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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #10

Précédemment...
En interrogeant Justine, KC et Carolyn apprennent que ce n’est pas l’écharpe qu’elle a dérobait chez Chrissie, mais un tee shirt en soie qu’elle affectionnait particulièrement et que Chrissie refusait de lui prêter. Selon Justine, Chrissie est coupable. Contrairement à ce qu’elle avait dit à l’avocate et la détective, Chrissie aimait beaucoup cette écharpe qui avait une valeur sentimentale. Elle la portait partout. Et Justine l’a vue sur elle le jour où la salle de classe a été vandalisée.

Le fil du temps #10

Carolyn Russell était une femme douce et compréhensive. Mais lorsqu’on se jouait d’elle, l’avocate était capable d’entrer dans une colère terrible.

Chrissie Jones lui avait menti au sujet de l’écharpe retrouvée sur les lieux du saccage. Et Carolyn avait bien l’intention de mettre les choses au point.

Aussi entra-t-elle dans la chambre de Chrissie sans même frapper à la porte.

Chrissie était assise au bord du lit. Elle sursauta et se leva d’un bond. Carolyn, de son côté, était surprise de voir Eleanor Prentiss assise à côté de l’élève.

- On ne vous a pas appris à frapper avant d’entrer !, s’exclama Chrissie, visiblement contrariée de l’arrivée de Carolyn.

Eleanor se leva à son tour :

- Tu as du nouveau ?

- Oh, oui ! J’ai du nouveau !

Carolyn avait conservé l’écharpe rouge retrouvée dans la remise. Elle l’extirpa de son sac à main et le jeta à la figure de Chrissie.

- Tiens, ton écharpe ! Ne la perd plus cette fois. Elle est si précieuse à tes yeux !

Chrissie baissa la tête. Carolyn avait suffisamment d’expérience pour reconnaître une personne rongée par la culpabilité. C’était le cas de Chrissie.

Eleanor intervint.

- Que se passe-t-il, enfin !

- Il se passe que ta petite protégée m’a menti. Voilà ce qui se passe ! Elle m’a dit que cela faisait des semaines qu’elle n’avait plus vu cette écharpe. Qu’elle était passée de mode et qu’elle ne la portait plus… Foutaises !

Chrissie leva les yeux vers Carolyn.

- C’est la vérité. Ca fait des semaines que je ne l’ai pas mise. On me l’avait volée.

Carolyn fit une moue dédaigneuse.

- Tu n’es même pas convaincante lorsque tu mens.

Eleanor se racla la gorge.

- Si Chrissie dit que…

Carolyn l’interrompit d’un ton sec.

- Ellie, reste en dehors de ça !

Elle regarda son amie d’un air interrogateur :

- Et d’abord, qu’est-ce que tu fais ici ? Un professeur n’a pas pour habitude de se rendre dans la chambre d’une de ses élèves !

- C’est moi qui lui aie demandé de venir, répond Chrissie. J’avais un devoir et…

Carolyn balaya d’un geste impatient les arguments de Chrissie, qu’elle savait de toute façon fallacieux.

- Oh, arrête ! Je ne te crois plus. Tu as trop souvent menti.

- Carolyn, dis-moi ce qui se passe ?, demanda Eleanor d’une voix posée.

- Il se passe que Chrissie a abusé de ma confiance. Je veux qu’elle m’explique pourquoi elle m’a dit que son écharpe avait disparu de son armoire, alors qu’on l’a vue la porter le jour où la salle de classe a été vandalisée.

Eleanor se tourna vers Chrissie et chercha son regard. Mais la jeune fille baissait les yeux.

- Chrissie, est-ce que c’est vrai ?

L’élève ne répondit pas.

Carolyn s’avança vers elle et décida d’adopter un ton moins agressif, plus conciliant.

- Chrissie, je ne suis pas flic. Je suis ici parce que je suis ton avocate dans le cas où les choses tourneraient mal pour toi. L’avocat doit avoir une confiance absolue en son client pour que tout fonctionne bien. Je dois tout savoir. Si tu me mens, ça veut dire que tu estimes que je ne suis pas dans ton camp. Alors je ne peux rien pour toi. Si c’est toi qui a saccagé…

- Ce n’est pas moi !

- Alors raconte-moi ce qui s’est passé. Et cette fois sans mensonge, d’accord ?

Chrissie hocha la tête d’un air entendu. Elle tourna la tête vers Eleanor et Carolyn comprit que la conversation à venir allait être d’ordre confidentiel.

- Ellie, s’il te plaît. Peux-tu nous laisser seule ?

Eleanor s’adressa à Chrissie.

