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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #9

Précédemment
Carolyn et KC interrogent Sandy. Dans un premier temps, elle refuse de parler, mais la pression qu’exerce KC sur elle est trop forte. Elle avoue avoir vu Justine voler un vêtement dans la chambre de Chrissie. Un vêtement rouge. Sans doute l’écharpe retrouvée dans la remise de la salle de classe de Suzie Barclay. Justine lui a fait jurer de ne rien dire à personne si Sandy tenait à sa place dans l’équipe des Cheerleaders. Une nouvelle piste à explorer pour Carolyn et KC...

Le fil du temps #9

- Allez ! Plus haut la jambe ! C’est trop mou tout ça. Les régionales sont dans un mois ! On va se faire laminer si vous continuez à vous comporter comme des grand-mères !

Justine Messer hurlait dans le haut-parleur.

Un vrai tyran, pensa Carolyn lorsqu’elle entra dans la salle de gym en compagnie de KC.

Plantée au milieu de la salle, Justine donnait des ordres aux pom-pom girls qui, visiblement, souffraient le martyr en répétant une chorégraphie.

- Gaby, bon sang ! J’ai dit le deuxième pas à gauche, et non à droite. Ce que tu peux être cruche !

KC approcha par derrière et posa un doigt sur l’épaule de Justine, qui sursauta et se retourna.

La jeune fille poussa un profond soupir en voyant KC.

- Qu’est-ce que vous voulez ?

- Certainement pas faire partie de ton équipe de bras cassés ! Juste te parler.

- Je n’ai rien à vous dire.

- Je crois que si.

Résignée, Justine se retourna vers les filles en sueur.

- C’est bon, on arrête pour aujourd’hui. Les vestiaires, la douche et on n’en parle plus. De toute façon, vous n’êtes bonnes à rien aujourd’hui.

Les filles, pas vexées pour un sou mais plutôt soulagées, s’en allèrent sans demander leur reste.

Justine se dirigea vers un banc situé derrière le panier de basket. Elle prit la serviette blanche qui était posée derrière le banc, s’assit et s’essuya le visage.

KC prit place à côté, tandis que Carolyn avait décidé de se planter debout devant elles.

- Dis donc, tu n’y vas pas de main morte avec tes copines, dit KC.

- Il n’y a que comme ça qu’on arrive à quelque chose avec elles.

- Et où veux-tu arriver ?

- Je veux gagner les régionales. Je bosse dur pour ça, et je fais bosser les filles aussi. C’est interdit ?

- Et Sandy Frances ? Tu la fais travailler dur elle aussi ?

- Sandy n’arrive même pas à mettre un pas devant l’autre lorsqu’elle marche dans la rue. Lui faire apprendre une chorégraphie relève du miracle.

- Pourtant elle fait partie de ton équipe…

Justine ouvrit une bouteille d’eau et avala une grande gorgée du liquide, avant de répondre :

- Vous lui avez parlé, vous devez savoir pourquoi elle fait partie de l’équipe. Elle m’aide dans mes devoirs et je lui rends la pareille en l’engageant. C’est une pauvre fille, vous savez. Parfois elle me fait mal au cœur. L’autre jour, des filles l’avaient attachée nue à son casier et avaient pris des photos. Elles sont passées de mains en mains. Histoire de rigoler. Moi, ça ne m’a fait pas rire. Heureusement que la vieille Highlay n’en a jamais rien su.

- Tu dis que Sandy fait partie de ton équipe. Pourtant, elle n’était pas à l’entraînement, intervint Carolyn.

- Elle traîne les pieds en ce moment. Un vrai boulet. Et de toute façon, je lui ai dit qu’elle n’avait pas le niveau pour participer aux régionales.

Carolyn observa Justine. Elle était d’une beauté saisissante. Blonde comme les blés, des grands yeux bleus et un visage parfait. Sa beauté et son ambition étaient ses seuls atouts, visiblement.

KC décida d’y aller franco : 

- Depuis quand est-ce qu’elle traine des pieds ? Est-ce que c’est depuis qu’elle t’a vu voler l’écharpe de Chrissie dans son armoire ?

Les grands yeux de Justine s’agrandirent davantage par la surprise.

- Eh, attendez ! Qu’est-ce que cette garce vous a raconté ?

- Qu’elle t’avait vu voler l’écharpe de Chrissie. La même écharpe qu’on a retrouvée sur les lieux du saccage.

Justine secoua la tête.

- Elle est complètement barrée, cette fille ! Je n’ai jamais volé l’écharpe de Chrissie.

- Elle t’a vue !, insista Carolyn.

- Elle m’a vue prendre quelque chose dans l’armoire de Chrissie, mais ce n’était pas son horrible écharpe.

- C’était quoi, alors ?, demanda KC.

Justine soupira, se leva et se tourna vers Carolyn et KC :

- Suivez-moi.

L’avocate et son employée suivirent Justine jusqu’aux vestiaires. La jeune fille avait une démarche très féminine. Elle ondulait les hanches à chaque pas qu’elle faisait. Une véritable déesse à l’extérieur, un parfait démon à l’intérieur.

Elles pénétrèrent dans les vestiaires communs, passèrent devant les casiers où les filles se rhabillaient et, sur la gauche, empruntèrent une porte qui les amenèrent dans une autre pièce. Un vestiaire personnel, avec un bureau, une armoire et, dans un renfoncement, une douche et un lavabo.

