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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 698. Une légère appréhension

Paula prit une profonde inspiration et se parla à elle-même : « Ma vieille, tu as survécu à deux tentatives d’assassinat, tu as failli griller comme un méchoui dans une maison en feu, tu as été mariée pendant cinq ans avec un tueur psychopathe… et malgré tout ça, tu appréhendes une simple discussion avec une amie de longue date… »

Episode 698. Une légère appréhension

Seule dans l’ascenseur, elle observa son visage devant le miroir et ramena une mèche de ses cheveux blonds rebelles sur le côté.

C’était un geste qu’elle faisait toujours lorsqu’elle était préoccupée.

Et aujourd’hui, Paula Dixon était tout particulièrement préoccupée. Car elle allait devoir annoncer à son associée Betty Cord qu’elle lâchait Anderson-Dixon Immo, la société qu’elles avaient créée un an plus tôt.

Paula prit une profonde inspiration et se parla à elle-même : « Ma vieille, tu as survécu à deux tentatives d’assassinat, tu as failli griller comme un méchoui dans une maison en feu, tu as été mariée pendant cinq ans avec un tueur psychopathe… et malgré tout ça, tu appréhendes une simple discussion avec une amie de longue date… »

L’année qui venait de s’écouler avait été particulièrement éprouvante pour Paula. Elle avait compris que son mari, Cal Fullerton, était un être vil, abject, sans cœur et meurtrier par-dessus le marché.

Quoi de plus déstabilisant d’apprendre que l’homme avec qui on a vécu de nombreuses années était un meurtrier de la pire espèce ? Sans aucun doute le fait de savoir que cet homme infâme et cruel vous avait sauvé la vie au péril de la sienne lorsqu’un autre homme avait voulu vous tuer.

Paula se mit à rire. Un rire nerveux, sans joie. Elle avait le droit de perdre les pédales après tout ce qui lui est arrivée. Pourtant, elle ne l’avait pas fait.

Après le drame qui avait couté la vie à Cal Fullerton, elle était partie plusieurs semaines en Europe. Elle avait cru qu’en Angleterre, ses cauchemars cesseraient, qu’elle allait pouvoir surmonter les drames successifs qui jonchaient sa vie.

Eh bien non ! On ne se remet pas aussi facilement de ses blessures morales. On essaie de les oublier. Mais elles sont toujours là, dans votre tête, à vous hanter.

Alors pour oublier, on s’adonne à la drogue, ou à la boisson. Rien que pour faire cesser cette petite voix dans votre tête qui vous dit que vous n’êtes qu’une cruche de vous être laissée embarquée dans une aventure qui vous a complètement détruite.

Mais pas Paula. Non, Paula n’avait pas utilisé de paradis artificiels pour s’en sortir. Son remède à elle avait été d’aller de l’avant.

Elle a décidé de se reconstruire. Et de songer à son avenir. Elle a pensé à ce qu’elle aimait le plus au monde.

Il lui fut facile de constater que soigner les malades à l’hôpital lui avait procuré ses plus belles joies. Elle n’était pas faite pour le travail au bureau. Travailler pour une agence immobilière, ce n’était pas un métier pour elle.

Elle voulait soigner les gens. Comme avant. Redevenir l’infirmière brillante qu’elle était auparavant.

Déterminée dans ses choix, Paula avait décidé de revenir à Peyton Place (Betty lui avait accordé le temps qu’il fallait pour se remettre de ses drames).

Première étape : lâcher AD Immo.

Deuxième étape : demander au Dr Michael Rossi de la reprendre à l’hôpital. Elle avait déjà préparé tout un laïus sur ses compétences et sa volonté à reprendre du service.

N’empêche qu’elle n’en menait pas large dans cet ascenseur et se rendit compte qu’elle n’avait pas préparé sa rencontre avec Betty.

Elle haussa les épaules, confiante. Betty comprendra.

Mais les choses ne se passèrent pas comme Paula les avait prévues. Lorsqu’elle entra à AD Immo, Lisa Peyton avait les deux coudes posés sur le comptoir et ses deux mains tenaient son visage, affichant la moue de ses mauvais jours. Elle ne s’effaça pas lorsque Paula parvint jusqu’à elle.

- Bonjour Lisa.

Lisa répondit par un soupir las.

- Sacrée Lisa, toujours la même. Tu devrais essayer de cacher ta joie, elle est trop perceptible.

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Je suis aussi contente de te revoir, railla Paula.

- Tu n’étais pas obligée de revenir, on aurait pu régler ça par courrier.

Paula fronça les sourcils.

- Régler quoi ?

Paula comprit que quelque chose n’allait pas. Lisa ôta ses mains de son visage et la regarda, surprise.

- Ne me dis pas que tu n’es pas au courant !

- Au courant de quoi ?

A cet instant, Betty Cord sortit du bureau, la tête penchée sur un volumineux dossier.

- Lisa, est-ce que tu as pensé à avertir…

Elle stoppa net lorsqu’elle vit Paula.

Un instant, Paula crut que Betty était déçue de la voir. Ou peut-être simplement gênée.

Puis Betty se forgea un sourire, déposa le dossier sur le comptoir et alla étreindre son amie.

- Paula, enfin ! Tu ne peux pas savoir comme tu m’as manquée. C’est formidable de te retrouver.

Paula s’apprêta à dire quelque chose, mais Lisa lui coupa l’herbe sous le pied.

