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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #14

Précédemment...
L’affaire prend de telles proportions que KC et Carolyn décident de prévenir la police. Mais la police de White River ne veut pas intervenir.
Les deux femmes pensent que c’est peut-être dans le passé de Suzie Barclay qu’il faut chercher une réponse. Elles décident de l’interroger de nouveau.

Le fil du temps #14

 

Suzie Barclay n’était pas au collège aujourd’hui. Ellen Highlay lui avait intimé l’ordre de rester à la maison. Officiellement pour se reposer. Officieusement parce qu’une nouvelle crise de nerf de l’enseignante aurait davantage nuit à la réputation de l’établissement. Et puis, soyons franc, si quelqu’un en voulait à Suzie, il valait mieux qu’il s’en prenne à elle dans son minuscule appartement plutôt qu’à l’école.

L’ascenseur de l’immeuble était en panne. Carolyn et KC durent monter les huit étages à pieds.

- On ne m’aura rien épargné dans cette affaire, souffla KC. Comme si je n’étais pas assez crevée comme ça. J’ai l’impression qu’on a déversé un flot de peinture noire autour de mes yeux. Dieu merci, j’arrive encore à voir.

- Arrête de te plaindre. Tu as appris quelque chose sur Suzie Barclay ?

- J’ai demandé à un ami de faire une petite enquête. Il doit me rappeler rapidement. Il va étudier son passé. Il est fort probable que c’est là que se trouve le cœur de l’affaire.

Elles arrivèrent enfin à l’étage de Suzie et se plantèrent devant la porte d’entrée de son appartement.

Carolyn s’apprêta à appuyer sur la sonnette, mais KC retint son bras.

- Ecoute !

Carolyn tendit l’oreille. Des éclats de voix leur parvinrent.

- Elle n’est pas seule.

- Une dispute, visiblement.

KC colla son oreille à la porte.

- Je n’arrive pas à comprendre ce qui se dit.

- On va savoir tout de suite avec qui elle est.

Carolyn sonna. Immédiatement, les voix se turent. Quelques secondes, qui parurent une éternité à l’avocate, furent nécessaires avant que la porte d’entrée ne s’ouvre.

Suzie Barclay afficha sa surprise.

- Que faites-vous ici ? Vous avez du nouveau ?

KC se mit sur la pointe des pieds pour voir qui était avec Suzie dans l’appartement.

Eleanor Prentiss.

-  Peut-on entrer ?, demanda Carolyn.

Suzie, après un temps d’hésitation, céda le passage aux deux femmes.

Carolyn se planta devant Eleanor.

- Ellie, c’est une surprise de te trouver ici.

Eleanor avait les joues rouges et fuyait le regard de son amie.

- Je peux dire la même chose de toi.

L’accueil était froid. Eleanor n’avait visiblement pas digéré la dernière conversation qu’elle avait eue avec l’avocate. Elle balaya la pièce des bras.

- Tu vois, tout est impeccable. La folle que je suis n’a rien cassé. Un miracle, n’est-ce pas ?

Suzie fronça les sourcils.

- Qu’est-ce que tu racontes ?

Eleanor défia alors le regard de Carolyn en s’adressant à Suzie.

- Ma chère amie d’enfance pense que je suis à l’origine du vandalisme de la salle de classe.

- Je n’ai jamais dit ça, se défendit Carolyn.

- Tu l’as sous-entendu.

Eleanor saisit son sac à main.

- Cette discussion ne mènera nulle part.

Elle s’en alla sans même dire au revoir.

Suzie habitait un studio très chic, à Berge Street, dans le quartier est de White River. Il consistait en une grande pièce carrelée supportant un canapé lit sur le mur de gauche juste en face d’une petite table et d’un meuble télé.

De l’autre côté de la pièce, un buffet et une table ronde faisaient office de salle à manger. A droite, une kitchenette était nichée dans une alcôve.

L’appartement était dépourvu de décoration. Aucun cadre sur les murs, pas d’objet personnel pour orner le buffet ou la table, pas de plante, pas de fleurs. L’ensemble donnait une sensation de tristesse et de vide intense. Sans doute un reflet de la vie de Suzie Barclay.

L’enseignante posa ses deux poings sur ses hanches.

- Très bien, si on en venait au but de votre visite ?

- Pourquoi Eleanor Prentiss était-elle chez vous ?, demanda KC à brule-pourpoint.

Suzie haussa les épaules.

- Est-ce important ?

- C’est à vous de me le dire. Je ne savais pas que vous étiez amie, toutes les deux.

- Nous ne le sommes pas. Elle est venue pour me dire de ne pas aller porter plainte à la police.

- Vous comptiez y aller.

- Oui. Cette histoire me rend malade. Je n’arrive plus à dormir la nuit. Quelqu’un m’en veut et… j’ai peur.

Le visage rond de Suzie se détourna pour aller contempler la vue qu’offrait sa baie vitrée. La boule de nerf qu’elle était habituellement avait laissé place à une femme à la fois effrayée et fatiguée.

Carolyn s’approcha d’elle.

- Nous sommes ici pour découvrir la vérité.

Suzie émit un petit rire nerveux, sans joie.

- Vous êtes une avocate, pas un flic. Savez-vous seulement mener une enquête ?

