmes, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Sans réellement savoir pourquoi.

Il faut dire que sa relation avec Billy avait toujours été compliquée. Elle avait vécu avec lui pendant quelques mois à New York. Mais comme il devenait trop possessif, elle l’a quittée pour venir vivre à Peyton Place, sa ville natale.

Il l’avait retrouvée. Elle avait cru que le cauchemar allait recommencer. Elle pensait que c’était lui qui la harcelait, qui lui faisait peur avec des cadeaux empoisonnés.

Elle aurait préféré, d’ailleurs. Au lieu de quoi Billy s’est posé comme son sauveur, abattant l’homme qui voulait la tuer. Il lui avait sauvé la vie.

Voilà pourquoi elle avait des sentiments si contradictoires. L’homme qui lui avait fait tellement peur à New York l’a sauvée à Peyton Place. Que devait-elle penser de tout cela ?

Assise en face de Billy Chambers, elle s’octroya un bref instant un regard dans sa direction.

Il était beau, avec un visage rieur entouré par des cheveux bouclés. Ses yeux étaient très foncés, presque noirs.

Carolyn se souvenait qu’elle avait craqué pour son sourire enfantin qui faisait systématiquement apparaître une fossette sur chacune de ses joues. Malgré ses vingt-huit ans, il donnait l’impression de sortir à peine de l’adolescence.

Mais il n’était pas question de craquer cette fois. Elle était en pleine activité professionnelle, assise en face de cet homme - qui l’avait fait souffrir aussi sûrement qu’il avait pu la rendre heureuse - et de la jeune sergente dont elle avait oublié le nom.

A côté de Carolyn, Jack Peyton n’en menait pas large. Il devait sans doute penser à sa carrière politique déjà vacillante et à l’impact que cette affaire risquait d’avoir sur elle.

Billy s’éclaircit la voix.

- Une dernière fois, Monsieur Peyton. Pouvez-vous m’assurer que le revolver que nous avons trouvé sur vous à l’hôpital de Peyton Place appartient bien à Rachel Welles ?

- Rachel Welles… c’est donc ainsi qu’elle s’appelle.

Jack semblait songeur.

- Monsieur Peyton… insista Billy.

- Oui… oui c’est à elle.

- Pourquoi cette arme se trouvait en votre possession ?

- Je vous l’ai dit, je l’ai récupéré parce que je pensais qu’elle pouvait faire du tort à Mira… enfin Rachel je veux dire.

- Vous êtes conscient de vous rendre coupable de détention illégale d’arme.

Carolyn crut bon d’intervenir.

- Lieutenant Chambers, vous savez pertinemment que Monsieur Peyton a pris cette arme non pas dans l’intention de s’en servir, mais pour protéger son amie.

Billy prit une profonde inspiration et regarda Carolyn dans les yeux.

- Qu’il ait ou non eu l’intention de se servir de l’arme importe peu, Maître Russell. Le fait est que votre client était en possession d’une arme qui ne lui appartenait pas.

- Tout comme le sac à main de la victime. Je vous rappelle qu’elle a été blessée par balle et qu’elle a été amenée inconsciente à l’hôpital. Que pouvait faire Monsieur Peyton, si ce n’est garder sur lui les affaires de son amie blessée ?

- Ce qu’il aurait dû faire, Maître Russell, c’est laisser l’arme dans le sac à main. Il est évident qu’il l’a retiré du sac pour une bonne raison.

- Lieutenant Chambers, est-ce que vous avez l’intention d’inculper mon client pour possession illégale d’arme à feu ?

- Je cherche à comprendre pourquoi il avait cette arme sur lui.

Jack intervint :

- Et pendant ce temps, un tueur se promène en liberté. C’est après lui que vous devriez vous en prendre. Pas après moi !

- Mon client a raison. Qui plus est, il détient un droit de port d’arme.

- Pour les armes enregistrées à son nom. Pas pour ceux des autres.

- Votre argumentation ne tiendra pas la route pour un procès, Lieutenant, dit Carolyn. Tout ce que vous allez récolter en agissant ainsi, c’est un blâme pour vous être acharné sur mon client alors qu’un assassin est en liberté ! Vous perdez un temps précieux.

- Il ne s’agit pas de lynchage, Maître Russell. Et je n’ai jamais dit que j’allais inculper Monsieur Peyton. Je suis ici pour faire respecter la loi.

- Très bien… alors imaginez ceci. Vous vous trouvez au stand de tir. Vous tirez quelques cibles et votre revolver s’enraille. Logiquement, vous demandez à votre collègue qu’il vous prête son arme pour terminer la séance de tir. L’arme de substitution que vous utilisez n’est pas enregistrée à votre nom. Pouvons-nous dire que vous détenez illégalement une arme ?

