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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #17

Précédemment...
KC et Carolyn pensent qu’Eleanor Prentiss et Chrissie Jones se sont unies pour faire peur à Susan. Tout porte à le croire.
Mais Jim, un ami que KC a chargé d’aller récolter des informations au centre de soin de Boise informe les deux femmes qu’une personne est venue au centre l’été dernier pour avoir des renseignements sur Suzie : et cette personne, c’est Chrissie Jones...

Le fil du temps #17

 

On reconnaît une école de prestige à sa grande cour. Celle de Highlay High School se situait à l’arrière du bâtiment principal. Une fontaine, surmontée d’une statue représentant Abraham Lincoln, trônait au centre.

La cour était pavée et parsemée par-ci par-là de fleurs et de plantes. Des bancs en bois étaient disposés le long du mur du bâtiment central, abrités du soleil par un auvent blanc à rayures vertes.

Carolyn Russell aperçut Chrissie Jones sur l’un de ces bancs. Jambes étendues devant elle, bras croisés, elle observait des étudiantes qui riaient devant la fontaine. Justine Messer était assise à ses côtés, l’air aussi taciturne que sa voisine.

L’avocate s’approcha d’elles. Elle avait tenu à parler seule à Chrissie, en tant qu’avocate. De son côté, KC avait décidé d’en savoir plus sur la relation qu’il pouvait y avoir entre Chrissie, Suzie et Eleanor.

Car relation il y avait. Carolyn était persuadée que les trois avaient un secret en commun et que ce secret était à l’origine du harcèlement dont Suzie était victime.

L’avocate se planta devant les deux filles. Elle s’adressa à Justine.

- Tu peux nous laisser un instant, s’il te plaît.

La belle Justine ne demanda pas son reste. Elle se leva et partit rejoindre un autre groupe.

Carolyn s’assit à côté de Chrissie.

- Je suis venue te parler en tant qu’avocate.

La jeune fille gardait la même posture et ne répondit pas.

Carolyn soupira.

- Je vais devoir dire à tes parents que je ne peux plus te représenter.

Chrissie haussa les épaules d’un air indifférent. Elle regardait toujours le groupe de fille près de la fontaine.

- A quoi bon me représenter ? Je ne suis pas une criminelle.

- Non, mais j’aurais pu t’éviter un renvoi. Là, ça ne va plus être possible.

Cette fois, Chrissie décroisa les bras et se tourna vers l’avocate.

- Pourquoi ?

Carolyn réprima l’envie de hurler après la jeune fille. Elle se calma et dit calmement :

- Nous avions un deal, Chrissie. Et tu ne l’as pas respecté. Je t’avais demandé de ne plus me mentir. Je t’avais expliqué ce qu’était le rapport de confiance entre un avocat et son client.

- Je ne vous ai pas menti !

- Arrête, s’il te plaît ! Tu m’as dit avoir été dans la remise pour prendre le prochain sujet de dissertation. Or tu savais parfaitement que Mme Barclay ne les plaçait jamais dans la remise.

Chrissie reprit sa position : bras croisés, jambes étendues et regard vers les filles de la fontaine. Elle ne broncha pas.

Carolyn soupira une nouvelle fois.

- Que dois-je comprendre ? Ton attitude parle d’elle-même. C’est toi et Mme Prentiss, n’est-ce pas ? Vous avez décidé de vous unir pour faire peur à Suzie Barclay. Pour qu’elle s’en aille définitivement de cet établissement.

Chrissie émit un petit rire qui s’approchait plus du ricanement.

- C’est ridicule !

- Ce n’est pas ridicule. C’est logique. Tu as des raisons de vouloir le départ de Mme Barclay. Eleanor Prentiss a également des raisons de vouloir qu’elle s’en aille. Tu as menti, elle a menti aussi. Mathématiquement, je dirais que vous vous êtes liguées toutes les deux contre elle.

- Vous n’y êtes pas du tout.

- Cet été, tu es allée au centre de soin où Suzie avait été internée lorsqu’elle était adolescente. Tu cherchais des renseignements sur elle.

Cette fois, l’impassible visage de Chrissie se décomposa. Carolyn avait l’impression de l’avoir giflée.

- Comment savez-vous cela ?

- C’est mon travail. Dis-moi pourquoi tu es allée dans ce centre. Que cherchais-tu sur Suzie Barclay ?

Chrissie replongea dans un mutisme lourd de conséquences. Elle ne voulait pas collaborer.

Carolyn se leva.

- Très bien. Tu ne veux rien me dire. Libre à toi. Moi je sais ce que j’ai à faire.

- Qu’est-ce que vous allez faire ?

- Je n’étais pas là seulement dans le but de découvrir la vérité. J’étais là aussi pour te protéger. Mais tu as trahie ma confiance. De ce fait, je n’ai plus de compte à te rendre. Mon travail s’arrête ici. Mme Highlay voulait des preuves de ton innocence. Je n’en n’ai pas trouvé. Au contraire, tout me porte à croire que tu es l’une des responsables de ce qui est arrivé à Mme Barclay.

- Vous allez tout raconter à la directrice ?

Carolyn secoua la tête.

- Je n’ai aucun compte à lui rendre. Je vais aller lui dire que j’abandonne cette affaire, que tu n’es plus ma cliente. Ce sera alors à elle de prendre une décision te concernant. Si tu veux un conseil, tu devrais déjà préparer tes bagages. Demain tu ne seras plus là.

- Je n’ai rien fait !, s’exclama Chrissie.

