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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 714. La réunion (1)

Aujourd'hui, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Jack n’a même plus le courage de venir me parler en face. Il faut qu’il envoie un émissaire. Et tu tombes dans le panneau.
Lisa se leva.
- Tu n’y es pas du tout. Jack ne sait pas que je suis ici. Ce n’est pas lui qui m’envoie. Je suis venue te parler franchement et te dire que tu fais une énorme bêtise si tu décides de ne pas aller à la conférence de presse de Jack à la mairie. C’est mon rôle de mère que je joue, pas celui de l’émissaire.

Episode 714. La réunion (1)

 

Lisa Peyton frappa timidement à la porte du bureau de son fils James, puis l’ouvrit et passa la tête dans l’encadrement.

- Je te dérange ?

Le rédacteur en chef du Clarion était avec un de ses collaborateurs. Il leva la tête vers sa mère, visiblement peu ravi de la voir.

- Entre, dit-il à contrecœur.

Puis il se tourna vers son employé.

- Il faudra juste changer la conclusion, pour que le lecteur se pose des questions sur l’avenir du pays si Jimmy Carter n’est pas réélu. Merci Brad.

Brad quitta la pièce.

- Tu as décidé de prendre parti pour Carter ? Personnellement je voterai pour Reagan.

- Ca ne m’étonne pas vraiment. Tu es Républicaine jusqu’au bout des ongles.

James marqua une pause avant de reprendre.

- Je ne prends pas le parti de Carter, si tu veux tout savoir. Tu n’auras qu’à lire l’article. Il paraîtra demain et il est impartial.

- Je vois que tu arrives à rester impartial quand il le faut, répliqua Lisa.

James secoua à la tête en soupirant.

- J’ai saisi l’allusion. Maintenant, dis-moi ce que tu veux.

- Je ne t’ai pas vu au petit déjeuner ce matin et…

James balaya les propos de Lisa d’une main impatiente.

- Laisse-tomber les discours d’usage et viens-en au fait.

Lisa s’assit en face de son fils.

- Très bien. Jack reçoit les habitants de Grave Street ce matin à la mairie.

- Il faut bien qu’il trouve une parade.

- Il y aura la presse et… je me demandais si le Clarion allait être représenté.

James haussa les épaules.

- Désolé, je n’ai trouvé personne.

Lisa remua sur son siège.

- Je m’inquiète pour toi, James.

- Pourquoi ? Parce que Jack risque de me virer si je continue ? Tu n’as pas à t’en faire. Ce n’est pas le travail qui manque.

Lisa secoua la tête.

- Je ne pensais pas à ça. D’ailleurs, Jack ne peut pas te renvoyer. Ça voudrait dire qu’il joue le même jeu que toi.

- Je te remercie pour ton soutien, Maman, ironisa James.

- Je me fais du souci pour toi parce que tu dérailles complètement. Tu es sur une pente savonneuse, James. Tu n’agis pas comme un journaliste devrait le faire. Tu détournes les faits et tu t’en sers pour assouvir je ne sais quelle vengeance.

- Nous avons déjà eu cette conversation. Je te l’ai dit, il ne s’agit pas de vengeance. Il s’agit d’un homme qui a tous pouvoirs et qui n’hésite pas à détruire tout sur son passage pour y arriver.

- Réfléchis bien à ce que tu viens de dire, James. Parce que j’ai l’impression que tu fais exactement la même chose. Tu bafoues l’éthique de ton métier.

- Jack n’a même plus le courage de venir me parler en face. Il faut qu’il envoie un émissaire. Et tu tombes dans le panneau.

Lisa se leva.

- Tu n’y es pas du tout. Jack ne sait pas que je suis ici. Ce n’est pas lui qui m’envoie. Je suis venue te parler franchement et te dire que tu fais une énorme bêtise si tu décides de ne pas aller à la conférence de presse de Jack à la mairie. C’est mon rôle de mère que je joue, pas celui de l’émissaire.

Elle tourna les talons et s’en alla.

 

La grande salle de la mairie de Peyton Place, qui jouxtait le poste de police de la petite ville, était bondée.

On avait installé une soixantaine de chaises en face d’une estrade dominée par un micro à pied.

Les places étaient divisées en deux parties. Sur la droite, une trentaine était réservée aux habitants de Grave Street, et sur la gauche, le même nombre était dédié aux autres habitants. Deux rangs étaient occupés par la presse.

Devant l’estrade, des photographes se préparaient pour immortaliser l’événement. Si tant est qu’il y avait un événement.

Gil Brahams, un des photographes présent devant la scène, soupira et regarda son collège qui était occupé à nettoyer son objectif.

- Je me demande bien ce que je fais ici.

L’autre haussa les épaules, concentré sur son appareil.

- Ouais, moi c’est le Boston Post qui m’envoie. J’ignore pourquoi ils en font des tonnes sur cette affaire.

- C’est bientôt les élections. Le directeur de campagne de Peyton est plutôt efficace. Il a remué ciel et terre pour nous faire venir.

Plus loin, une caméra était installée juste devant le micro et une autre était en poste sur la droite pour superviser le public.

Celui-ci commençait déjà à s’impatienter. Nellie Cross se moucha bruyamment. Selena, à ses côtés, soupira.

Une place était libre à côté d’elle et Colleen Peyton vint s’y asseoir. Selena la dévisagea, surprise.

- Ce n’est pas ta place.

- Ma place est à côté de ma meilleure amie.

Selena lui offrit un sourire entendu, ravie d’avoir son amie à ses côtés.

- Ton oncle ne va pas aimer.

- Mon oncle est ici pour faire son mea culpa. Je pense qu’il sera content de me voir de votre côté. Ce sera un bonus pour lui.