- Ce n’est pas la même chose.

- Si je m’en tiens au fait, on peut dire que c’est la même chose. Dans l’exemple que j’ai cité, vous détenez une arme qui ne vous appartient pas. Exactement comme mon client.

- Sauf que votre client dissimulait cette arme.

- C’est ce qu’il vous a dit ?

- Il n’avait pas besoin de le dire.

- Je crois que si, lieutenant.

- Il était clair que les intentions de Monsieur Peyton étaient de dissimuler l’arme aux autorités.

- En fait, ce n’est pas tout à fait exact, dit Jack. J’ai pris l’arme et je comptais simplement aller demander conseil auprès de mon avocat avant de la remettre à la police.

- A qui allez-vous faire croire ça, Monsieur Peyton ?

- Vous traitez mon client de menteur, lieutenant ?

Le visage de Carolyn s’empourpra.

- Non, Carolyn… Maître Russell, bredouilla Billy. Je dis simplement qu’en dissimulant cette arme aux yeux de la police, il se rend coupable d’entrave à la justice.

Carolyn respira profondément, afin de paraître le plus calme possible.

- Lieutenant, est-ce que c’est avec cette arme que la victime a été blessée ?

- Non, bien sûr que non.

- Et est-ce que cette arme a un quelconque rapport avec la tentative d’assassinat sur la personne de Rachel Welles ?

- Non, dut admettre Billy.

- Alors je ne vois pas comment l’arme en question pourrait apparaître comme pièce à conviction. Et de ce fait, je ne vois pas comment il pourrait y avoir obstruction à la justice. Vous êtes d’accord, lieutenant !

C’était plus une affirmation qu’une question.

Au bout d’un moment, Billy utilisa son sourire enfantin. Le cœur de Carolyn bondit dans sa poitrine.

- Tu as toujours été très forte à cet exercice Carolyn. C’est sans doute ce qui fait de toi une excellente avocate.

Il se tourna vers Jack.

- Vous pouvez partir, Monsieur Peyton. Je n’ai plus de question.

 

L’air vivifiant fit le plus grand bien à Carolyn. A côté d’elle, Jack était ravi.

- Vous avez été formidable, Carolyn. Vous devriez demander une augmentation à Steven.

- Je suis son associée, Jack. Pas son employée.

- Ah oui, c’est vrai. En tout cas, je vous remercie. Vous avez mis ce Billy Chambers chaos.

Carolyn fit un pas vers Jack.

- Ecoutez, Monsieur Peyton. Je vous ai défendu parce que c’est mon métier. Je l’ai fait pour Steven. Pas pour vous. Je sais que c’est vous qui êtes à l’origine de l’arrivée de Billy à Peyton Place. Et je sais pourquoi. Alors ne vous donnez pas la peine d’être sympa avec moi. Parce que moi je ne le serais pas avec vous. La police n’a rien de concret contre vous et vous ne devriez pas être inquiété. Et maintenant que mon travail est terminé, je ne veux plus rien avoir à faire avec vous.

Sur ces paroles, elle planta Jack et traversa le square en direction du Peyton Professional.

Elle n’avait qu’une hâte, c’était s’enfermer dans les toilettes de son bureau pour pleurer toutes les larmes de son corps. 

 

A SUIVRE...

 

Mardi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Mildred, comment sera-t-elle à son réveil ? Et surtout, qui sera-t-elle ? Rachel ? Allison ? Mira ?
- Je ne sais pas, Mike. Le cerveau est un organe complexe dont on ne maîtrise pas grand-chose. Cette jeune femme vient de subir un choc violent avec cette tentative d’assassinat. Il est possible que son cerveau l’oblige à oublier ce qui vient de se passer. Alors elle ne se souviendra plus de Mira Losco. Il est même probable qu’elle retourne quinze ans en arrière et croit de nouveau être Allison.

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Commenter cet article

Marie A 13/02/2015 09:21

Oh que c'est joliment tourné l'évocation de la solitude de Carolyn :-)
Y'a pas à dire, elle sait ce qu'elle fait, la demoiselle ! Par contre, on peut en effet s'étonner du sens des priorités de Bobby.
Enfin bref, tout est bien qui finit bien pour aujourd'hui, avec un sourire mignon tout plein en prime... Bon week end !!!!

Mr. Peyton 13/02/2015 10:43

Tu as eu raison d'ajouter "pour aujourd'hui" dans la phrase "tout est bien qui finit bien" :-)
Bon weekend à toi également ;-)