- Tu es sûre ? Je peux peut-être restée…

- Non, tu ne peux pas, trancha l’avocate. KC est en train d’interroger quelques élèves à la cafétéria. Tu devrais aller voir si elle n’a besoin de rien.

Résignée, Eleanor sortit de la pièce.

Carolyn et Chrissie restèrent muettes pendant un moment qui sembla une éternité à l’avocate. Puis, voyant que l’élève avait besoin qu’on la pousse à parler, elle dit :

- Tu étais dans la remise ce jour-là ?

Chrissie opina.

- Mais ce n’est pas moi qui aie vandalisé la salle.

- Explique-moi.

- Je suis allée dans la remise de la salle de Mme Barclay. J’ai forcé la serrure. C’était facile. C’est un simple loquet. Il suffit de pousser fort pour que la porte cède.

- Qu’est-ce que tu es allée faire dans la remise ?

- Je peux vous le dire que si vous me promettez une chose.

Carolyn soupira. Cette histoire commençait à lui porter sur les nerfs.

- Quoi ?

- Vous ne direz rien à la directrice, d’accord ?

On en revient toujours Mme Highlay et à son autorité légendaire. Cette femme était décidément une véritable terreur et menait tout ce beau monde à la baguette.

Carolyn voulut dire à Chrissie que la directrice était persuadée qu’elle était l’auteur du saccage et que quoiqu’elle ait pu faire d’autre, rien n’était aussi grave. Mais l’avocate se rappela le manque de perspicacité de la jeune fille et préféra faire au plus simple :

- Tes parents m’ont officiellement engagée pour être ton avocate. Je suis tenue au secret professionnel. Tout ce que tu diras ne sortira pas d’ici.

Visiblement soulagée, Chrissie s’assit sur le bord du lit.

- Je suis allée dans la remise pour regarder le prochain sujet de dissertation. Je voulais le connaître pour pouvoir le préparer à l’avance. Je ne voulais pas qu’une fois de plus, cette satanée Mme Barclay puisse me ridiculiser devant la classe entière.

Elle leva la tête vers Carolyn.

- C’est nul ce qu’elle fait ! Elle lit les dissertations les moins bonnes et se moque ouvertement de l’auteur. C’est difficilement supportable, vous savez.

- J’imagine. Mais pourquoi ne pas le lui dire, tout simplement. Ou aller en parler à Mme Highlay ?

- C’est déjà fait. La déléguée de classe est allée la voir. Mais ce vieux dragon l’a remise à sa place en lui disant qu’elle n’intervenait pas sur les pratiques des professeurs. Elle a même été jusqu’à approuver le principe de Barclay.

- Donc, tu as trouvé le sujet et…

- Non, je cherchais, mais j’étais très fébrile. Quelqu’un pouvait venir d’un moment à l’autre. J’avoue que, dans la panique, j’ai dérangé des choses. J’avais chaud. J’ai enlevé l’écharpe, continué à chercher jusqu’au moment où j’ai entendu du bruit.

Carolyn se figea. Le vandale peut-être.

- Continue…

- Je suis sortie de la remise. Je n’ai vu personne. Mais ça devenait trop dangereux. Alors je suis partie en courant.

- Et en laissant l’écharpe dans la remise.

- Quand je m’en suis aperçue, j’étais déjà dans ma chambre. Je suis retournée pour la reprendre. Mais avant d’arriver dans la salle, j’ai entendu les cris de Mme Barclay. Et j’ai vu que tout avait été saccagé.

- Il s’est passé combien de temps entre ton départ précipité et ton retour dans la salle ?

Chrissie haussa les épaules.

- Je ne sais pas. Je me souviens avoir fait les cent pas dans ma chambre pendant un certain temps, histoire de me calmer les nerfs. J’étais à fleur de peau.

- Combien de temps, à peu près ? C’est important !

- Je dirais un quart d’heure.

Le cerveau de Carolyn carburait. Cela voulait dire que le coupable a saccagé la salle en moins d’un quart d’heure. A la vue des dégâts, il a bien pu lui falloir une dizaine de minutes. Ce qui voudrait dire que le bruit qu’avait entendu Chrissie, c’était bien celui qu’avait fait le coupable. Il avait dû se rendre compte de la présence de Chrissie dans la remise et se cacher en attendant qu’elle sorte de la salle.

Chrissie jeta un regard vers Carolyn.

- Tout ceci prend des proportions qui me dépassent.

- Qui nous dépassent tous.

- Vous ne direz rien à Mme Highlay n’est-ce pas ? Je peux vous faire confiance ?

- Je ne dirais rien.

Carolyn soupira. Voici l’enquête revenue une nouvelle fois au point de départ.

 

A suivre...

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