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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

Le fil du temps #1 et #2

Le fil du temps #1 et #2

 

Printemps 1979

 

Seule dans son bureau, Carolyn Russell huma l’odeur de la caféine fumante qui montait de sa tasse.

Puis elle but une gorgée, se délectant de l’arôme.

Elle pivota son fauteuil en prenant soin de ne pas renverser son café, et apprécia la vue que lui offrait la baie vitrée du douzième étage du Peyton Professional.

Elle avait un magnifique panorama du square de la ville, dominée par l’imposante statue de Samuel Peyton, le fondateur de la ville de Peyton Place, où Carolyn avait grandi et où maintenant elle exerce son métier d’avocate.

Elle sourit en apercevant deux amoureux s’embrasser dans le square, à l’ombre d’un soleil de moins en moins frileux au fur et à mesure où le printemps avançait.

Malgré les épreuves qu’elles venaient de subir, Carolyn jugea que la vie valait la peine d’être vécue.

Elle fut interrompue dans sa rêverie par deux petits coups légers frappés à la porte.

Emilie entra avec le courrier dans la main qu’elle vint déposer sur la table de travail de l’avocate. « Bonjour, mademoiselle Russell.

Carolyn rejeta sa longue chevelure blonde vers l’arrière d’un mouvement de tête et rendit à sa secrétaire son sourire. « Bonjour, Emilie.

Emilie étudia Carolyn et décréta :

- Vous avez l’air en pleine forme.

- C’est parce que je le suis.

- Je ne pensais pas que vous reprendriez le travail aussi rapidement, après ce qui s’est passé…

Emilie faisait une maladroite référence aux drames successifs dont Carolyn avait dû faire face, notamment à la capture de Cal Fullerton et au harcèlement dont elle avait été victime. Tout ceci était déjà loin. Carolyn avait failli mourir, mais elle avait été sauvée in extremis et elle avait pris cela comme un cadeau de la vie. Mais comment l’expliquer à la fragile Emilie ? Elle qui ne peut voir une araignée grimper au mur sans crier ? 

- Du nouveau pendant mon absence ?, demanda-t-elle.

- Juste une dame qui s’est présentée hier après-midi. Je lui ai dit qu’on ne prenait que sur rendez-vous, mais elle a insisté pour vous voir le plus vite possible.

Carolyn fronça les sourcils, intriguée.

- Que voulait-elle ?

- Elle n’a rien dit. Elle n’a même pas voulu donner son nom. Elle a dit qu’elle repasserait ce matin. Si vous ne voulez pas la recevoir…

- … bien sûr qu’elle voudra me recevoir.

Carolyn et Emilie se retournèrent vers la voix. Une femme d’une trentaine d’année se tenait dans l’encadrement de la porte en souriant. Elle était d’une rare beauté, avec des cheveux longs et soyeux, coiffés avec le plus grand soin. Elle portait un tailleur rouge et blanc.

Le visage de Carolyn s’illumina.  

- Eleanor Prentiss !

L’avocate se leva et alla embrasser la jeune femme.

- Mais dis-moi, tu n’as pas changé !

- Toi non plus. Regarde-moi ce que tu es devenue : une avocate célèbre.

Carolyn tourna un visage rayonnant vers Emilie et expliqua :

- Eleanor et moi sommes amies d’enfance. Nous étions inséparables au collège de Peyton Place.

Emilie opina du chef.

- Alors je vous laisse à vos retrouvailles.

 

Une tasse de café devant elles, Carolyn et Eleanor se remémoraient quelques bons moments passés.

Eleanor apprit à Carolyn qu’elle habitait maintenant à White River, la grande ville la plus proche de Peyton Place, et qu’elle enseignait l’anglais dans un collège privé.

Puis elles parlèrent du temps où elles étaient élèves au collège. Carolyn riait de bon cœur.

- Cette histoire de Club de Chimie que nous avions créé. On a bien failli déclencher une explosion au collège.

- Oui, on formait une bonne équipe. Tiens, au fait, j’ai des nouvelles de Lew Miles.

Intéressée, Carolyn se pencha en avant.

- Ah oui ? Et comment va-t-il ?

