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L'Univers de Peyton Place - Fanfictions

# 684. La troisième grotte

# 684. La troisième grotte

La troisième grotte était nichée au pied de la falaise de Peyton Place. Personne n’osait s’y aventurait en raison des nombreux rochers disséminés devant l’entrée de la grotte et qui obstruait le passage.

L’endroit était situé en bout de plage, et à cette période de l’année, il n’y avait pas âme qui vive aux alentours.

Seule âme vivante du moment, Jack Peyton grimpait avec une infime précaution sur les rochers. Passant d’un bloc à un autre en se demandant systématiquement comme il fait pour ne pas se tordre la seule cheville qui lui reste.

Jack prit conscience qu’il n’avait plus la forme de ses vingt ans. Sa jambe artificielle n’était pas là pour l’aider, mais au contraire constituait un handicap.

L’effort était si intense que malgré le froid encore présent en ce début de printemps, il suait à grosses gouttes.

Le fait de savoir que tout allait bientôt prendre fin l’encourageait à poursuivre.

Il arriva enfin au bout du périple et entra dans la grotte. Il faisait très sombre, mais il arriva à discerner, sur le sol caillouteux, quelques cadavres de bières, deux cartons à pizza avec encore quelques morceaux moisis à l’intérieur et deux ou trois préservatifs. « Après l’effort… le réconfort », songea Jack en reprenant son souffle après son périple.

Il espérait voir arriver son « rendez-vous » très vite car l’air devenait quasiment irrespirable. Il faisait froid et humide, de quoi vous faire attraper une bonne crève. De plus, des relents de moisissures commençaient à lui monter à la tête.

Le « rendez-vous » entra dans la grotte avec quinze minutes de retard. Il marchait d’un pas lent et il était vêtu d’un trench coat rappé. Une bonne partie de son visage était dissimulé par un chapeau noir.

« Une vraie caricature », pensa Jack alors que l’homme parvint près de lui.

Il avait une mallette à la main et regardait dans toutes les directions.

- Nous sommes seuls », intervint Jack.

- On n’est jamais assez prudent.

- Allons-y, qu’on en finisse. Ça fait un quart d’heures que je poireaute dans ce foutoir à moisi.

- Je voulais m’assurer que personne ne vous avait suivi.

- Et il vous a fallu un quart d’heures !

- Je vous l’ai dit : on n’est jamais prudent.

L’homme posa la mallette sur une roche et l’ouvrit. Il en sortit plusieurs documents qu’il tendit à Jack. « Vous vous appelez désormais Henry Braxton. Voilà votre passeport, votre carte d’identité, votre permis de conduire. Un compte vous a été ouvert à la National Bank. Voici votre carte de crédit. Votre billet d’avion et… ceci.

Il sortit en dernier une horrible perruque noire à boucles. Jack fit la grimace. L’homme lui dit : « Ça sera pratique pour passer inaperçu !

- Vous plaisantez ! Avec ça sur la tête, je passerais pour tout, sauf pour inaperçu !

- Détrompez-vous Monsieur Braxton…

Il faisait tout drôle à Jack de s’entendre appeler par son nouveau nom.

L’homme poursuivit : « C’est avec ce genre d’accessoires que vous allez passer inaperçu. Parce qu’il est à l’opposé de ce que vous êtes réellement. Si la police vous recherche, elle ne cherchera pas un homme avec des cheveux longs et bouclés.

Jack haussa les épaules. « Si vous le dites ! Après tout, c’est vous le spécialiste.

L’homme salua Jack. « Bonne chance pour votre nouvelle vie, monsieur Braxton. Une voiture vous attend à l’entrée de la plage. Vous la laisserez à l’aéroport.

Il fit demi-tour pour partir, mais il s’arrêta net en apercevant une ombre devant l’entrée de la grotte. Un homme, les bras croisés, lui souriait. « Salut !

Paniqué, l’homme regarda tour à tour Jack et le nouveau venu. Jack haussa les épaules et s’adressa à Steven Cord. « Il était temps que tu viennes. J’avais l’impression de moisir sur place.

L’homme à la mallette compris qu’il était tombé dans un traquenard, mais demanda quand même : « Qu’est-ce que tout ceci veut dire ?

- Vous n’êtes pas très futé, pour quelqu’un qui n’est ‘jamais assez prudent’ », railla Jack. « Vous étiez tellement préoccupé à l’idée qu’on me suive, que vous n’avez pas remarqué que c’était vous qu’on suivait.

- Qu’est-ce que vous voulez !

Steven s’approcha de l’homme. « Cal Fullerton. Son nouveau nom, sa nouvelle adresse.

