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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #20

Précédemment...
Quelle agréable sensation. Cela débute par un petit picotement aux extrémités des doigts, puis l’information remonte et cerveau, et tout devient limpide.
Alors les battements du cœur s’accélèrent. On se rend compte que les pièces du puzzle n’étaient pas éparpillées. Il manquait juste une pièce. La dernière.
Et Carolyn venait de l’emboiter. Elle venait de reconstituer le puzzle.
Elle venait de comprendre qui était le coupable...

Le fil du temps #20

En quittant Suzie, Carolyn avait recommandé à l’enseignante de s’enfermer à clé dans l’appartement et surtout, de n’y laisser entrer personne.

Un rapide coup de fil à Highlay School avait appris à l’avocate que Sandy Frances n’avait pas cours avant quinze heures.

La jeune fille devait donc se trouver chez elle en ce moment.

La mercerie « Au fil d’or » était située en plein centre-ville. Comme Carolyn le prévoyait, le trafic était plus dense.

Plusieurs fois, elle klaxonna auprès de voitures qui lui coupaient la priorité.

Elle songea déjà aux questions qu’elle allait poser à Sandy. « Pourquoi as-tu menti ? Pourquoi te trimballer avec un livre sur la mythologie grecque en classe alors que tu n’en as pas l’utilité ? Et surtout, pourquoi avoir dit que tu avais une dissertation à faire sur ce sujet alors que tu n’es qu’en deuxième année et que la mythologie grecque n’est étudiée qu’en dernière année ? »

Carolyn repensa à cette fameuse scène où Sandy avait déposait ses livres dans son casier. Carolyn avait vu celui sur la mythologie dépasser. Sandy avait dit quelque chose comme : « J’ai une dissert’ sur le sujet la semaine prochaine et ça me gave déjà ».

Sandy s’intéressait à la mythologie. Elle était intelligente. Solitaire, elle voulait plaire par tous les moyens. Elle voulait qu’on s’intéresse à elle. Cette jeune fille avait le profil d’une adolescente paumée, seule, sans amies et par conséquent en colère contre le monde entier.

Combien de temps avait-elle passé à élaborer ce plan machiavélique ? Carolyn secoua la tête lorsqu’un camion lui grilla la priorité.

Sandy n’irait sans doute pas jusqu’au bout de son histoire. Elle ne pourra pas aller jusqu’à couper le fil et tuer une femme.

Restait maintenant à savoir pourquoi elle s’en prenait à Suzie Barclay ? Qu’est-ce qui a pu pousser l’élève à s’acharner sur ce professeur en particulier ?

Carolyn se gara sur le parking public, non loin du centre névralgique de White River. Elle pressa le pas jusqu’au « Fil d’or » où elle pensait enfin trouver ses réponses.

Une femme corpulente, rousse et joviale, l’accueillit avec un large sourire. Sans aucun doute la mère de l’adolescente perturbée.

- Bonjour, vous désirez quelque chose ?

Carolyn ne s’embarrassa pas de préliminaire. Le temps était compté.

- Je voudrais parler à votre fille.

Le sourire de la femme s’effaça pour laisser place à une moue énigmatique.

- Ma fille ?

- Vous êtes bien la mère de Sandy Frances, n’est-ce pas ?

- Que lui voulez-vous ?

- Une de mes amies est passée vous voir. Elle s’appelle KC Reid.

La rousse joviale retrouva son sourire.

- Ah oui, la prof de travaux pratique de Sandy. Je suis en effet la maman de Sandy, Martha Frances. Ecoutez, je suis désolée, mais je n’ai pas encore reçu les pelotes de fil de coton bleu pour Mlle Reid. Il faudra attendre la fin de la semaine. C’est vraiment dommage. J’étais persuadée qu’il me restait trois pelotes la dernière fois qu’elle est venue, mais j’ai dû mal compter.

Carolyn savait ce qui était arrivé à la troisième pelote. Sandy l’avait dérobée pour mettre son plan à exécution.

- Je ne suis pas là pour les pelotes. Je suis venue parler à Sandy, c’est très important.

Martha regarda en direction des escaliers en colimaçon menant au premier.

- Elle n’est pas ici.

- Savez-vous où je peux la trouver ?

Devant l’insistance de Carolyn, Martha fronça les sourcils et se renfrogna.

- Que lui voulez-vous, à ma fille ?

- Je veux des réponses à mes questions.

- Qui êtes-vous ?

- Peu importe qui je suis. Dites-moi simplement où je peux la trouver.