- Traitement de faveur pour la chef, siffla KC entre ses dents.

Justine ne releva pas et alla dans l’armoire. Elle sortit un tee-shirt rouge qu’elle tendit à Carolyn.

- Voilà ce que j’ai pris chez Chrissie.

Carolyn étudia le vêtement. Le tissu était fin. De la soie. De loin, il pouvait passer pour une écharpe.

Justine s’assit sur un petit banc, juste à côté de l’armoire.

- J’ai toujours aimé ce tee-shirt, et Chrissie ne le mettait jamais. Je lui ai demandé de me le prêter, mais elle a refusé. Je trouvais dommage que ce bout de tissu reste dans une armoire parmi toutes les affaires pêle-mêle. Un vrai gâchis. Lorsque je l’ai pris, j’avais l’intention de le rendre. Je voulais juste le mettre pour un rendez-vous.

Carolyn dût se rendre à l’évidence, ce tee-shirt en soie légère était magnifique. Justine avait tous les défauts du monde, mais elle ne manquait pas de goût en matière de vêtements.

- Sandy m’a vue, poursuivit Justine. Je lui ai dit de n’en parler à personne.

- Tu l’as menacée, plutôt, rectifia KC.

Justine haussa les épaules.

- Appelez ça comme vous voulez. Cette gourdasse a cru que j’avais pris cette écharpe immonde, c’est ça ?

Carolyn montra le vêtement.

- Je dois le rendre à Chrissie afin qu’elle confirme qu’il est bien à elle.

- Est-ce que vous allez prévenir la directrice ?

Pour la première fois depuis le début de l’entretien, Carolyn aperçut une faille chez Justine. La jeune fille baissa les yeux. Elle aussi avait peur de l’autorité d’Ellen Highlay. Elle avait la frousse d’être renvoyée et de devoir dire adieu à ses régionales adorées.

Carolyn la rassura :

- Nous sommes ici pour découvrir la vérité sur ce qui s’est passé dans la salle de classe. Le reste ne nous regarde pas.

Justine leva les yeux vers Carolyn et la défia du regard.

- Vous voulez vraiment savoir ce qui s’est passé ? Alors cherchez du côté de Chrissie.

KC fronça les sourcils :

- La dernière fois, tu nous avais dit être persuadée qu’elle n’avait rien fait.

Justine haussa les sourcils.

- J’ai dit ça parce que Chrissie est mon amie.

Carolyn tiqua. Difficile d’imaginer ce monstre d’égoïsme avoir des amies.

Justine continua :

- Je n’ai pas envie qu’elle s’en aille. Pour moi, la mise à sac de cette fichue salle de classe m’importe peu. C’est pour ça que j’ai dit que Chrissie n’était pas coupable.

- Tu la crois donc coupable ?, demanda Carolyn.

Justine sourit.

- Je sais qu’elle l’est.

Nouveau coup de théâtre qui laissa Carolyn perplexe.

- C’est elle qui te l’a dit ?

- Non, pas elle.

- Qui alors ?

- Son écharpe.

KC fronça les sourcils une nouvelle fois.

- Je ne te suis pas bien, là…

Les yeux de Justine se mirent à briller.

- Que vous a dit Chrissie à propos de cette écharpe ?

- Qu’elle ignorait où elle se trouvait au moment des faits.

Justine se leva et se dirigea vers le bureau. Elle sortit du tiroir un album photo.

- Voilà quelque chose qui pourrait vous intéresser.

KC saisit l’album tendu et y jeta un œil. Elle consulta plusieurs pages et sut immédiatement où Justine voulait en venir.

La détective leva vers Carolyn un regard stupéfait.

N’y tenant plus, Carolyn prit l’album des mains de KC. Des photos étaient collées pêle-mêle, agrémentées par quelques petits cœurs faits à la main.

Justine était sur quasiment toutes les photos. Elle paradait, comme à son habitude. Se faire voir, se faire admirer, c’est le but de sa vie.

Chrissie apparaissait également sur de nombreuses photos : lors d’une fête organisée à l’école, dans la rue, dans un magasin, à une fête foraine…

Et sur toutes les photos, Chrissie portait son écharpe rouge. Cette écharpe qu’elle disait ne jamais mettre.

Justine affichait un sourire triomphant en voyant l’effarement se peindre sur le visage des deux femmes. Elle aimait marquait des points.

- Une belle menteuse, notre Chrissie. Elle adorait cette écharpe. C’était une de ses préférées. Elle lui avait été offerte par son père pour ses quatorze ans.

Elle attendit quelques instants avant de lâcher sa dernière bombe. Celle qui allait tout dévaster sur son passage.

- Et j’ai un scoop pour vous. J’ai vu Chrissie porter cette écharpe le jour où la salle de classe a été vandalisée. 

 

A suivre...

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Commenter cet article

Marie A 03/07/2014 20:41

Et ben, Caroline ne va pas de main morte dans le jugement de ses interlocuteurs !
Excellent chapitre, ce rebondissement est vraiment inattendu... et prometteur pour la suite :-)

Mr. Peyton 05/07/2014 07:54

Poigne de fer et séduction :-)
Merci. Ca fait plaisir de surprendre le lecteur ;-)