Des gouttes de sueur perlaient le front de l’homme. « Je… je ne vois pas de quoi vous parlez.

Il se savait démasqué, cela s’entendait au son de sa voix.

- Ecoutez, j’ai tout ce qu’il faut ici pour vous coffrer. Faux et usage de faux. Alors si vous ne me dites pas ce que je veux savoir, vous me suivez et on ira s’expliquer à la police.

Jack fut étonné de voir une certaine fragilité chez cet homme. Il avait pensé avoir affaire à un caïd, mais ce type était surtout le genre à travailler dans l’ombre, bien tranquillement et sans faire de vagues. Il tenait à son business par-dessus tout.

Il finit par dire : « Si je vous donne ces renseignements, j’aurais quoi en échange ?

Steven haussa les sourcils. « Une remise de peine.

L’homme eut un petit rire sec. « Si je tombes, si je dois aller en prison, vous ne saurez rien. Je ne lâcherais rien.

Steven soupira. « Je sais. Mais au moins j’aurais essayé.

Il fit signe à Jack qui s’avança et remis les documents compromettants à l’homme. « Vous nous dites ce qu’on veut savoir, et vous quittez les lieux immédiatement. On ne vous aura jamais vu ici.

L’homme prit les documents. « Je préfère ça. »

***

Jack passa la journée à son bureau à ne rien faire, trop nerveux à l’idée que quelque chose pouvait leur avoir échappé. Il tenait vraiment à ce qu’on coffre Cal Fullerton. Une page serait enfin tournée.

Jeremy Jordan sera fou furieux de s’être laissé avoir de la sorte. Mais Jack n’avait pas peur de lui. Il savait qu’il ne dira rien à la police de leurs petits arrangements d’il y a six ans. Il ne parlera pas du rapport d’autopsie falsifié, de la donation faite pour le Peyton Professional. Il ne pourra pas en parler parce qu’il risque trop. Il préfèrera nier avoir été mêlé à cette histoire de peur de perdre son entreprise.

Steven arriva à dix-huit heures. Lui et Jack se regardèrent droit dans les yeux pendant un moment.

Puis Steven dit : « C’est fini. On l’a arrêté.

Jack poussa le plus grand soupir de soulagement de toute sa vie. « Et Jordan ?

- Je l’ai appelé cet après-midi. Je lui ai dit qu’il avait plutôt intérêt à se faire discret et à ne pas la ramener s’il ne voulait pas finir sa vie entre quatre murs.

- Fullerton risque de parler, lui. Et il sait que je suis dans le coup.

Steven secoua la tête. « Fullerton a commis son crime à Peyton Place. J’ai demandé à Billy Chambers de prendre contact avec la police de Las Vegas pour qu’ils le rapatrient ici et qu’il soit jugé dans la juridiction de Peyton Place. On va trouver un moyen pour qu’il ne parle pas. On n’a pas d’autre choix. Tout ça par ta faute, Jack.

Jack baissa les yeux. Steven avait raison. C’était sa faute. « Je connais Chambers, c’est moi qui l’ait fait venir à Peyton Place. Il coopèrera.

Avant de partir, l’avocat dit à Jack. « Je fais ça uniquement pour préserver la réputation de notre famille, Jack. Prends-bien conscience de ça. Si ça ne tenait qu’à moi, tu aurais croupi en prison dans la même cellule que ce tordu de Fullerton.

A SUIVRE...

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Marie A 31/03/2014 12:17

Oufff... mon coeur a failli ne pas redémarrer après la frayeur de *l'homme à l'entrée de la grotte* :-)
C'est une bonne nouvelle que Cal soit encore en vie, après tout ce qu'il a vécu le pauvre... mais c'est encore mieux qu'il ait été arrêté !

Mr. Peyton 31/03/2014 15:02

La bonne nouvelle, c'est que ton cœur a redémarré. Ouf ! :-)
Oui, Cal sous les verrous, tout le monde va pouvoir mieux respirer à Peyton Place.

Betty 31/03/2014 09:31

Je ne m'attendais pas à cette suite aujourd'hui... Il est vrai que je voyais mal Jack Peyton tout abandonner et surtout Fullerton aussi vite arrêter.
Quel beau suspens
Merci beaucoup, je vous lis avec impatience chaque jour.
Cordialement

Mr Peyton 31/03/2014 14:58

Merci beaucoup pour votre message Betty... et pour les compliments. Quel bonheur de connaître de nouveaux lecteurs et de pouvoir dialoguer avec eux.
J'espère que l'histoire continuera à vous plaire :-)