Martha hésita. Puis elle dit :

- Je suis désolée, mais je ne sais vraiment pas où se trouve Sandy en ce moment. Je lui dirais que vous êtes venue. Laissez-moi vos coordonnées et elle vous rappellera.

Carolyn se gratta nerveusement le front.

A cet instant, une cliente arriva et Martha trouva un prétexte pour faire diversion.

- Excusez-moi.

Elle alla à la rencontre de la femme qui venait d’entrer et que, visiblement, elle connaissait.

- Mme Grandville, quel plaisir de vous revoir…

Carolyn resta plantée près du comptoir, ne sachant que faire.

Martha emmena sa cliente au fond de la pièce, à l’angle opposé du comptoir, si bien que Carolyn était hors de leur vue.

L’avocate secoua la tête. Que faire ? Attendre le retour de la jeune fille ? Certainement pas. Il fallait agir vite.

Son regard se posa soudain sur l’escalier en colimaçon. Il serait intéressant d’aller voir la chambre de Sandy. Peut-être y trouverait-elle des réponses ? Ou des preuves ?

Elle s’assura que les deux femmes étaient toujours hors de sa vue. Martha et Mme Grandville étaient plongées dans une conversation sur les pelotes de laine cachemire.

Carolyn emprunta l’escalier en veillant à ne pas faire de bruit.

A l’étage, un couloir s’étalait sur environ cinq mètres. De chaque côté, deux portes donnaient accès à des pièces.

Carolyn ouvrit la première porte : la salle de bains au carrelage blanc.

Elle la referma sans faire de bruit. Elle avait la sensation bizarre de violer l’intimité de cette famille.

Bizarre. C’était bien le mot à employer. Jamais Carolyn ne s’était permis une telle incursion dans la vie privée de personnes qu’elle ne connaissait pas.

La seconde porte, elle n’eut pas besoin de l’ouvrir : l’image d’un petit garçon sur un pot de chambre collée sur la porte parlait d’elle-même.

En face, il y avait deux portes. L’une d’elle devait être la chambre des parents et l’autre celle de Sandy.

Doucement, elle ouvrit une porte et observa l’intérieur.

Elle resta figée un instant. Elle crut un moment donné que son cœur s’était arrêté de battre, avant de s’emballer.

Ce qu’elle avait sous les yeux… ce qu’elle voyait, était tout simplement incroyable, inconcevable.

Le poster de Kiss.

Le bureau avec la machine à écrire.

L’armoire où dépassaient des vêtements.

Tout était à l’identique de la chambre de Chrissie. Même meuble, même disposition, même décoration. Même le papier peint était similaire.

Carolyn eut un vertige et dû se tenir à la poignée de la porte. Sandy Frances faisait une fixation sur Chrissie. Elle voulait tellement ressembler à Chrissie qu’elle reproduisait à l’identique tout ce qui entourait sa vie. C’était malsain comme réaction. On ne peut pas vivre comme ça, dans l’ombre d’une personne, pensa Carolyn.

Elle entra et regarda autour d’elle. Sur le bureau, près de la machine à écrire, une image représentant trois femmes vêtues en toge. L’une d’elle déroulait le fil, l’autre tissait et enfin la troisième tenait une paire de ciseaux et s’apprêtait à couper le fil.

Les Trois Parques.

Carolyn inspira profondément. Elle était arrivée au bout de son enquête.

Elle devait maintenant retrouver Sandy.

Elle s’apprêta à partir, mais une photo agrippa son regard. La photo était punaisée sur le mur, juste au-dessus de la machine à écrire.

Carolyn s’assis sur la chaise à roulettes et remarqua que la photo, un polaroid couleur, était placée au même niveau que le regard. De ce fait, lorsque Sandy s’asseyait en face de sa machine, elle ne pouvait pas ne pas la voir.

Comme le rappel d’un douloureux souvenir.

Carolyn détacha l’épreuve et l’observa d’un peu plus près.

Il s’agissait d’un cliché de Sandy. Elle était nue et attachée à son casier des vestiaires des pom-pom girls. L’humiliation dans toute son horreur.

Ses mains étaient nouées par un morceau de chiffon accroché sur le haut du casier.

La pauvre Sandy essayait désespérément de cacher ses seins en tentant maladroitement de replier ses bras dodus vers eux, mais sans y parvenir totalement.

Quels monstres pouvaient affliger un tel supplice à une jeune fille sans défense ? La déshabiller, exposer sa chair rondelette en l’attachant nue à un casier et, pire que tout, prendre une photo ?

