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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #18

Précédemment...
Carolyn va confondre Chrissie. La jeune élève ne veut rien lui dire. C’est finalement Sandy qui lui révèle la vérité. Dans la remise, Chrissie cherchait une preuve : une preuve qu’elle est la fille biologique de Suzie Barclay...

Le fil du temps #18

Carolyn trouva une cabine téléphonique publique et appela KC - qui était restée au bureau à Peyton Place - afin de lui faire part de ses découvertes.

A l’autre bout du fil, KC n’en revenait pas.

- C’est à peine croyable.

- Cette histoire me déconcerte, KC. Tu as du nouveau de ton côté ?

- Oui. Jim m’a rappelé. Il a creusé le passé de Suzie Barclay. Elle avait seize ans lorsqu’elle a quitté le centre. Curieusement, elle n’est pas repartie vivre chez ses parents. Elle est allée à Los Angeles.

- Poursuivre ses études ?

- Oui. Mais il y a un fait troublant dans tout ceci.

- Quoi ?

- Elle occupait un appartement à Long Rive Side. Un appartement payé par ses parents.

L’adresse fit bondir Carolyn.

- C’est où Chrissie Jones habitait avec ses parents à l’époque.

- Exact, dit KC. Suzie Barclay habitait le même immeuble que les Jones. Chrissie avait l’appartement 72 et Suzie le 41.

- Suzie a dû accoucher là-bas et a fait adopter Chrissie par ses voisins les Jones. Si c’est le cas, comme Suzie est restée un an au centre, elle est forcément tombée enceinte au moment où elle s’y trouvait.

- C’est ce qui est surprenant. Son dossier médical ne le précise pas.

- Impossible. Ce genre de chose est obligatoirement consigné.

- Aucune trace. C’est comme si elle n’était jamais tombée enceinte.

- Peut-être qu’elle voulait cacher son état. Après tout, ce n’était qu’une adolescente à l’époque.

- C’est ce que je croyais au départ, mais un dossier médical est confidentiel. Il n’y avait donc aucune raison pour ne pas mentionner sa grossesse.

- Tellement confidentielle que tu as réussi à te le procurer, railla Carolyn.

- Jim dit toujours qu’il a un charme fou. Et c’est vrai. Il a fait tourner la tête de cette pauvre infirmière.

- Si sa grossesse ne figure pas sur le dossier, ça doit signifier quelque chose.

- Peut-être que le médecin qui la suivait avait quelque chose à se reprocher…

- Tu penses qu’il l’aurait violée ?

- On peut tout supposer. Mais ça expliquerait le silence sur son état. Le père de l’enfant ne voulait pas laisser de trace écrite de la grossesse de Suzie.

- Autre chose ?, demanda Carolyn.

- Oui. Nous avons reçu un appel de notre ami, le vieux Seamus Berson. Il a fait des recherches concernant le fameux fil de coton et il dit avoir trouvé quelque chose. Il nous attend chez lui à onze heures. Je file dans ma voiture et je te rejoins là-bas.

 

Le quartier de Yellow Side avait bien meilleure allure en journée. Il était même agréable de parcourir les vieilles allées pavées de pierres.

La vie circulait dans les veines de ces ruelles. Chaque commerce avait des étales à l’extérieur et l’on entendait crier les marchands vantant les mérites de produits soi-disant miracle.

Carolyn et KC arrivèrent presque en même temps à la boutique « Le temps passé ».

Seamus avait fait un peu d’ordre dans l’arrière-boutique. Ses classeurs qui traînaient un peu partout sur les chaises et le sol étaient maintenant rangés sur une étagère.

Il laissa les deux femmes seules quelques instants, le temps de s’occuper d’une cliente. Carolyn l’entendit vanter les mérites d’un magnifique cadre photo qui datait des années 20. Il parlait avec une telle passion de ces objets récupérés d’un temps lointain, qu’une nouvelle fois Carolyn en eu les larmes aux yeux.

La petite boite à musique du siècle dernier était toujours juchée sur son étagère, rappel du temps qui passe.

Lorsque Seamus revint, il s’assit en face des deux femmes. Son regard brillait.

- Votre criminel est toujours en liberté ?

Carolyn acquiesça.

