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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 707. Le feu aux poudres

Aujourd'hui, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Tout ce que vous avez fait, c’est nous humilier. Vous n’aviez pas le droit d’écrire cet article. Et encore moins de me citer, moi et ma mère. Nous sommes déjà montrés du doigt par les autres habitants. Aujourd’hui, nous avons l’impression d’être des bêtes de foire. C’est comme si vous aviez détruit un terrier et obligé les renards à sortir.

Episode 707. Le feu aux poudres

Selena Cross sut immédiatement que quelque chose n’allait pas lorsqu’elle franchit la porte de la salle de classe.

Mme Tulmann, sa prof d’anglais, n’était pas encore à son pupitre.

Selena s’arrêta à l’entrée de la salle quand elle vit que toutes les paires d’yeux étaient fixées sur elle.

Mal à l’aise, elle traversa la salle pour se rendre à sa place, à côté de Colleen Peyton. Elle portait ses livres sur sa poitrine, comme une sorte de protection.

Elle s’assit et se tourna vers Colleen.

- On peut savoir ce qui se passe ?, murmura-t-elle à l’oreille de son amie.

Colleen n’eut pas le temps de répondre. Derrière elles, Chris Motter et cet empoté de Jason Struck pouffaient de rire.

Selena se retourna et vit qu’ils avaient un exemplaire du Clarion dans les mains.

Colleen prit le bras de son amie.

- Laisse tomber…

Mais les deux imbéciles continuaient de pouffer en regardant Selena.

- Qu’est-ce qu’il leur prend ?, demanda-t-elle à Colleen.

- Laisse tomber, je te dis.

C’est alors que Chris dit à voix haute :

- T’es devenue célèbre, Selena Cross. T’as ton nom dans le journal.

- Arrête de dire n’importe quoi uniquement pour te faire remarquer.

- Cette fois, c’est toi qui te fais remarquer, rétorqua Jason Struck.

Il prit le journal des mains de Chris Motter et continua :

- Alors comme ça tu vis dans une porcherie. Avec ta mère… Nellie.

Le sang de Selena ne fit qu’un tour. Elle avait toujours veillé à ce que personne ne sache qu’elle habitait Grave Street. Seule Colleen était au courant et elle savait que son amie n’avait rien dit. Et personne non plus ne connaissait sa mère.

Elle sentit son sang se liquéfier lorsque Jason Struck continua :

- On fait ton éloge dans le journal. Il paraît que tu vis dans la plus grande des misères. Ca ne devrait pas m’étonner. Après tout, on te voit toujours en haillon.

Colleen se retourna et le toisa du regard.

- Ferme-là, espèce de débile.

- Toi, la gosse de riche, tu la ramènes pas !, vociféra Jason.

Selena se retourna de nouveau vers le garçon.

- Tu vois, quel que soit notre condition sociale, qu’on soit riche ou pauvre, on a au moins un point en commun : on pense tous que tu es débile.

Jason piqua un phare au moment où toute la classe éclata de rire.

Selena se pencha vers Colleen.

- Explique-moi ce qu’il se passe.

- C’est mon frère. Il a fait paraître un article sur Grave Street et il t’a cité, avec ta mère.

Une boule de colère monta en elle. De quel droit James Peyton avait-il fait une chose pareille ? Elle allait maintenant devoir affronter cela. Et des affronts, elle en a eu sa dose. Elle n’avait pas besoin de ce problème en plus.

Jason Struck ne s’avoua pas vaincu.

- Il parait que t’as pas l’eau courante chez toi, que tu vis avec les rats, dans la crasse.

- Qu’est-ce que ça peut te faire, gros débile !, cracha Colleen.

- C’est à la pouilleuse que je m’adresse, pas à toi.

Selena ferma les yeux et pria pour que Mme Tulmann fasse son entrée. Mais l’enseignante tardait à apparaître.

Jason Struck se mit à susurrer :

- Selena la pouilleuse… Selena la pouilleuse…

Puis le murmure s’amplifia…

- Selena la pouilleuse… Selena la pouilleuse…

… Jusqu’à devenir un slogan qu’on scanderait lors d’une manifestation.

Pour Selena, c’en était trop. Elle n’avait pas l’habitude de relever les moqueries de ces camarades de classes. Elle avait toujours penser être suffisamment au-dessus de ce genre de gamineries pour ne serait-ce qu’y prêtait attention. 