Jack arriva enfin et testa le micro. Le public commençait à se faire moins bruyant.

Un effet de larsen se répercuta dans la salle et fit grimacer les personnes aux oreilles sensibles.

James arriva au moment même où Jack débuta son discours. Il décida de s’asseoir au dernier rang, sûr ainsi de ne pas être vu.

Jack débita un discours taillé sur mesure.

- J’ai conscience qu’il y a un problème dans notre petite ville. Le Clarion nous l’a tous fait remarqué, même si sa façon de faire était maladroite.

James pinça les lèvres. Cela commençait plutôt mal, et il eut soudain l’impression que Jack était ici uniquement dans le but de discréditer son article.

Jack continua.

- Grave Street ne doit plus vivre dans l’exclusion. Il faut trouver des solutions. Nous sommes ici pour ça.

Il se tourna vers les habitants de Grave Street.

- Mes chers amis, je sais que vous souffrez. Vous n’avez pas l’eau courante, vous avez froid en hiver et la tôle fine vous étouffe en été. Cela ne peut plus continuer. J’en ai conscience et je m’engage à changer tout cela. Nous sommes entrés dans les années 80 et notre ville se comporte comme si nous étions encore au moyen-âge.

Un homme se leva. Il était vêtu d’un pantalon tâché tenu à la taille par une corde, une chemise à carreau délavée et trouée à plusieurs endroits. Il ouvrit une bouche édentée.

- Et qu’est-ce que vous comptez faire, hein ?

- Justement, monsieur. Il faut procéder par ordre de priorité. De quoi avez-vous le plus besoin ?

- De pinard ! Une belle citerne de pinard juste à côté de chez nous, voilà ce qu’il nous faut.

Les habitants de Grave Street - à l’exception de Selena - partirent d’un fou rire général.

Une femme lui dit :

- Comme ça, ça t’évitera de chaparder la bibine au magasin des Carson !

Nouvelle crise de rires.

Du côté des autres habitants, on commençait à s’agiter. Ada Jacks, la propriétaire du bar de la ville, se leva et s’adressa à Jack d’un air excédé.

- Concrètement, vous voulez faire quoi ?

Jack s’épongea le front, embarrassé du tournant que prenait cette réunion.

- Je pense que le plus important et de donner l’eau courante aux habitants. Ensuite, il faudrait s’occuper des habitations, isoler les murs et…

- Et avec quel argent comptez-vous faire tout ça, Jack Peyton ?, intervint Ada. Est-ce que vous allez augmenter nos impôts ?

- Ada, nous n’en sommes pas là.

- Où en sommes-nous alors ? Parce que je vous dis tout de suite, si c’est pour payer des impôts supplémentaires, nous ne sommes pas d’accord. Pas question de payer pour des ivrognes qui ne sont pas capables de se prendre en charge.

Les habitants de Peyton Place approuvèrent bruyamment les propos d’Ada.

Un homme de Grave Street se leva.

- Tais-toi donc Ada. T’es bien contente quand on vient dilapider not’ salaire dans ton bar, hein ! Tu les prends bien, nos sous. Et là tu dis rien !

Les habitants du ghetto approuvèrent.

S’ensuivit alors un brouhaha monumental dans la salle. Chacun criait et allait de sa revendication. Les deux clans se criaient dessus.

Jack tenta de ramener tout le monde à la raison.

- Je vous en prie… calmez-vous.

Mes ses mots se perdirent dans le chaos de paroles des spectateurs.

Les journalistes n’en perdaient pas une miette et Gil Brahams finit par se dire qu’il avait bien fait de venir. Il torpillait les invectives à grands coups de flashes avec son appareil photo.

Cruz di Santos, le directeur de campagne de Jack, monta sur l’estrade et se pencha vers Jack.

- Faites quelque chose pour faire cesser ça, sinon vous êtes fichu.

Jack haussa les épaules et offrit à di Santos un regard fatigué.

- Je crois que j’ai déjà perdu, Cruz.

C’est finalement Selena qui mit fin à la cohue. Excédée, elle se leva d’un bond sur sa chaise et hurla : « Ça suffit ! »

Il n’en fallut pas plus aux gens présents pour faire silence. Toutes les paires d’yeux se tournèrent vers la jeune fille, attendant la suite.

 

A SUIVRE...

Vendredi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Selena, tu as quelque chose à dire ?
Au fond de la salle, James Peyton observait la jeune téméraire, le souffle coupé.
Comme la jeune fille ne bougeait pas, Jack continua :
- Je sais que tu es une fille intelligente, si tu as quelque chose à dire, viens le dire, je t’en prie.
Nellie se leva et intervint.
- Ma fille n’a rien à vous dire, M’sieur Peyton. Laissez-la tranquille, c’est qu’une pauv’ gamine.

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Commenter cet article

Marie A 16/12/2014 21:33

Ils n'ont pas l'eau courante, froid l'hiver et cuisent l'été sous la tôle, mais au moins ils ont le sens de l'humour :-D
Par contre, les *bourgeois* n'ont rien à envier à nos contemporains... veulent bien améliorer le sort des pauvres, mais faut que ça coûte rien !
Bref, criant de vérité, et Séléna qui sauve la situation... Que demander de mieux ?

Mr. Peyton 21/12/2014 10:11

De rien, j'ai trouvé que c'était sympa d'évoquer Noël, et par le plus grand des hasards, il se trouve que ce double épisode avait un peu des allures de conte de Noël.

Marie A 18/12/2014 20:17

Oups... et j'allais oublier de remercier pour la magnifique ambiance Noël de l'arrière-plan !