Carolyn et Lew étaient très liés lorsqu’ils étaient adolescents.

- Lew a retrouvé Vicky et ils se sont mariés. Ils habitent New-York et ont un garçon de dix ans.

- Je suis contente pour Lew.

Eleanor décela de la nostalgie dans le regard de Carolyn. Elle changea de sujet.

- Dis-moi, depuis l’affaire Cal Fullerton, tu es devenue une célébrité dans le monde de la justice.

Carolyn balaya d’une main la phrase de son amie.

- Non, mon associé Steven Cord a fait tout le travail.

- Ce n’est pas ce que disent les journaux. C’est grâce à eux que j’ai appris que tu avais quitté New York pour revenir à Peyton Place. Pas trop nostalgique de la grande ville ?

- Pour être honnête, j’adore cette petite ville. Et je t’assure que je ne m’ennuie pas une seconde.

Carolyn sentit qu’elles arrivaient au but de la visite d’Eleanor lorsque celle-ci pinça les lèvres et baissa les yeux.

Carolyn but une gorgée de café.

- Je suppose que tu n’es pas venue uniquement pour te rappeler des bons souvenirs.

- J’ai besoin d’aide, Caro.

Nous y voilà !

- D’aide…  Professionnelle ?

Eleanor fit oui de la tête.

- Ce n’est pas précisément moi, mais une de mes élèves, Chrissie Jones. Tu peux me croire Caro, elle n’a rien fait. Dieu m’en est témoin. C’est une jeune fille un peu difficile, mais je la connais bien. Elle n’aurait jamais fait une chose pareille.

- Si tu me disais de quoi on l’accuse…

- Elle est accusée d’avoir saccagé la salle de classe d’une de mes collègues.

Carolyn croisa les bras.

- Ellie, qu’attends-tu de moi ?

- Je… je crois qu’elle aura besoin d’un avocat. Le collège compte porter plainte contre elle.

 

Le fil du temps #1 et #2

 

Alors qu’elles roulaient vers White River dans sa voiture, Eleanor exposa les faits à Carolyn et KC Reid, la détective qui travaillait pour le Cabinet d’Avocats Cord et Russell.

- Qui a été visé ?, demanda Carolyn.

- Suzie Barclay. Professeur de Philosophie. C’est sa classe qui a été saccagée.

- Qu’est-ce qui fait croire que Chrissie Jones est responsable du vandalisme ?

- Chaque salle de classe possède un petit entrepôt fermé à clé. On y range les livres, les cahiers à corriger, le matériel : stylos, craies etc.

- Et ?

- La serrure de l’entrepôt de la salle de Suzie a été fracturée. On a tout mis à sac. Et on a retrouvé une écharpe : celle de Chrissie.

A l’arrière de la voiture, KC prenait des notes sur un petit calepin. Elle fronça les sourcils.

- Un vandale n’a pas pour habitude de laisser traîner derrière lui quelque chose qui lui appartient.

- Ils pensent que Chrissie a perdu la tête et qu’elle ne s’est pas rendue compte avoir perdu l’écharpe.

- Qui ça « ils » ?, demanda Carolyn.

- La Directrice de l’établissement : Ellen Highlay.  Elle n’avait pas l’intention de faire de vagues. Le collège Highlay est un établissement privé pour jeunes filles de parents riches. Si cet incident venait à se savoir, l’image de marque du collège risque d’en prendre un coup.

- Dans ce cas, pourquoi vouloir porter plainte ?

- A cause de Suzie. Lorsqu’elle a vu sa salle de classe en miettes, elle a fait une crise d’hystérie. Elle tient absolument à ce que le coupable paie.

- Ellie, j’ai besoin de savoir… Pour Chrissie.

Eleanor hocha la tête d’un air entendu.

- Je me porte garante d’elle. Je suis sûre qu’elle n’y est pour rien. Tu peux me faire confiance.

- D’accord. Mais tu n’as pas été tout à fait honnête envers moi.

Surprise, Eleanor détourna un instant les yeux de la route pour regarder Carolyn.

- Que veux-tu dire ?

- La directrice de l’établissement n’a pas l’intention de porter plainte, mais plutôt de renvoyer Chrissie, n’est-ce pas ?