Mais elle ne pouvait pas se laisser humilier de la sorte.

Elle se leva et se précipita vers Struck. Devant une salle de classe médusée, elle saisit une touffe des cheveux bouclés du garçon et tira de toutes ses forces afin que Struck lève la tête et l’oblige à la regarder.

Le jeune insouciant grimaça de douleur, sous le regard médusé de son voisin.

Selena avait le visage rougit par la colère. Ses yeux sortaient de ses orbites.

- C’est toi qui me traite de pouilleuse ? Tu ferais mieux de te regarder dans un miroir. Tu as les cheveux tellement gras qu’une colonie de poux pourrait y organiser une compétition combats dans l’huile !

Cette remarque provoqua l’hilarité dans la salle de classe.

- Lâche-moi espèce de folle, cria Jason.

Selena cracha sur le visage du garçon.

- Maintenant, on sait qui est le plus pouilleux des deux !

- Qu’est-ce qu’il se passe ici ?

La voix autoritaire de Mme Tulmann résonna dans la salle et provoqua le silence total.

Selena lâcha Jason, qui s’essuyait le visage du revers de sa manche.

- Jason, est-ce que ça va ?, demanda Mme Tulmann.

Jason regarda Selena. Un instant, celle-ci eut peur qu’il ne la dénonce. Mais Jason dit :

- Oui, Madame.

- Très bien, tonna l’enseignante. Selena, retournez à votre place, nous allons commencer.

 

James Peyton sursauta lorsque l’édition du Clarion le frappa en plein visage.

Il ne s’y attendait pas. Pas plus qu’il s’attendait à voir Selena débarquer dans son bureau, le visage empourpré.

- Selena… commença-t-il.

Mais il n’eut pas l’occasion de continuer sa phrase.

- Comment avez-vous pu faire une chose pareille ? Vous dites que nous vivons dans la boue. Mais c’est vous et votre sale article qui nous traînent dans la boue !

- Selena, calme-toi et laisse-moi t’expliquer.

- Il n’y a rien à expliquer. Vous m’avez trahi. J’avais confiance en vous.

- Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit pour les habitants de Grave Street. Pour faire bouger les choses et pour que la mairie puisse vous octroyer des logements plus décents.

- Vous croyez émouvoir les gens avec votre article mielleux ? Mais les gens n’en ont rien à faire de notre situation. Tout le monde connaît Grave Street. Tous les habitants savent parfaitement que nous vivons dans la marginalité. Mais personne n’a rien fait parce que personne ne veut rien faire !

- J’ai juste essayé de vous aider, toi, ta mère et tous les autres habitants du quartier.

- Mais on ne vous a rien demandé !

Des larmes de colères coulaient des joues de Selena. James en était bouleversé. Elle continua :

- Tout ce que vous avez fait, c’est nous humilier. Vous n’aviez pas le droit d’écrire cet article. Et encore moins de me citer, moi et ma mère. Nous sommes déjà montrés du doigt par les autres habitants. Aujourd’hui, nous avons l’impression d’être des bêtes de foire. C’est comme si vous aviez détruit un terrier et obligé les renards à sortir.

- Selena, je suis sincèrement désolé.

- Il est trop tard pour être désolé. Je vais devoir vivre avec ça. Je vais devoir supporter le regard des gens sur moi. Et ça va me dégoûter de les voir me scruter, m’étudier sous tous les angles. Je vous déteste pour ça !

Elle tourna les talons et repartit en courant, laissant James dans une tristesse profonde.

Jamais il n’avait pensé faire de mal à Selena et sa famille. En fait, il avait voulu faire d’une pierre deux coups : rabaisser son père et aider la famille Cross.

Il s’était planté sur toute la ligne.

 

A SUIVRE...

Mardi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

Un homme était assis. Il contemplait la mer.
- Bonjour, dit Paula.
L’homme se retourna et le cœur de Paula bondit dans sa poitrine. L’homme lui souriait. Un sourire narquois qu’elle connaissait bien.
- Bonjour Paula, dit Cal Fullerton.

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Marie A 21/11/2014 19:26

Oui, ben pour le prix Pulizer, James peut retourner à ses cours d'éthique ! Pour l'instant, c'est le blâme mérité !...

Mr. Peyton 21/11/2014 19:42

Pour sa défense, il en est désolé. Il s'est rendu compte - un peu tard malheureusement - de son erreur. C'est pas un mauvais gars, ce James ;-)