- En fait, nous ne sommes pas sûres qu’il s’agisse d’un criminel. C’est peut-être juste quelqu’un dont le but est de faire peur à une personne.

Seamus haussa les épaules.

- Si c’est le cas, il se donne bien du mal.

- Vous disiez avoir trouvé quelque chose d’intéressant sur le fil de coton.

- Mieux que ça ! J’ai trouvé un rapport entre le fil de coton et le squelette.

Carolyn se redressa vivement.

- Vous êtes sûr ?

- Oui. J’en ai parlé à un ami. Il m’a alors raconté une histoire. L’histoire des Trois Parques. Vous connaissez ?

KC et Carolyn firent non de la tête. Elles étaient suspendues aux lèvres de Seamus et attendaient la suite avec impatience.

Celui-ci poursuivit :

- Laissez-moi vous dire déjà ce que sont les Parques. Dans la religion romaine, elles étaient ce qu’on appelle les divinités maîtresses de la destinée humaine. Et quand je dis destinée humaine, je veux dire qu’elles prédestinaient les êtres humains de leur naissance jusqu’à leur mort.

KC secoua la tête.

- Je ne vois pas ce que la religion romaine vient faire dans notre histoire.

- J’y arrive justement. Ces Parques étaient représentées comme des fileuses.

KC inspira à fond.

- Le fil de coton…

- Oui. Le fil de coton était censé mesurer la vie des hommes.

Seamus toussa avant de reprendre :

- Sous l’influence des Moires de la mythologie grecque, les romains adoptèrent l’idée de trois Parques : Nona, Decima et Morta. Chacune a un rôle bien défini. Nona est la plus jeune. Elle manipule le fuseau sur lequel se déroule le fil de la vie.

Carolyn repensa au fil qui enroulait les pieds des chaises et des tables.

- Elle tisse la toile de la vie de l’homme, dit-elle d’une voix morne.

- Oui. C’est en quelque sorte son fuseau qui fait battre le cœur des êtres humains.

Seamus s’arrêta de parler un instant. Puis il reprit.

- La deuxième Parque, Decima, tient le sablier qui mesure le temps restant à vivre de chaque individu.

Le sablier.

Le squelette tenait un sablier dans ses doigts osseux. Le lien se resserrait.

- Enfin la troisième Parque, Morta, est celle qui préside à la destinée des êtres humains. Et comme son nom l’indique, une fois le sablier vide, coupe le fil de la vie avec des ciseaux tranchants.

Le ciseau enroulé autour du fil de coton. Tout ce tenait.

Carolyn avait l’estomac retourné.

- Notre vandale poursuit le même cheminement.

- Exact. Il reproduit le processus des trois Parques.  Il veut avoir le pouvoir de vie et de mort sur votre victime.

Carolyn se passa une main dans les cheveux. Son visage était blême.

- Mon Dieu… Alors… ça veut dire qu’il a reproduit deux des trois tableaux : celui de Nona avec le fil déroulé dans la salle de classe et celui de Decima avec le sablier et le squelette.

Seamus opina.

- Il a mis en suspens le geste de Morta. Le ciseau était enroulé sur le fil. Il ne l’a pas encore coupé. Il le fera une fois le sablier vide.

- Mais le sablier est déjà vide, intervint KC.

- Je pense que la montre à gousset qui était posée à côté du squelette était un substitut au sablier. Rappelez-vous. Vous m’avez dit que son mécanisme était monté à l’envers.

Carolyn avait la bouche sèche. Elle venait de comprendre.

- Un compte à rebours.

- C’est ce que je pense, dit le vieillard. A un moment donné, un moment choisi par Decima, les aiguilles de la montre gousset vont s’arrêter. Et Morta pourra alors intervenir et… couper le fil.

Carolyn émit un gémissement, tandis que KC regardait l’homme droit dans les yeux.

- Ce qui signifie…

- Ce qui signifie que votre vandale va très certainement tuer Suzie Barclay à l’instant même où l’aiguille de la montre stoppera sa course à l’envers. 

 

A suivre...

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Marie A 04/09/2014 19:57

Les qualificatifs manquent pour dire à quel point cette histoire est passionnante !
Vivement la semaine prochaine :-)

Mr. Peyton 05/09/2014 11:26

Et moi les qualificatifs me manquent pour te dire à quel point ta fidélité à ce blog m'est chère :-)