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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Episode 696. L'inconnue dans la ville

Nous revoici après une brève pause avec la nouvelle saison de notre roman-feuilleton fanfic. Gageons que les habitants de Peyton Place vont encore avoir fort à faire au cours de cette année. Nous les retrouverons dorénavant deux fois par semaine, les mardis et vendredis.

Ce premier épisode (le 696ème depuis le début) permet également de vous faire découvrir un nouveau design, ainsi qu'une petite nouveauté : un guide complet de tous les précédents épisodes, à voir sur la barre du menu.

Ce premier épisode est l'occasion également de rendre hommage au comédien Ed Nelson, qui incarnait le rôle du Docteur Rossi dans Peyton Place, et qui nous a quitté le 9 août dernier, à l'âge de 86 ans.

Il me reste à vous souhaiter de passer d'agréables moments avec les héros des plaisirs de l'enfer.

Voilà... c'est parti !

Episode 696. L'inconnue dans la ville

 

Septembre 1980

 

- Peyton Place... dans cinq minutes !

La femme émergea d’un demi-sommeil à l’annonce du prochain arrêt. Le contrôleur du train agitait sa petite clochette en un réflexe immuable.

La femme avait ses jambes engourdies. Elle ne s’était pas levée une seule fois de son siège depuis le départ, c’est-à-dire depuis Handson Falls. Elle regarda sa montre. Deux heures et demie de trajet. Elle n’imaginait pas cette petite ville aussi loin.

Elle s’étira longuement, puis se leva. Les autres voyageurs ne bronchèrent pas. Visiblement, elle était la seule à arriver à destination.

Le contrôleur parvint à sa hauteur. Il la dévisagea longuement avec un sourire en coin. Pas étonnant. Elle était plutôt jolie. De longs cheveux bruns descendaient en cascade sur ses épaules. Ses yeux sombres étaient grands et expressifs. Et lorsqu’elle souriait, deux jolies fossettes agrémentaient ses hautes pommettes.

- Vous venez en visite ?

La femme ne répondit pas. Elle se contenta d’afficher un sourire gêné.

- Laissez-moi vous aider, fit le contrôleur en tendant le bras vers le compartiment à bagages. Il arrêta son geste, étonné.

- Vous n’avez pas de bagages ?

A nouveau, sourire gêné de la femme.

- Non, j’ai tout ce qu’il faut à Peyton Place.

C’était un mensonge, bien évidemment. Elle se demanda si sa vie entière n’était pas faite de mensonges.

Le train entra en gare et la femme descendit du wagon. Elle était seule sur le quai.

Totalement perdue.

Des larmes lui montèrent aux yeux. Que faire maintenant ?

Ce matin, elle s’était réveillée sans se rappeler qui elle était. Une angoisse avait privé quelques instants sa poitrine d’oxygène, une angoisse qui s’était finalement muée en une crise de tremblement. 

Elle s’était trouvée dans une pièce vide, délabrée. Une maison abandonnée. A côté d’elle, son sac à main. Elle l’avait examiné et avait trouvé sa carte d’identité et son permis de conduire. Ils étaient tous deux au nom de Mira Losco.

Mais aucun souvenir de son passé. Comme si son esprit s’était vidé d’un seul coup. Un seul mot avait émergé de sa mémoire morte et s’était frayé une place dans la panique générale qui convulsait son cerveau. Ce mot, c’était Peyton Place. Elle se l’était répétée comme un leitmotiv.

Elle en avait conclu qu’il s’agissait d’une ville, et s’était rendu à la gare, prenant alors conscience qu’elle se trouvait dans une ville qui s’appelait Handson Falls.

La chance voulait qu’un train soit en partance pour Boston, avec Peyton Place en escale.

Une autre chance : elle avait dans son sac des billets de banque. Six cents dollars.

Sans hésitation, elle avait pris un ticket pour Peyton Place.

Et maintenant, elle se retrouvait seule sur ce quai, sans vraiment savoir ce qu’elle faisait ici.

La gare était quasiment déserte, à part un guichetier qui remplissait une grille de mots croisés derrière sa vitre, et qui l’ignorait royalement.

Elle sortit du bâtiment et une onde de chaleur imprégna visage. Elle ne savait même pas quelle période de l’année nous étions. Ce devait être l’été. Mais quel mois ? Quel jour ? Elle secoua la tête et décida d’avancer.

Bientôt, elle se retrouva au centre-ville de Peyton Place. Un joli square faisait la joie de quelques promeneurs.

Elle décida de le traverser, en espérant que quelqu’un la reconnaisse. Si le nom de la ville avait rejailli de son esprit brumeux, c’était qu’il y avait une raison. Elle avait sans doute habité ici. Quelqu’un la reconnaitrait peut-être.