- Ne me dis pas qu’elle n’est pas au courant, répéta-t-elle à l’intention de Betty cette fois.

Betty baissa la tête.

- Au courant de quoi ?, demanda Paula, soudain inquiète.

- Tu ne lui as rien dit, en conclut Lisa, résignée.

Betty se tourna vers Lisa.

- Lisa, préviens juste les Finlay, s’il te plait. Ils ne sont pas au courant.

Puis Betty entraîna Paula dans son bureau et ferma la porte derrière elle.

- On sera mieux ici pour parler.

- Betty, je veux savoir ce qu’il se passe ici. Vous avez des réactions bizarres. Bon, pour Lisa, je comprends… Mais toi ? Que se passe-t-il ?

- Lisa voulait que je t’appelle pour te tenir au courant, mais j’ai préféré attendre de te voir pour te l’annoncer.

- Attendre pour m’annoncer quoi ?

- Ce n’est pas facile à te dire.

- Betty, j’ai failli être tuée à deux reprises en peu de temps. Ce que tu as à dire me paraît nettement moins important que ça. Alors à moins que tu m’annonces qu’il y a une bombe dans cette pièce et qu’elle va sauter dans cinq secondes, ne te sens pas gênée de me dire ce qui ne vas pas.

- Madame Van Der Blint est morte.

Paula accusa le coup. Van Der Blint était la plus grande cliente de l’agence. Elle n’était pas facile à vivre, et ne voulait que Paula pour diriger ses transactions immobilières.

- Ca me fait de la peine. Non pas que je l’aimais bien. Mais j’avais appris à mieux la connaître et à cerner son caractère.

- Il y a une conséquence pour l’agence, Paula.

- Quoi ?

Betty hésita une nouvelle fois. Quelques secondes passèrent et lorsqu’elle voulut prendre la parole, la porte s’ouvrit en grand et Lisa apparut sur le pas de la porte. Elle semblait excéder.

- Bon sang de bois, Betty ! Arrête donc de tourner autour du pot.

Lisa se tourna vers Paula et lui dit :

- On est foutues, Paula. Voilà la vérité. Foutues !

Betty voulut intervenir.

- Lisa…

Mais Paula la stoppa d’une main.

Alors Lisa reprit :

- On met la clé sous la porte. Jack, qui n’avait jamais pu approcher la vieille Van der Blint, a réussi à s’accaparer ses héritiers. Ils nous ont quittés pour transférer leur dossier chez lui.

Interloquée, Paula regarda Lisa et Betty à tour de rôle.

- Madame Van der Blint était notre seule grosse cliente. C’était elle qui nous faisait vivre. Sans ses transactions, nous ne pouvons pas rivaliser.

Face à cette nouvelle, Paula eut la gorge sèche.

- Je suis désolée, dit simplement Betty.

- C’est moi qui suis désolée. Pour moi, ça va aller. J’étais simplement venue vous dire que je comptais arrêter. Je voudrais reprendre mon métier d’infirmière.

Betty lui caressa le bras avec un faible sourire.

- Je suis contente pour toi. Tu retournes à l’hôpital de Peyton Place ?

Paula haussa les épaules.

- Je n’en sais encore trop rien. Je vais aller voir le Dr Rossi pour savoir s’il y a une place de disponible.

Paula fit une pause, puis reprit :

- Et vous, qu’allez-vous devenir ?

Lisa fit un pas dans sa direction.

- Oh, Betty s’en sortira bien. Elle est mariée à un grand avocat. Elle n’est pas dans le besoin. Moi si. Je vais devoir trouver du travail. Jack me laisse vivre dans son manoir en échange d’un loyer. Si je n’ai plus de quoi payer, alors je dégage. C’est aussi simple que cela.

Puis elle s’en alla en claquant la porte.

Paula sursauta.

- C’est terrible comme les états d’âmes de Lisa, tout le monde s’en fiche.

Betty se mit à rire.

- Elle a dit qu’elle allait tout faire pour casser le nouveau contrat entre Peyton Immo et les héritiers Van der Blint.

- Attention, préparez-vous : l’ouragan Lisa va déferler dans Peyton Place !

- Je ne sais pas ce qu’elle mijote, mais connaissant Lisa, j’ai comme qui dirait une légère inquiétude sur la suite des événements.

 

A SUIVRE...

Vendredi prochain, dans "Les Plaisirs de l'Enfer"...

- Est-ce que le jeu en valait la chandelle ? Peyton Immobilier est la plus grande entreprise de BTP de la région. Tu possèdes la Fabrique Peyton. Tu es maire de cette ville. Que te faut-il de plus ? Tu veux briguer le poste de bras droit de Dieu ?
- Ce que j’ai fait été parfaitement légal, James. Je n’ai pas à me justifier.

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Marie A 22/10/2014 17:38

Comme ça fait plaisir de retrouver ces dames avec leurs qualités... et leurs défauts (n'est-ce pas Mme Lisa ?).

(Juste juste une toute petite remarque... Ce que j'ai fait étAIT parfaitement légal)... Mais oui, Jack, mais oui, comme d'habitude :-)

Mr. Peyton 22/10/2014 18:12

Rhalala... Pourtant, je relis deux fois le texte avant de le valider. Et parfois, il arrive tout de même que des choses nous échappent. En tout cas, j'ai corrigé pour l'épisode de vendredi. Merci pour ta vigilance ;-)