L’avocate se souvint des paroles de Justine Messer. Elle leur avait raconté cette histoire, à elle et KC. « C’est une pauvre fille, vous savez. Parfois elle me fait mal au cœur. L’autre jour, des filles l’avaient attachée nue à son casier et avaient pris des photos. Elles sont passées de mains en mains. Histoire de rigoler. »

Histoire de rigoler. Tu parles ! Des rires pour un traumatisme à vie. Le combat n’était pas égal. 

Carolyn observa le regard de Sandy sur la photo. Curieusement, elle ne détacha pas les yeux de l’objectif. Au contraire, elle semblait défier l’appareil. On pouvait lire dans ses pupilles non pas de la peur ou de la tristesse, mais plutôt une forme de détermination.

Etait-ce à cet instant précis que Sandy avait commencé à entrevoir son plan pour se débarrasser de Suzie ? Son cœur avait-il débordé de colère, au point de devenir, à son tour elle aussi, un bourreau ?

Mais alors pourquoi s’en prendre à Suzie ? Ce n’était tout de même pas elle l’instigatrice de ce jeu malsain. Ce n’était pas elle qui prenait la photo.

Sandy avait affiché le polaroid de façon à ce qu’elle le voit à chaque fois qu’elle s’assied sur la chaise. Elle voulait se rappeler la souffrance qu’elle avait vécu, ne pas l’occulter.

Puisait-elle une force particulière en se forçant à regarder ce cliché monstrueux ? Y trouvait-elle l’inspiration, ou la force de continuer ses sombres desseins ?

Elle regarda encore l’horrible polaroid, persuadée que quelque chose lui avait échappé. Quelque chose d’important.

Et c’est alors que la lumière se fit dans son esprit. Elle saisit une loupe qui était posée dans un encrier, sur le plan de travail.

Elle étudia en détail le lien qui retenait prisonnière Sandy. Une écharpe rouge.

L’écharpe de Chrissie.

Elle reposa la loupe et la photo sur la table. Il n’y avait aucun doute possible.

Chrissie était présente ce jour-là. Elle était une des tortionnaires de Sandy. Pire, c’était elle qui avait attaché la jeune fille rousse, avec l’écharpe qu’elle affectionnait tant. Celle que, plus tard, elle avait oublié dans la salle de classe.

Carolyn secoua la tête. Cela n’avait aucun sens ! Sandy semblait vivre dans l’ombre de Chrissie. Elle lui vouait une admiration malsaine au point d’avoir reproduit à l’identique sa chambre.

Sauf que, ce drame est arrivé. Cette humiliation, la plus cruelle des choses qu’on pouvait lui faire. Et c’était Chrissie, la fille qu’elle prenait pour exemple, qui en était la source.

Ce devait être à ce moment-là que tout s’était déclenché dans la tête de Sandy.

Sandy n’a jamais voulu faire de mal à Suzie Barclay. Ce n’était pas elle qui était le point de mire. C’était Chrissie. Mais pourquoi faire croire à tout le monde que l’enseignante était visée ?

La réponse était évidente. C’était afin de brouiller les pistes. L’attention portée sur Suzie laissait à Sandy le champ libre pour s’occuper de Chrissie. Pour… couper le fil.

Carolyn se passa une main dans les cheveux. Elle avait l’impression d’étouffer.

Elle n’avait pas toutes les réponses encore. Elle ne savait pas pourquoi Sandy avait fait toute cette mise en scène, mais elle était sûre d’une chose.

Sandy Frances avait l’intention de tuer Chrissie Jones.

En reposant la loupe près du plumier, elle aperçut alors une montre gousset nichée entre un stylo à plume et un taille crayon. C’était exactement la même que celle retrouvée dans le casier de Suzie.

Et elle était montée à l’envers.

Le compte à rebours.

Carolyn fixa l’aiguille qui reculait. Chaque seconde, chaque mouvement de l’aiguille, c’était un peu comme un coup de marteau en plein cœur.

Et puis, l’effroyable se produisit, laissant Carolyn dans une détresse profonde.

L’aiguille s’arrêta.

 

SUITE ET FIN LA SEMAINE PROCHAINE AVEC LES DEUX DERNIERS CHAPITRES

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Commenter cet article

Marie A 19/09/2014 19:28

Ouh là, les choses se précipitent ! Et en plus DEUX épisodes la semaine prochaine ? Mais c'est Noël :-)
En lisant la cruauté des *copines* de Sandy, on est bien contente d'avoir survécu à cet âge :-D

Mr. Peyton 21/09/2014 11:20

Que veux-tu, les adolescents peuvent être cruels parfois :-(
Oui, on termine avec deux chapitres jeudi prochain et Carolyn pourra se reposer... enfin jusqu'au retour de la cinquième saison des "plaisirs".