Eleanor hésita un instant.

- Si je t’avais dit la vérité, serais-tu venue ?

- Chrissie n’a pas besoin d’un avocat.

- Détrompe-toi. Elle a besoin d’être défendue. Elle est seule contre tous. Tout le monde la croit coupable. Highlay ne veut pas ouvrir d’enquête pour ne pas nuire à la réputation du collège, et Suzie est tellement en colère qu’elle menace de porter plainte si jamais Chrissie n’est pas virée.

- Ellie, je suis avocate et… tu es mon amie, mais il faut que tu comprennes que j’ai des factures à payer. Je ne peux pas investir de mon temps, et du temps de KC, dans une affaire qui n’en est pas une.

- Tu seras payée, Caro, affirma Eleanor. J’ai téléphoné personnellement aux parents de Chrissie. Ils vivent en Californie. Ils acceptent de te payer des honoraires.

Carolyn se retourna pour interroger du regard KC. Celle-ci haussa les épaules, voulant dire « Pourquoi pas ? »

- C’est d’accord. Mais plus de cachoteries !

Eleanor sourit, soulagée.

- Marché conclu !

La voiture passa une grille en fer forgé et entra dans le parc boisé du collège. Carolyn et KC s’émerveillèrent du décor naturel.

Au bout d’une allée parsemée de grands chênes se dressait un bâtiment imposant, de style victorien, dont le porche était soutenu par d’énormes piliers en marbre.

Sur la droite, un autre bâtiment, également de style victorien, abritait les élèves internes du collège.

Eleanor emprunta une allée sur la gauche menant au parking.

Carolyn, de son côté, commençait déjà à cogiter.

- Tu m’as dit tout à l’heure que tout le monde croyait Chrissie coupable. Pourquoi ?... Je veux dire, à part l’écharpe. Y a-t-il autre chose qui tendrait à la penser coupable ?

Eleanor haussa les épaules.

- Tu sais comment sont les gens… ils sont méchants.

Carolyn soupira, excédée.

- D’accord, les gens sont méchants. Maintenant donne-moi la vraie raison !

L’amie de l’avocate hésita un instant, puis dit.

- Il y a eu un petit incident, la semaine dernière.

Elle hésita avant de poursuivre, tout en garant la voiture. Carolyn insista.

- Ellie, si tu veux que j’aide Chrissie, je dois tout savoir.

- Chrissie n’était pas d’accord sur la note d’un devoir corrigé par Suzie. Elle… Lorsque Suzie lui a rendu sa copie, Chrissie… elle s’est emportée contre Suzie et s’est mise à crier après elle.

- De mieux en mieux !

Eleanor ne releva pas la remarque.

- Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?

- Je veux parler à la directrice. Je veux m’assurer qu’elle soit d’accord sur le principe d’enquêter. Je veux qu’elle me laisse une totale liberté. Si je n’obtiens pas son soutien, on retourne à Peyton Place.

 

Restées dans la salle d’attente de la grande réception, KC et Carolyn observaient à travers la baie vitrée qui les séparait du bureau directorial, Eleanor tenter de convaincre la directrice de laisser Carolyn enquêter.

- Qu’est-ce que tu penses d’elle ?, demanda Carolyn à KC.

- Eleanor ?

- Non, le pape !

- Elle m’a l’air un peu coincée. Etonnant que vous soyez amie.

Elle toisa Carolyn qui portait un tailleur stricte, des cheveux relevés en chignon et des chaussures sans talons.  

- Non, finalement oublie ce que je viens de dire. Je sais pourquoi vous êtes amies. 

- Tu penses qu’elle cache encore quelque chose ?

- Franchement, je n’en sais rien.

Eleanor sortit du bureau, le rouge aux joues. Cette Madame Highlay devait être intimidante.

- Elle va vous recevoir.

 

La Directrice de Highlay High School était une femme d’une cinquantaine d’années à l’allure revêche. Un chignon strict où aucune mèche de ses cheveux grisonnants ne dépassait était posé sur sa tête tel un chou. Ses lèvres étaient très fines et son regard, sous des lunettes rondes au pourtour noir, avait de quoi vous glacer le sang.