Elle dévisagea quelques visages. Des mères assissent sur un banc en bois qui regardaient leurs progénitures jouer entre les arbres, des hommes qui promenaient leur chien, une bande de jeunes qui étaient assis dans l’herbe et qui riaient, une jeune fille qui était adossée à un arbre, plongée dans la lecture d’un roman...

Personne ne lui prêta attention.

Elle arriva devant un kiosque à musique où un couple s’embrassait. Une imposante statue lui faisait face. Elle lut l’inscription : Samuel Peyton, fondateur de Peyton Place.

Ce nom ne lui disait rien.

Pas plus que cet endroit.

Le courage, l’espoir l’abandonnaient. Elle pensait trouver des réponses ici même. Mais elle devait se rendre à l’évidence : elle n’avait aucun souvenir de ce lieu.

Elle leva la tête et découvrit, devant elle, un monstre. Une bâtisse d’une quinzaine d’étages qui détonnait dans le décor rural de la ville.

A sa droite, elle distingua une rue bordée de bâtiments. La rue commerçante. Une épicerie, une boutique de vêtements, un coiffeur, une pharmacie...

Elle eut alors l’idée d’entrer dans une de ces boutiques et de parler directement avec une vendeuse. Il lui fallait un contact, elle devait parler avec des gens... mais elle ne se voyait pas alpaguer des passants dans la rue pour lui demander s’ils la reconnaissaient.

Elle opta pour l’épicerie «Central Store».

En entrant, une odeur de fruits envahit ses narines. Des pêches et des prunes s’étalaient dans des cagettes et s’offraient à la vue et à l’odorat des clients qui passaient la porte.

La femme se dirigea vers le comptoir et y trouva une jeune fille. Elle était très belle mais ne devait pas avoir plus de quinze ans. Elle avait de beaux yeux noirs et une chevelure de la même couleur. Son teint bronzé faisait pensait à ce qu’on appelle une «fille du voyage»,  une bohémienne.

Elle offrit à Mira un sourire éblouissant.

- Bonjour, je peux vous aider ?

Mira eut envie de lui dire : «Oui, je cherche à savoir qui je suis. Vous n’avez pas une idée, par hasard ?». Il était clair que la jeune fille ne la connaissait pas.

- Je... je viens d’arriver et je suis un peu perdue.

- Vous cherchez un endroit en particulier ?

- Un endroit pour dormir, déjà.

- Il y a un hôtel à deux pas d’ici. Le Colonial Post Inn. Mais je ne vous le conseille pas. Il est très cher.

Mira fit rapidement ses comptes. Après le billet de train et le sandwich de midi, il lui restait cinq cent vingt dollars. Elle ne devait pas gaspiller un seul billet.

- Sinon... ?

- Une pension de famille, plus abordable financièrement. Vous la trouverez après cette rue, à droite.

Mira lui sourit. Elle avait envie de connaître le nom de la jeune fille, comme si cela pouvait être son premier point d’ancrage dans cette ville. Elle décida donc de se présenter et lui tendit la main.

- Je m’appelle Mira Losco.

Surprise, la jeune fille rendit le salut.

- Selena Cross.

- Ravie de faire votre connaissance. Je suis nouvelle ici et je ne connais personne.

- Vous comptez vous installer ?

Bonne question. Mira n’y avait même pas réfléchie.

- Je ne sais pas encore.

Elle quitta le magasin et prit la direction de la pension. Oui, elle comptait rester. Car il fallait qu’elle retrouve la mémoire. Et c’était ici - alors même que ce matin son cerveau lui crachait le nom de Peyton Place - qu’elle trouverait ses réponses.

Elle longea la rue commerçante et vit une pancarte accrochée à la vitrine d’un magasin. Il s’agissait plus précisément d’un bar restaurant, le «Cider Barrell». Elle lut avec attention la pancarte : «Cherche serveuse».

Elle entra dans la boutique avec l’impression, en même temps, d’entrer dans sa nouvelle vie. 

 

A SUIVRE...

Vendredi prochain, dans Les Plaisirs de l'Enfer :

Selena lâcha le couteau en le jetant dans l’évier.
- Ca ne te plairait pas de savoir que, pour une fois, ta fille mange à sa faim.
- Tu manges à ta faim tous les jours. Sans ça t’aurais pas des formes qui affolent les hommes.
Selena tourna vers sa mère un regard empreint de colère.
- Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?...


ED NELSON 1928-2014

ED NELSON 1928-2014

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Marie A 15/10/2014 18:40

Oufff ! On a failli rater le train, mais ça y est, la porte s'est ouverte. Et en plus, on a trouvé une place de choix en première classe :-D
Le design est superbe ! (avec mention spéciale pour le menu du haut de page merciii !)
Quant au retour à Peyton Place ? Très très très prometteur, mais comment pourrait-il en être autrement ?

Mr. Peyton 16/10/2014 14:24

Bienvenue à bord. Et n'oublie pas, sandwiches et boissons à volonté au wagon restaurant. On peut bien faire ça pour nos fidèles voyageurs première classe :-)