- Nous avons prévenu la police.

Suzie se détourna de la fenêtre et observa Carolyn, surprise.

- La directrice est au courant ?

- Au diable cette directrice !, lança soudain KC, passablement irritée. J’ai l’impression que tout tourne autour de cette femme. Qu’a-t-elle de si particulier pour que tout le monde la craigne de la sorte !

- Passez une journée avec elle, et vous saurez. Cette femme est un vrai tyran. On ne peut pas faire un pas de travers sans qu’elle soit au courant et qu’aussitôt elle vous assomme de reproches.

Carolyn songea à la conversation qu’elles avaient eue avec Ellen Highlay. La directrice agissait de la sorte parce qu’elle était une femme et qu’en tant que tel, elle devait se faire respecter. Sa façon de procéder était peut-être contestable, mais force était de constater qu’elle fonctionnait à merveille. Car tout le monde tremblait devant cette femme.

KC poursuivit :

- Pourtant, vous ne devriez pas la craindre. Votre façon de travailler lui plaît. Elle vous donne carte blanche.

Suzie s’approcha de KC.

- Mlle Reid, je sais que vous n’approuvez pas ma façon d’enseigner. Autant que moi je n’approuve pas vos insinuations perfides. Je n’ai pas droit à un traitement de faveur de la part de Mme Highlay, puisque vous semblez sous-entendre une telle chose. Ma façon de faire est une méthode qui a fait ses preuves depuis bien longtemps. Je n’ai rien inventé. Et il se trouve qu’elle fonctionne très bien.

- Humilier des élèves en lisant leur texte mauvais devant la classe et en se moquant d’eux, je ne trouve pas ça très pédagogique.

Carolyn mit fin à la polémique.

- Bon, ça suffit. Nous ne sommes pas ici pour parler des méthodes d’enseignement. Mme Barclay, nous pensons que le coupable vous connaît depuis longtemps.

Suzie haussa les épaules.

- J’enseigne à Highlay High School depuis un certain temps déjà. Il est normal que notre cinglé me connaisse bien.

- Je pense qu’il vous connaît d’avant votre entrée au collège. Réfléchissez bien Suzie. C’est très important. Est-ce que dans l’établissement, il y a quelqu’un que vous connaissiez avant d’y entrer ?

- A part Ellie, personne.

Le cœur de Carolyn bondit dans sa poitrine.

- Comment ça : à part Ellie ?

- J’ai eu quelques soucis de santé à la fin de mon adolescence et j’ai été soignée dans un centre de soin, à Boise dans l’Idaho. Et il se trouve qu’Ellie était une des patientes.

- Vous aviez sympathisé ?

- Pas vraiment. J’étais soignée pour dépression nerveuse. Il me fallait du calme pour me remettre. Ellie et moi, on se voyait de temps en temps au réfectoire. Nous parlions un peu, mais cela tournait toujours autour d’un seul sujet.

- Lequel ?

- L’avenir. Ce que nous allions faire de notre avenir après notre départ du centre de soin. Nous avions le même projet : intégrer le corps professoral. Mais on ne peut pas dire que nous étions devenues amies. Nos conversations étaient brèves et impersonnelles.

Carolyn avait du mal à digérer l’information. Pourquoi Eleanor ne lui avait-elle pas dit qu’elle avait connu Suzie dans ce centre ? Pensait-elle que ce n’était pas important ? Ou bien lui cachait-elle quelque chose ? Quelque chose en rapport avec les faits qui se déroulent en ce moment à Highlay ?

Elle réfléchit un moment avant de formuler sa question.

- Quelque chose se serait-il passé dans ce centre de soin entre vous deux ? Quelque chose qui serait susceptible d’avoir mis Ellie en colère ? A-t-elle pu avoir des griefs contre vous ?

- Non, je vous le répète, nous n’étions pas amies. On se connaissait à peine.

- Et lorsque vous vous êtes revues à Highlay ?

- Nous n’avons pas davantage sympathisé. Vous savez, lorsque vous êtes soignée dans un centre pour dépressif pendant un an, vous ne pensez qu’à une chose : ne plus en parler. Effacer de votre mémoire ces moments pénibles.

Carolyn réfléchit. Etait-il possible qu’Eleanor, traumatisée par son année passée au centre de soins, ait voulu écarter Suzie de l’école parce qu’elle lui rappelait trop de mauvais souvenirs ?

Soutenue par la directrice, Suzie était intouchable. Quelqu’un s’était plaint à Mme Highlay de la méthode de travail de l’enseignante. Et si c’était Eleanor qui en était l’instigatrice ? Elle allait pouvoir se débarrasser de sa collègue, pensant qu’Ellen Highlay allait la renvoyer. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. La directrice a approuvé la façon de faire de Suzie. Il fallait donc à Ellie trouver une autre solution pour ne plus avoir à subir chaque jour un rappel de son passé douloureux.

Elle devait avoir une discussion en privé avec son amie. 

 

A Suivre...

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Marie A 07/08/2014 20:35

Là tu t'es surpassé ! Ça devient palpitant !

Mr. Peyton 08/08/2014 17:59

Merci ;-)
En espérant que la suite ne décevra pas.
Bon weekend :-)