Oui, on pouvait dire sans trop se tromper que Mme Highlay cultivait l’art de mettre les gens mal à l’aise.

Lorsqu’Eleanor présenta les deux femmes, Highlay ne prit pas la peine de les saluer.

Elle les gratifia simplement d’un regard froid. Et sans préambule, elle dit :

- Je vous préviens, Mesdames. Je ne veux pas de scandale dans cette école. 

Carolyn était sur le point de rétorquer que le scandale était déjà dans l’école et qu’elle et KC n’en étaient pas la cause. Mais elle préféra se taire. Le regard d’acier de la Directrice lui enleva toute envie de sortir un son de sa bouche.

La matriarche poursuivit.

- Je veux bien que vous enquêtiez, mais dans la discrétion la plus absolue. Et uniquement si Mme Barclay est d’accord. Après tout, c’est elle la victime. Si vous n’avez rien de nouveau d’ici la fin de la journée, je considérerai ceci comme un échec et Mlle Jones sera renvoyée de l’établissement. 

Fin de la discussion. Déformation professionnelle oblige, Carolyn imagina Highlay en juge, abattre un marteau sur la table pour signifier que tout ce qui venait d’être dit devait être respecté à la lettre.

 

- Pas commode, ta directrice, décréta Carolyn à son amie alors qu’elles empruntaient l’escalier pour se rendre à l’étage.

Eleanor haussa les épaules.

- C’est une directrice. Elle agit comme tel.

- Sauf que nous ne sommes pas ses élèves, intervint KC.

- La discipline n’est pas le fort de KC, expliqua Carolyn.

Elles trouvèrent Suzie Barclay dans le couloir. Eleanor l’interpela et lui présenta l’avocate et la détective.

Suzie était de petite taille. Elle avait des cheveux rebelles frisés qu’elle portait en queue-de-cheval, tenue par un simple élastique.

Suzie n’était pas au top de la mode. Elle portait un tailleur gris très simple et bien trop grand pour elle, en partie caché sous un gilet du même gris à longue manche. Elle avait des bas en laine blanc et des espadrilles noirs. Côté mauvais goût, on ne pouvait pas faire mieux.

Carolyn décela de la nervosité chez la femme lorsqu’elle la vit martyriser un bouton de son gilet en le triturant dans tous les sens.

- Suzie, Carolyn et KC sont ici pour tenter de démasquer le véritable coupable, expliqua Eleanor.

Suzie Barclay soupira.

- Arrête, Ellie. Tu sais très bien qui est coupable. C’est Jones.

Sentant le début d’une discussion qui n’allait plus en finir entre les deux professeurs avec pour sujet la culpabilité ou l’innocence de Chrissie Jones, Carolyn intervint :

- Mme Barclay, nous sommes ici pour découvrir la vérité sur ce qui s’est passé. Et je suis sûre que connaître la vérité, c’est également ce que vous souhaitez, n’est-ce pas ?

Suzie Barclay soupira une nouvelle fois.

- Très bien, si vous avez du temps à perdre, allez-y. Faites votre enquête.

- Très bien. La salle de classe a-t-elle été rangée ?

- Non, elle est restée telle quelle. Je n’ai pas encore eu le courage de tout remettre en ordre.

- Pouvons-nous la voir ?

Barclay indiqua une porte sur la droite.

Elles entrèrent à l’intérieur. Aussitôt, Carolyn ne put réprimer une exclamation de surprise. Elle pensait voir quelques chaises renversées, des craies et des stylos disséminés un peu partout.

Mais c’était bien pire que ça.

 

A suivre... 

 

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Marie A 15/05/2014 19:33

Bon ben je pense qu'il faudra que je me l'écrive, la jolie histoire entre Jack et Mary :,(

Ma foi tant pis... On suivra avec bonheur cette aventure qui s'annonce digne de sa grande soeur :-)

Mr. Peyton 15/05/2014 19:49

Mais tant que l'histoire des Plaisirs n'est pas terminée... tout est encore possible pour une jolie histoire entre Jack et Mary ;-)

En tout cas, merci de suivre cette petite enquête sans prétention, en espérant qu'elle t'intéressera :-)