Mais déjà Carolyn s’éloignait doucement, le pas lent. Elle espérait que Chrissie la rappelle, capitule et lui raconte ce qui s’est passé. Elle redeviendrait alors l’avocate et Chrissie sa cliente. Elle pourrait dans ce cas la représenter au mieux de ses intérêts.

- Je n’ai rien fait, répéta Chrissie un peu plus fort.

Carolyn continuait à marcher en direction de la sortie. C’était maintenant ou jamais.

Ce fut maintenant.

- Attendez !

Carolyn se retourna. Elle attendait ce mot. Elle savait qu’il serait prononcé. Mais à sa grande surprise, il ne le fut pas par Chrissie.

Boudinée dans son costume de pom-pom girl, Sandy Frances se tenait debout devant le banc.

Carolyn fit demi-tour et se planta devant les deux filles.

Sandy supplia Chrissie du regard.

- Chrissie, tu dois lui dire.

Chrissie secoua énergiquement la tête.

- Non, pas question.

- Tu dois lui faire confiance. Si tu ne dis rien, tu seras renvoyée. C’est ça que tu veux ?

- Qu’est-ce que tu dois me dire, Chrissie ?, intervint Carolyn.

- Tu dois lui parler, gémit Sandy.

Cette fois, le trop plein de colère contenu à l’intérieur de Chrissie explosa d’un seul coup, sans crier gare. Elle se leva d’un bond et poussa la rousse potelée, qui tomba à la renverse.

- Fiche-moi la paix ! J’en ai plus qu’assez que tu colles à mes basques toute la journée.

Elle tourna son visage empourpré vers Carolyn.

- Quant à vous, Mme « la justicière du dimanche », allez donc dire à cette vieille bique de Mme Highlay tout ce que vous savez. Moi je m’en fiche. Autant dégager de ce bahut. Je n’ai plus rien à faire ici de toute façon !

Sur ce, elle détala et se faufila parmi la foule d’étudiantes venues assister à la scène.

 

Carolyn aida Sandy à se relever. La jeune fille s’assit sur le banc et Carolyn l’imita.

Jugeant qu’il n’y avait plus rien d’intéressant à voir, les étudiantes se dispersèrent pour vaquer à d’autres occupations.

- Ça va ?, demanda Carolyn à Sandy.

La rousse potelée fit oui de la tête.

Sandy Frances devait parler. Elle était maintenant l’unique chance de découvrir enfin la vérité.

- Qu’est-ce que Chrissie ne m’a pas dit et qu’elle devrait me dire ?

- Je ne peux rien vous dire. Elle me tuerait si jamais je révèle son secret.

- Sandy, si tu ne parles pas, Chrissie va être renvoyée de l’école. Dès aujourd’hui. Tu es sa dernière chance.

Sandy hésita.

- Est-ce que tu sais qui a vandalisé la salle de classe de Mme Barclay ?

- Non, mais je sais que Chrissie n’est pas coupable.

- Comment en es-tu aussi sûre ?

- Je vous ai entendu parler avec elle. Chrissie me reproche souvent d’avoir l’oreille trop tendue. Vous parliez du jour où elle a fouillé la remise, juste avant le saccage de la salle…

- Oui. Tu sais quelque chose là-dessus ?

- Elle vous a dit qu’elle voulait trouver le prochain sujet de dissertation.

- Oui, et je sais qu’elle a menti.

- Moi je sais ce qu’elle cherchait dans la remise. Parce que je l’ai vue. Le bruit qu’elle avait entendu, ce bruit qui lui avait fait peur, c’était moi. Je suis entrée dans la salle de classe parce que j’avais oublié un de mes livres. Je l’ai vu sortir de la remise. Elle s’est figée en me voyant. Elle ne pouvait pas me dire à moi qu’elle cherchait un sujet de dissertation, parce qu’on sait tous qu’ils ne sont pas dans la remise. Alors elle m’a expliquée.  

- Et que cherchait-elle ?

De nouveau, Sandy hésita.

- Sandy, l’avenir de Chrissie est en jeu. Que cherchait-elle dans la remise de la salle de classe de Mme Barclay ?

- Une preuve.

- Une preuve ? Quelle preuve ?

- Mme Barclay possède des objets personnels dans la remise. Chrissie pensait y trouver des photos, ou autre chose…

- Quoi d’autre ?

- Un certificat de naissance, peut-être.

Carolyn secoua la tête.

- Je ne comprends pas.

- Mme Barclay est la mère biologique de Chrissie.

Carolyn resta abasourdie par la nouvelle, tandis que Sandy la regardait d’un air suppliant.

- Il faut que vous l’aidiez. Ce n’est pas elle qui a saccagé la salle. Elle voulait juste avoir des renseignements sur sa mère. J’ai essayé de la persuader d’aller voir Mme Barclay, de lui parler franchement. Mais Chrissie n’en a pas eu le courage.

Sandy se leva et, avant de partir, répéta :

- Aidez-là !

 

A suivre...

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Marie A 28/08/2014 22:10

Et ben, pour un coup de théâtre, c'en est un !!!
Quoi que personnellement, je ne prendrais pas le certificat de naissance de ma fille sur mon lieu de travail... mais c'est vrai que ce genre de situation est propice à bien des gestes irrationnels, n'est-il pas ?
:-)

Mr. Peyton 30/08/2014 12:39

Oui, cela est un peu irrationnel de la part de la jeune fille. Et en même temps, il était plus facile de pénétrer dans la remise que dans l'appartement de la prof.